Société
Aides sociales directes: Impact, profils et aspirations des bénéficiaires selon l'ANSS
09/06/2026 - 12:06
Malak Zougagh
Le rapport 2025 de l’Agence nationale du soutien social indique que 64,2 % des montants versés dans le cadre des aides sociales directes ont été consacrés à la protection de l’enfance. Au total, 51 milliards de dirhams ont été distribués depuis le lancement du programme, avec une montée en charge rapide des demandes.
Selon le rapport, l’investissement dans le capital humain est une priorité qui se traduit par deux chiffres clés: 64,2 % des fonds mobilisés pour la protection de l’enfance, soit un équivalent de 32,7 MMDH, dont 5,5 millions d’enfants pris en charge par 2,45 millions de ménages. Et le deuxième chiffre couvre l’aide forfaitaire qui s’élève à 18,2 MMDH pour 1,47 million de ménages.
Et avec une mobilisation de 2% de son PIB, le Maroc dépasse la moyenne de couverture pour la prévention du déclassement social - 1,5 % pour les pays en développement - ce résultat s’est déployé grâce à la phase de charge, de décembre 2023 à février 2024, qui a accumulé une absorption de 2,3 millions de demandes de bénéfice formulées le premier mois, atteignant 4,1 millions en février, soit une hausse de 74% en deux mois.
En y ajoutant, la stabilisation de la période 2024-2025, qui se traduit par l’enregistrement de 35.000 à 50.000 demandes par mois et un ancrage structurel à 5,4 millions de dossiers reçus chaque mois. Atteignant un taux de 91,9% fin 2025, par rapport au début qui inscrivait 45,5% uniquement. Signe d’une appropriation rapide des critères d’éligibilité par les postulants.
Cinq profils de ménages ciblés
S’ensuit la segmentation statistique des ménages bénéficiant des aides sociales directes (ASD) afin de mieux comprendre leurs profils et d’adapter les dispositifs d’accompagnement à leurs besoins. Cette analyse repose sur plusieurs critères, notamment le niveau de vie, l’âge, le genre, la composition du ménage, le milieu de résidence et la scolarisation.
Le rapport identifie cinq profils de bénéficiaires présents dans l’ensemble des régions du Royaume. Le premier groupe, baptisé “Foyers émergents”, regroupe 1,2 million de ménages composés principalement de couples jeunes et actifs, majoritairement ruraux, en quête de stabilisation socio-économique. Viennent ensuite les “Foyers en mue” (986 000 ménages), constitués de familles en transition économique, souvent rurales.
L’analyse distingue également les “Tandems de vie”, soit 946.000 ménages formés de couples âgés confrontés à une situation de fragilité économique, ainsi que les “Nids désertés”, qui regroupent 584.000 femmes âgées, veuves ou divorcées, vivant fréquemment seules en milieu rural. Enfin, le groupe des “Solitaires sans relais” rassemble 156.000 personnes isolées, souvent dépourvues de soutien familial.
Impact socio-économique: Réduction du stress financier et forte aspiration vers l'emploi
Parallèlement à cette segmentation, l’ANSS a mené une enquête auprès de 1.800 ménages, dix-huit mois après le lancement du programme. Les résultats montrent que plus de neuf bénéficiaires sur dix se déclarent satisfaits des aides reçues. La régularité des versements et la simplicité des démarches d’inscription figurent parmi les principaux éléments mis en avant par les répondants.
L’enquête révèle également que les aides sont principalement utilisées pour couvrir les besoins essentiels. L’alimentation représente le premier poste de dépense avec 58,6 % des montants reçus, devant le logement (13,3 %), la santé (13,2 %) et l’éducation (7 %).
Sur le plan financier, 87 % des bénéficiaires affirment avoir constaté une diminution de leur stress financier. Par ailleurs, 46 % déclarent mieux faire face aux chocs financiers et 45 % indiquent avoir remboursé des dettes grâce aux aides perçues.
L’étude met également en lumière les aspirations des ménages bénéficiaires. Ainsi, 40 % d’entre eux expriment le souhait de bénéficier d’un accompagnement vers l’emploi ou l’activité génératrice de revenus, tandis que 60 % se disent prêts à renoncer à l’aide en échange d’un emploi stable. Enfin, 77 % des répondants estiment que leurs enfants pourront accéder à l’enseignement supérieur.
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