Economie
Retour des abeilles dans leurs ruches: un soulagement pour les apiculteurs
24/04/2025 - 21:18
Mustapha Azougah | Mohammed Chafi"Sans les récentes pluies enregistrées en mars et avril, près de 80% des apiculteurs auraient abandonné leur activité", affirme l’apiculteur Mohamed Iken, soulagé de voir les abeilles regagner leurs ruches.
Président de la coopérative "Al Khayr" pour l’élevage d’abeilles et la production de miel dans la région de Chtouka, Iken explique que la crise sanitaire liée à la pandémie de Covid-19, combinée à plusieurs années de sécheresse, a gravement impacté le secteur apicole. L’absence de pluies et de pâturages suffisants a provoqué un phénomène inquiétant: la désertion massive des ruches.
Et la situation ne date pas d’hier. En 2022, la disparition des abeilles dans plusieurs régions du Maroc avait suscité l’inquiétude, poussant l’Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA) à ouvrir une enquête. Celle-ci a mis en évidence une combinaison de plusieurs facteurs. Il s’agit des conditions climatiques extrêmes, dégradations environnementales, mauvaises pratiques apicoles et risques sanitaires.
Selon Mohamed Iken, cette sécheresse prolongée a entraîné une chute dramatique de la production nationale de miel, estimée à plus de 80%. Certains apiculteurs, incapables de déplacer leurs ruches vers des zones plus fertiles, ont vu leur activité paralysée.
Même constat du côté de Kamal Bayoud, président de la coopérative "Al Ikhlas" dans la région de Loudaya. Il explique que la sécheresse a obligé les abeilles à abandonner leurs ruches, ce qui a fortement réduit le nombre de colonies. Là où la coopérative comptait entre 300 et 400 ruches, il n’en reste aujourd’hui qu’une quarantaine.
Les précipitations de ce printemps ont toutefois redonné espoir à toute une filière en difficulté. Grâce à elles, les abeilles ont pu retrouver un environnement favorable à leur survie, et réintégrer progressivement leurs ruches.
Pour Kamal Bayoud, ces pluies ont stimulé la floraison et donc offert une ressource alimentaire essentielle aux abeilles, favorisant leur retour. Cela laisse espérer une reprise de la production dans les mois à venir.
Mohamed Iken partage cet optimisme. Il estime que ce retour des abeilles marque une lueur d’espoir pour de nombreux apiculteurs, autrefois au bord de l’abandon. Plusieurs d’entre eux envisagent aujourd’hui de relancer leurs activités et de redynamiser la production de miel.
Il convient de noter que la production marocaine de miel avait atteint un pic de 7.000 tonnes en 2020. Mais dans le contexte actuel de changement climatique et de sécheresse récurrente, cet objectif semble de plus en plus difficile à atteindre sans un encadrement renforcé et une stratégie durable de préservation de l’écosystème.
Articles en relations
Economie
Economie
Economie
Société