Art & Culture
Bafta: "Une bataille après l'autre" favori, mais "Hamnet" pourrait créer la surprise
22/02/2026 - 11:51
AFP
Le film américain "Une bataille après l'autre" et le drame shakespearien "Hamnet" partent favoris pour les Bafta, les récompenses britanniques du cinéma décernées dimanche soir à Londres, qui font souvent office de baromètre avant les Oscars.
"Une bataille après l'autre", fresque tragicomique de Paul Thomas Anderson sur la traque d'ex-révolutionnaires par des suprémacistes blancs, a des chances de sortir grand vainqueur de cette soirée parmi les plus glamour du calendrier londonien, qui doit commencer vers 19H00 locales (et GMT).
Avec 14 nominations, il arrive juste devant "Sinners", film d'époque teinté de fantastique dans l'Amérique ségrégationniste des années 1930, nommé 13 fois.
Les interprètes du film de Paul Thomas Anderson - Leonardo DiCaprio et Chase Infiniti, d'une part, et Sean Penn et Teyana Taylor, d'autre part - sont eux en lice pour les Baftas des meilleurs acteurs/actrices, tant pour les rôles principaux que pour les rôles secondaires.
Ce long-métrage de plus de 2H30 fait en partie la course en tête grâce à sa performance aux Golden Globes en janvier, lors desquels il a été récompensé quatre fois.
"Sinners", à la croisée des genres entre horreur, film sur le blues et drame d'époque, n'est lui reparti qu'avec deux Golden Globes. Mais ce film de l'Américain Ryan Coogler (Black Panther) reste un challenger majeur après avoir emporté un record de 16 nominations aux Oscars, qui auront lieu le 15 mars à Los Angeles.
"Hamnet" en joker
Face à ces poids-lourd, "Hamnet" de Chloé Zhao, drame-fiction qui explore le deuil d'Agnes et William Shakespeare après la mort de leur fils, semble pourtant capable de créer la surprise.
Ce film tourné en Angleterre, dont de nombreux spectateurs sortent les larmes aux yeux, a réuni 11 nominations et remporté en septembre dernier le premier prix au festival du film de Toronto.
Adapté du roman de la Britannique Maggie O'Farrell, il est, de toute l'histoire des Bafta, le "film le plus nommé réalisé" par une femme, a indiqué à l'AFP la présidente du comité cinématographique Emily Stillman.
Son actrice principale, l'Irlandaise Jessie Buckley, semble quasi-assurée de remporter la statuette pour sa performance de mère endeuillée. Et son compatriote Paul Mescal, bien que snobé aux Oscars pour son interprétation de Shakespeare, a lui aussi des chances pour le Bafta du meilleur second rôle masculin.
Parmi les autres acteurs en compétition, le Franco-Américain Timothée Chalamet part favori après avoir été sacré aux Golden Globes pour son rôle de joueur de ping-pong à l'ambition insatiable dans "Marty Supreme", réalisé par Josh Safdie et nommé dans 11 catégories.
Domination américaine
Parmi les stars attendues sur le tapis rouge du centre culturel de Southbank, sur les bords de la Tamise: Leonardo DiCaprio, Jessie Buckley, Timothée Chalamet, Renate Reinsve ou Michael B. Jordan. L'acteur britannico-américain Alan Cumming sera l'hôte de la cérémonie.
Depuis 2020, les votants appelés à élire les gagnants des Bafta ont un profil plus international, suscitant des critiques sur le manque de reconnaissance des talents britanniques, là où d'autres cérémonies comme les César en France ou les Goya en Espagne valorisent davantage leur cinéma national.
"Une production de n'importe quelle nationalité peut concourir aux Bafta - et comme aux Oscars, cela signifie que les films américains dominent fréquemment la compétition", soulignait récemment le magazine américain Variety.
Cela confère aux Bafta un pouvoir de prédiction à trois semaines des Oscars, mais réduit les chances qu'une production locale s'impose hors de la catégorie du meilleur film britannique, où se côtoient succès commerciaux ("Bridget Jones", "28 Years Later") et films indépendants ("Die My Love", "Pillion").
La comédie sociale "I Swear", sur un jeune homme atteint du syndrome Gilles de la Tourette, est le seul film britannique qui, avec cinq nominations, pourrait se distinguer hors de cette catégorie.
La France concourt elle avec "Un simple accident", de l'Iranien Jafar Panahi, Palme d'Or à Cannes l'an dernier, nommé dans la catégorie meilleur film en langue non-anglaise. Et avec deux productions indépendantes, "Arco" dans la catégorie meilleur film jeunesse, et "Amélie et la métaphysique des tubes" pour le meilleur film d'animation.
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