Economie
Hausse du taux directeur: quel impact sur les crédits?
11/10/2022 - 17:42
Mohammed Fizazi
Le Conseil de Bank Al-Maghrib (BAM), réuni mardi 27 septembre à Rabat, a décidé de relever le taux directeur de 50 points de base (pbs) à 2%. Le taux directeur, qui se définit comme le taux fixé au jour le jour par une banque centrale pour prêter de l’argent aux banques commerciales qui sont rattachées à cette banque centrale, mais aussi pour rémunérer les dépôts que ces banques effectuent auprès de la banque centrale, aide celle-ci à contrôler la masse monétaire en circulation. Quel effet aura cette décision sur les crédits bancaires, notamment ceux liés à la consommation et à l’investissement?
Augmenter les taux d'intérêt signifie freiner les opérations d'emprunt et donc réduire le ratio de liquidité sur le marché, ce qui entraîne une réduction du taux d'inflation, responsable de la hausse des prix. La décision d'augmenter les taux d'intérêt augmente la charge des nouveaux et anciens prêts, et il deviendra donc difficile pour les clients des banques d'emprunter compte tenu de cette hausse.
Selon l’économiste et l'ancien président de l'Université de Settat, Mohamed Rahj, sur le plan théorique, le taux directeur influencera le coût de l’argent à travers le crédit. "Concernant les ménages qui font appel aux banques pour financer leurs achats de consommation essentiellement les équipements (voitures, électroménager), et les entreprises pour financer les activités, lorsque le loyer de l’argent est élevé, on réfléchit à deux fois avant de prendre une telle décision", a-t-il déclaré à SNRTnews.
Et d’ajouter: "Dans la plupart des cas, les ménages et les entreprises reportent leurs achats et leurs investissements. Donc lorsqu'une entreprise reporte ses investissements parce que le coût du loyer est élevé, on entre dans une période de récession". L’économiste souligne que pour remédier à l’inflation, il faudrait aussi réduire les importations, car une partie de l’inflation est importée. "Nous achetons l’essentiel des biens et des équipements à l’étranger, surtout en Europe, nous allons donc subir de plein fouet l’inflation externe, comme l’a indiqué le Wali de Bank Al Maghrib", a-t-il également confié.
Rahj note, par ailleurs, que c’est au niveau de la politique budgétaire du gouvernement de voir réduire ces importations, surtout celles dont on peut se passer, notamment les biens de luxe, et ceux qui peuvent être fabriqués au Maroc. "La politique monétaire à elle seule n’est pas suffisante, quel que soit le taux que va adopter la banque centrale, c’est l’Etat, à travers sa politique budgétaire, en parallèle avec la politique monétaire, de faire en sorte à ce que les importations soient réduites au juste nécessaire”, a-t-il conclu.
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