Politique
El Otmani s'explique au sujet du renforcement des restrictions
12/04/2021 - 21:30
Ghita IsmailiDans une intervention cet après-midi au Parlement, le chef du gouvernement a dressé le bilan de la situation épidémiologique du pays et expliqué les raisons du renforcement des mesures restrictives pendant ramadan.
Le chef du gouvernement a présenté lundi 12 avril, lors d’une séance commune des deux chambres du Parlement, un exposé sur la situation épidémiologique actuelle du pays. Lors de son intervention, Saad Dine El Otmani est longuement revenu sur les raisons derrière le renforcement des mesures restrictives pendant le mois sacré.
"Grâce aux décisions prises et aux mesures préventives décidées par notre pays (…), en particulier l'interdiction des déplacements vers ou en provenance de plusieurs villes, le couvre-feu nocturne, notre pays a pu contrôler le développement de cette (deuxième) vague, ce qui a été démontré par l'amélioration et la stabilité d’un certain nombre d'indicateurs épidémiologiques en début d’année", a expliqué le chef du gouvernement.
"Mais les citoyennes et citoyens se demandent pourquoi nous avons décidé de renforcer les restrictions aujourd’hui. (…) Je leur réponds que la situation épidémiologique actuelle n’est que le résultat des mesures restrictives que nous avions pris auparavant", a-t-il soutenu.
Dans son discours le chef du gouvernement a aussi évoqué le ralentissement de la campagne de vaccination lié à l’approvisionnement. "C’est une problématique mondiale et non nationale parce que la production des vaccins dans le monde est très faible par rapport à la demande", a-t-il d’abord rappelé.
"Protéger les citoyens"
"Nous avions espéré, avec ces mesures de précaution, et avec l'avancement du processus de vaccination, que la situation épidémiologique s'améliorerait. (…) Cependant, la nature fluctuante et soudaine de cette épidémie, en plus des développements épidémiologiques et génomiques inquiétants dans un certain nombre de pays voisins, notamment avec l'émergence de nouvelles souches du virus qui se sont déplacées vers notre pays, ainsi que le ralentissement relatif de la campagne nationale de vaccination imposé par le marché mondial des vaccins nous ont amenés à être plus prudents", a-t-il expliqué.
À l’approche du ramadan, "tous ces facteurs se sont amplifiés" ce qui a poussé le comité national scientifique à tenir deux réunions les 11 mars et 6 avril 2021, pour étudier la situation épidémiologique nationale et évaluer les risques associés. Il a ainsi "émis une recommandation unanime appelant à la prolongation des mesures de précaution actuelles pendant le mois sacré, pour protéger les citoyennes et les citoyens des risques d'une nouvelle vague".
Selon le chef du gouvernement, le comité scientifique a aussi mis en garde "contre tout relâchement qui peut être coûteux", saluant au passage le travail des scientifiques et "experts" marocains qui le constituent.
Il a assuré qu'il avait contacté le ministre de la Santé et avait décidé d'établir avec lui un programme de communication pour communiquer avec les citoyens sur l'évolution de la situation épidémiologique. Et d'ajouter : "Ce sont eux les mieux placés pour communiquer et ils le font au quotidien sur les chaînes officielles et non officielles".
Selon le dernier bilan quotidien diffusé lundi par le ministère de la Santé, 175 nouveaux cas d’infection au coronavirus et 271 guérisons ont été enregistrés au cours des dernières 24 heures au Maroc. Ce nouveau bilan porte à 502.277 le nombre total des contaminations depuis le premier cas signalé en mars 2020. Le nombre des personnes vaccinées à ce jour (dose 1) a atteint 4.486.628 alors que 4.148.610 autres ont reçu la deuxième dose du vaccin.
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