Economie
Hausse du taux directeur: quel impact sur l'économie?
27/09/2022 - 09:21
SNRTnews
Les regards seront rivés, aujourd'hui mardi 27 septembre, vers Rabat, où se tiendra la troisième réunion trimestrielle du conseil d'administration de Bank Al Maghrib. Différents observateurs attendent les différentes décisions qui seront prises, notamment la possibilité de lever le taux directeur dans le Royaume ou de le maintenir au niveau actuel. Ceci, après que la Banque centrale américaine a décidé d'augmenter le taux de 75 points pour la troisième fois consécutive. Qu'entend-on, avant tout par hausse du taux d'intérêt? Comment contribue-t-elle à freiner l'inflation? Et quel est son impact sur le citoyen et sur les emprunts ?
Le taux directeur est défini comme étant le prix que la banque centrale paie sur les dépôts des banques commerciales, et ce taux est un indicateur des taux d'intérêt des banques commerciales qui ne doivent pas être inférieurs au taux de la banque centrale. Le taux directeur aide la banque centrale à contrôler la masse monétaire en circulation en modifiant ce taux soit à la hausse soit à la baisse à moyen terme.
Augmenter les taux d'intérêt, c'est freiner les opérations d'emprunt et donc réduire le ratio de liquidité sur le marché, ce qui entraîne une réduction du taux d'inflation, responsable de la hausse des prix. La décision d'augmenter les taux d'intérêt augmente la charge des nouveaux et anciens prêts, et il deviendra donc difficile pour les clients des banques d'emprunter compte tenu de cette hausse.
Au cas où les clients des banques n'empruntent plus ou reportent ce processus, cela pourrait être une raison faisant que le taux d'achat d'un service ou d'un produit enregistre une baisse, de même en ce qui concerne l'investissement.
En conséquence, les flux monétaire sera moindre et la consommation diminuera à son tour, car absorber les liquidités du marché pour réduire la consommation est le moyen le plus important de réduire le taux d'inflation, qui a atteint 8% au Maroc en août dernier, selon les chiffres du HCP. Le coût de financement des activités économiques devient également plus élevé, à mesure que les taux d'intérêt augmentent. Les dépôts bancaires augmentent souvent, dans ce cas, de manière significative, ce qui peut réduire la circulation des liquidités et faire baisser les prix.
La hausse du taux directeur a un effet positif sur le niveau de l'inflation, et un effet négatif sur le niveau des activités économiques et l'encouragement de l'investissement. Cela entraînera une baisse des emprunts, tandis qu'il augmentera les dépôts d'argent dans les banques, ce qui ralentira le rythme de la croissance économique dans le pays, et l'augmentation du taux d'intérêt ralentira également le rythme des dépenses des citoyens.
L'augmentation du taux directeur pourrait entraîner une augmentation des coûts d'emprunt du citoyen moyen auprès des banques, un pourcentage plus élevé de prêts immobiliers et plus d'argent à payer en échange de services vitaux, ainsi qu'un pourcentage plus élevé d'emprunts pour investissement ou pour l'achat de voitures.
Le Centre de recherche Attijari s'attend à une hausse du taux directeur de Bank Al-Maghrib, dans un contexte d'accélération de l'inflation, qui a atteint 8% à la fin du mois d'août dernier. Dans sa note hebdomadaire couvrant la période du 16 au 22 septembre 2022, le Centre de recherche a indiqué que la réunion a lieu à un moment où le principal taux directeur au Maroc reste à 1,5 %.
Pour rappel, Bank Al Maghrib avait réduit le taux directeur de 2,25% à 2% le 17 mars 2020, avant de décider, le 16 juin 2020, de réduire ce taux de 2% à 1,5%.
Rappelons également que le Conseil de la BAM, réuni le 21 juin dernier, avait décidé de maintenir le taux directeur inchangé à 1,5%, tout en continuant à suivre de près l'évolution de la situation nationale et internationale. Et ce, afin de continuer à soutenir l'activité économique. Le communiqué de la BAM explique que le Conseil a pris cette décision compte tenu de la nature des pressions inflationnistes, principalement externes, et du retour prévu du taux d'inflation à des niveaux modérés en 2023.
La banque centrale avait indiqué que vu la hausse des prix des matières énergétiques et alimentaires, et le haut niveau d'inflation chez les principaux partenaires commerciaux, les prix à la consommation ont connu une augmentation significative au cours des quatre mois de 2022, avec un taux de croissance de 4,5. Cette tendance devra se poursuivre sur le court terme, estime la BAM. L'inflation devra atteindre 5,2 au cours de l'année 2022.
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