Société
Les motos, un vrai "casse-tête" pour les Casablancais
17/03/2022 - 22:00
Aïcha Debouza | Morad KarakhiEviter les embouteillages est devenu l’ultime but de plusieurs Casablancais qui se rabattent de plus en plus sur les motos. Mais le comportement de certains conducteurs constitue une réelle source de problèmes aussi bien pour les piétons que pour les automobilistes.
Les Casablancais ont sûrement constaté ces derniers temps, une prolifération généralisée des motos. Que ce soit dans les grandes avenues ou dans les quartiers et ruelles populaires. Les habitants et visiteurs de la Capitale économique se plaignent du comportement de certains motards.
Certains le décrivent comme une sorte de "chaos" dû à l’absence du respect du code de la route. D’autres, par contre, lui assimilent tous genres d’accidents provoqués par les conducteurs de motos. Et ils ont un peu raison de le dire, car selon les chiffres communiqués à SNRTnews par la préfecture de police de la ville de Casablanca, le nombre total des accidents de la route impliquant des motos s’élève à 19.907 accidents en 2021.
Mais pas seulement. Plusieurs citoyens ont déclaré,à SNRTnews, que de nombreux motocyclistes sont impliqués dans des affaires de vols. C’est même devenu une pratique récurrente qui fait peur à de nombreux casablancais. Apparemment, certains d’entre eux "roulent si vite qu’il est presque impossible de les suivre".
Une mode naissante
Chez de plus en plus de jeunes, l’utilisation d’une moto est une "mode". "En particulier pour les adolescents, conduire une moto, c'est se donner en spectacle", dit un Casablancais. Du coup, les Bidaouis se plaignent de plus en plus des bruits qui proviennent des motos. C’est même pour certains, "une sorte de défilés nocturnes, ne respectant pas le droit au calme des gens car ceci arrive même dans des lieux critiques comme les hôpitaux", explique un autre citoyen. Ce qui a poussé la police à multiplier d'efforts pour mettre fin à ce genre de conduites dérangeantes.
Selon les données fournies par la préfecture de police de Casablanca, la capitale économique a enregistré l’un des taux les plus élevés de sanctions allant dans ce sens. A noter que ces opérations s’inscrivent dans le cadre de l’activation d’un plan d’action qui se caractérise par des procédures de surveillance et de restriction renforcées. Adopté par la Direction générale de la sécurité nationale (DGSN), ce dernier vise à faire face aux risques qui menacent la sécurité des usagers de la route et nuisent à la sécurité des personnes et des biens, en raison d’accidents de la circulation résultant de ce type de pratiques imprudentes.
Pour Adil Ghazali, professeur de psychologie à l’Université Hassan II de Casablanca, la perception de la communauté à l’égard du motocycliste aurait subi un changement majeur au cours des dernières années. "Avant, c’était le moyen idéal et surtout économique utilisé le plus souvent par les employés et travailleurs puisque c’était pratique. Maintenant, c’est plus devenu un outil de mode qui permet à nombre d’adolescents de s’afficher et de s’exposer devant les gens", explique le professeur. Il a ajouté que le principal moteur de ce changement dans la vision sociétale des motocyclistes est l'augmentation significative du nombre d'accidents dans lesquels ces personnes sont partie ou cause, en raison du non-respect par la plupart d'entre eux des règles d'utilisation de la route.
En plus de causer des accidents de la circulation, Ghazali a ajouté qu'un pourcentage important d'utilisateurs de motos s'en servent pour commettre des vols, et "c'est à cela que les autorités de sécurité s'attaquent en menant des campagnes sur le terrain pour limiter ces agissements", fait-il savoir.
Le professeur de psychologie sociale estime que les premières victimes de cette vision sociétale actuelle des motocyclistes sont les personnes qui utilisent ce moyen de transport de manière appropriée et respectent le contrôle de la circulation, car certains d'entre eux ont carrément choisi de changer ce moyen de transport, "principale cause de regards de mépris de la part de nombreux citoyens."
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