Art & Culture
Di Costanzo parle du cinéma méditerranéen et clôt le Festival de Tétouan avec son film "Elisa"
02/11/2025 - 10:19
Khawla Znaizini | Mohammed ChafiLe réalisateur italien Leonardo Di Constanzo a exprimé son admiration pour la diversité artistique qui caractérise le cinéma méditerranéen, soulignant, dans une interview avec SNRTnews, en marge de sa présidence du jury des longs métrages de fiction au Festival de Cinéma Méditerranéen de Tétouan, que cette richesse culturelle et sociale rend la tâche du jury difficile mais agréable.
Di Constanzo a expliqué que les films en compétition présentaient une haute qualité et une diversité marquée dans les visions artistiques et les styles de réalisation, ce qui rend la comparaison entre eux un véritable défi.
Et d'ajouter que le cinéma n'est pas soumis à des normes fixes, mais se mesure à son expérience humaine et à ce qu'il laisse chez le spectateur, lequel doit avant tout être un bon spectateur avant d'être un critique, ce qui s'applique également au réalisateur.
Le réalisateur italien, connu pour ses œuvres qui touchent aux dynamiques humaines et sociales, comme le film primé "L'Intervallo" lors du Festival de Venise, croit en l'importance du cinéma comme pont de communication entre les pays des deux rives de la Méditerranée, expliquant que cet art est capable de relier une région qui partage une histoire mais diffère par ses cultures et ses expériences sociales. Il estime que le vrai réalisateur est celui qui aborde les choses avec ouverture, se mettant à la place de ses pairs et du spectateur en même temps.
Di Constanzo, diplômé des ateliers Varan à Paris et ayant travaillé pendant des années dans la production documentaire entre Naples et Paris avant de se tourner vers le cinéma de fiction, est reconnu pour sa capacité à fusionner le sens humain et la compréhension de la société, ce qu'il explique provenir de son réalisme et de sa conviction que le véritable art capte les détails de la vie quotidienne et plonge dans les profondeurs de l'âme humaine.
"Chaque œuvre est liée à une autre, et chaque film représente une continuité d'une expérience précédente, comme dans le cas de mon dernier film, 'Elisa', qui est projeté en clôture du Festival de Tétouan après avoir été montré au Festival du Film de Venise", a-t-il souligné.
"Elisa", son quatrième long métrage de fiction, raconte l'histoire d'une femme qui passe dix ans en prison après avoir tué sa sœur aînée, dans un voyage intérieur qui reflète le silence et la violence latente de l'âme humaine.
Il a expliqué que l'idée du film est née lors de son travail sur "Ariaferma", considérant "Elisa" comme un achèvement d'une expérience précédente mais se concentrant davantage sur la violence intérieure et ses répercussions psychologiques sur la société.
Evoquant l'intelligence artificielle, le réalisateur italien a souligné qu'elle n'est qu'un outil et un réservoir d'informations, mais qu'elle ne peut remplacer la sensibilité humaine, ni saisir l'essence des émotions, affirmant que le vrai cinéma repose sur la communication humaine et l'expression sincère de l'émotion.
Parmi les œuvres notables de Di Constanzo figurent "L'Aria ferma" et "L'Intrusa", qui a remporté le Prix de l'Horloge d'Or au Festival International du Film du Caire, ainsi que de nombreux prix cinématographiques, dont le "David di Donatello" du meilleur scénario original.
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