Economie
Investissement: quand la culture est vectrice de croissance
25/02/2022 - 21:30
Aïcha Debouza
La culture au Maroc change de direction. Elle est considérée de plus en plus comme un investissement rentable et générateur de retombées positives pour l’entreprise. Encourager la création et le développement d’entreprises et établir des partenariats entre les secteurs public et privé, se montre donc désormais comme une nécessité.
Œuvrer à l’amélioration de l’écosystème global du secteur culturel fait dorénavant partie des priorités de l’Investissement au Maroc. "Nous constatons une reprise de conscience en rapport avec le secteur de la culture et ça fait énormément plaisir", se réjouit Abdelkader Retnani, président de l’Union professionnelle des éditeurs du Maroc (UPEM). Pour le professionnel, encourager l’initiative privée permet d’atteindre de meilleures performances qualitatives et quantitatives dans un temps pareil.
"Les initiatives allant dans le sens de l’amélioration du secteur culturel se font de plus en plus. En témoigne, le récent discours qu’a adressé SM le Roi Mohammed VI au 6e sommet Union européenne (UE)-Union africaine (UA)", fait savoir Abdelakder Retnani, également directeur des éditions La Croisée des Chemins.
En effet, lors de son discours tenu à Bruxelles, le Souverain a souligné l’importance de rétablir les coopérations culturelles afin de relancer le secteur, aujourd’hui considéré comme un véritable levier de rapprochement en Afrique, en Europe et entre l’Afrique et l’Europe.
Décidément, la culture au Maroc a évolué d’une notion patrimoniale et folklorique à celle d’une activité économique à part entière, rentable et vectrice de croissance. Ce basculement est le fruit d’une prise de conscience de la dimension transversale de la culture, car son développement a des répercussions sur la société dans son ensemble. Cohésion sociale, développement humain, essor économique, autant d’atouts qui ont encouragé la réglementation de ce secteur.
"Ressusciter un secteur meurtri par la pandémie nous redonne espoir. Maintenant, il faudra concrétiser toutes les promesses données. Et le mieux serait de les voir se matérialiser dans les prochains six mois", espère l’éditeur. Il explique que la prise en compte de la dimension économique de la culture, facteur de développement humain, est récente. Le Roi Mohammed VI investit de façon significative dans la culture comme industrie créative. "Nous n’avions pas de budget alloué au secteur de la culture en 2021. Mais là, le ministre de la Culture vient de le relancer pour 2022. Je croise les doigts pour que cette prise de conscience ne soit pas éphémère", ajoute le président de l’UPEM.
Pour le professionnel, les investissements dans l’édition ont vu un énorme repli ces derniers temps. Et les raisons sont multiples. Il souligne que pour encourager l’investissement dans le secteur, il faudra d’abord bannir les freins administratifs. Il ajoute aussi que le cadre juridique et fiscal de l’entreprise culturelle devrait être structuré avec une nomenclature spécifique afin de favoriser la création d’entreprises. "L’initiative de SM le Roi, du ministre de la Culture, les accords signés récemment avec plusieurs pays d’Europe et avec la Fédération des industries créatives et culturelles (FDICC) sont un bon présage pour le secteur de la culture", se félicite Retnani.
Par ailleurs, inciter le secteur privé à investir dans le domaine culturel et à financer des projets et programmes culturels est au cœur des débats. C’est même un sujet d’actualité. "Nous avons tenu ce mercredi 23 février une réunion avec la FDICC et nous aurons une seconde rencontre lundi prochain avec la Fédération afin d’énumérer les différents axes que nous devrons suivre pour porter le secteur vers l’avant", conclut l’éditeur.
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