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Au Danemark, la vaccination des enfants fait le plein
18/12/2021 - 13:00
AFP
"J'ai pas peur, je l'ai déjà fait 100 fois". William, 7 ans, fanfaronne: il va recevoir sa première piqûre de vaccin anti-Covid au Danemark, l'un des premiers pays européens à avoir ouvert la vaccination à tous les plus de cinq ans.
Dans ce dépôt d'une zone commerciale en banlieue de Copenhague reconverti en centre de vaccination, les infirmiers prennent le temps de rassurer chaque bambin, l'un étreignant un doudou, l'autre promenant son assurance dans la salle d'attente.
Comme William et son petit frère Valdemar, 20% des enfants nés entre 2010 et 2016 ont déjà reçu une première dose dans le pays scandinave de 5,8 millions d'habitants, à l'heure où d'autres pays commencent tout juste ou envisagent de le faire comme la France.
"Ca fait un peu mal, mais pas tant que ça", commente Samuel Christiansen, 8 ans, qui a déjà eu le Covid. Accompagné par ses deux parents et son frère moins loquace, le garçonnet assure aujourd'hui qu'il "ne veut vraiment pas être malade avec le nouveau variant" Omicron.
Si Henrik Jansen, le père de Samuel, a choisi de faire vacciner ses enfants, c'est avant "à cause de la situation" dans le pays, "et pour protéger les plus âgés, les membres de notre famille les plus vieux, papy et mamie", raconte-t-il à l'AFP.
Annoncée le 26 novembre dernier, la campagne danoise de vaccination pour les 5-11 ans - tranche d'âge parmi les plus touchées par la nouvelle vague du virus qui sévit au Danemark depuis début novembre - a été lancée dans la foulée.
A l'instar du royaume nordique, l'Autriche - ou plus récemment la Grèce ou l'Espagne - ont également débuté leur campagne chez les moins de 12 ans.
Hors du continent européen, le vaccin de Pfizer a déjà été approuvé pour les enfants de 5 à 11 ans dans quelques pays, dont les Etats-Unis, Israël et le Canada.
"Risque minime"
"La campagne de vaccination des enfants se passe très bien", s'est félicitée jeudi la directrice-adjointe de l'agence nationale de Santé, Helene Probst, lors d'une conférence de presse.
Contre la flambée du virus, "l'outil le plus important reste les vaccins, même dans la lutte contre Omicron", a-t-elle rappelé.
Les voix critiques sont restées limitées au Danemark, où la vaccination obligatoire des enfants n'est pas envisagée.
Le groupe anti-restrictions des "Men in Black", qui défile régulièrement le week-end à Copenhague, a toutefois appelé samedi à manifester "pour les enfants".
Le pays scandinave a enregistré vendredi un nouveau record absolu de plus de 11.000 cas lors des dernières 24 heures, dont plus de 2.500 cas liés au variant Omicron, qui devrait d'après les experts être dominant d’ici quelques jours.
Après presque deux mois sans aucune restriction, les autorités avaient annoncé début novembre la réintroduction du pass sanitaire et du port du masque obligatoire dans certains lieux publics.
Vendredi, le gouvernement a davantage serré la vis, ordonnant la fermeture -- entre autres -- des cinémas, des théâtres et salles de concert.
"Nous avons besoin de limiter notre activité. Nous devons tous limiter nos contacts sociaux", a plaidé la Première ministre Mette Frederiksen.
Un message qu'a bien compris Fayrouz Ben Alaya, qui n'a "pas hésité" à faire vacciner sa fille de 8 ans, Camélia Fourati.
"C'est l'un des moyens pour arrêter la contamination. Je ne l'ai pas fait pour elle mais pour poser un pierre en plus pour combattre la propagation du virus", a-t-elle défendu.
"Je suis un peu biaisée parce que je travaille dans l'industrie pharmaceutique mais le vaccin a beau être récent, le bénéfice est au-dessus du risque donc j'accepte ce risque qui est minime", a-t-elle dit.
Camélia, elle, est ravie : "toute ma famille était vaccinée, j'étais la dernière, et puis, je suis contente de l'avoir fait parce que maintenant si j'ai le corona et bien je sentirai rien!"
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