Art & Culture
“Goundafa”: La voix amazighe du Maroc s’élève au Festival du Caire
14/10/2025 - 14:42
SNRTnews
Le cinéma marocain sera à l’honneur au 46ᵉ Festival international du film du Caire, prévu du 13 au 22 novembre 2025. Le premier long métrage d’Ali Benjelloun, "Goundafa", a été sélectionné dans la section Horizons of Arab Cinema, qui met en lumière les nouvelles voix du monde arabe.
Cette sélection consacre l’entrée sur la scène internationale d’un jeune cinéaste dont la vision s’enracine profondément dans la culture amazighe.
Une fable amazighe face à l’extrémisme
Ancré dans un village de l’Atlas, "Goundafa" décrit une communauté où la musique et les chants féminins rythment la vie quotidienne. L’arrivée d’un imam conservateur vient bouleverser cet équilibre, interdisant toute forme d’expression artistique — chant, danse ou port des masques — et poussant les habitants à renier leur identité. À travers cette lutte entre résistance et silence imposé, le film explore comment la solidarité, l’amour et la culture deviennent des moyens de résistance.
Ali Benjelloun y signe une œuvre humaniste où le combat pour la liberté culturelle se confond avec celui de la femme amazighe, gardienne de la mémoire collective.
Produit par Hassan Benjelloun pour Bentaqerla Productions, le film réunit une distribution marocaine solide: Fatima Attif, Farouk Aznabet, Karima Gouit, Zahia Ez-Zahery et Abdellatif Atif. La photographie d’Hamza Benmoussa, la musique du compositeur Marat Faizullin et le montage d’Iliass Lakhmasse, avec la consultation de Julien Fouré, apportent à l’ensemble une dimension poétique et sensorielle.
Le regard d’un cinéaste en devenir
Fils du réalisateur et producteur Hassan Benjelloun, Ali Benjelloun a grandi sur les plateaux de tournage de Casablanca. Titulaire d’un master en image en France, il s’est fait remarquer par plusieurs courts métrages avant de se lancer dans ce premier long. De Parcours de réfugiés à Les Âmes vagabondes, son parcours témoigne d’une maturité visuelle et d’un engagement pour les récits enracinés dans la mémoire marocaine. Avec Goundafa, il signe un manifeste contre l’obscurantisme et une célébration de la lumière des traditions.
La sélection du film dans la section Horizons of Arab Cinema illustre la vitalité du cinéma marocain et l’émergence de nouvelles voix qui interrogent les fractures du monde arabe tout en valorisant sa diversité. "Ce film est né d’une colère, mais aussi d’un amour. L’amour d’un peuple, de ses chants et de sa liberté", confie le réalisateur.
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