Art & Culture
Youssef Kerkour, le visage marocain de "A Knight of the Seven Kingdoms" se livre à SNRTnews
27/02/2026 - 18:13
Khaoula BenhaddouCostumes médiévaux, décors spectaculaires et personnages complexes: Youssef Kerkour plonge dans l’univers fascinant de "A Knight of the Seven Kingdoms". Dans cette interview accordée à SNRTnews, l’acteur marocain revient sur les coulisses du tournage, la construction de son personnage Steely Pate et les défis d’une série très attendue par les fans.
Après ses rôles dans "House of Gucci", "Napoleon", "Baghdad Central", "Criminal", "Home", "Dracula" et bien d’autres, l’acteur nommé aux BAFTA Awards franchit une nouvelle étape dans sa carrière en jouant dans la série très attendue "A Knight of the Seven Kingdoms".
L’acteur âgé de 47 ans intègre un univers mythique et signe une présence marocaine remarquée dans une production internationale d’envergure. Il y incarne le personnage de "Steely pate", forgeron et allié du personnage principal, Ser Dunkan (Dunk) le Grand"
SNRTnews: Qui est Steely Pate ? Comment décrivez- vous ce personnage sans trop en révéler ?
Youssef Kerkour: Steely Pate est un forgeron. Un homme du feu et du métal. Quelqu’un qui vit dans la chaleur, dans l’effort, dans le travail manuel.
Ce n’est pas un personnage flamboyant. Il est ancré. Stable. Il comprend le monde à travers ce qu’il construit. Et je trouve ça très fort: dans un univers rempli de chevaliers et de luttes de pouvoir, lui façonne les armes, les armures, les outils. Il participe à l’Histoire sans forcément être sous les projecteurs.
Comment vous êtes-vous préparé pour incarner Steely Pate ?
Je me suis préparé physiquement, évidemment. Le corps devait raconter le métier: les épaules, la posture, la manière de tenir un marteau.
Mais surtout, j’ai appris tout ce que je pouvais sur la forge. Comment on chauffe le métal, comment on le frappe, comment on écoute sa résistance. Un forgeron ne tape pas au hasard. Il sait quand insister, quand attendre.
Ce métier m’a beaucoup aidé à comprendre la psychologie du personnage: quelqu’un qui sait que la solidité vient de la pression.
Qu’est-ce qui vous a séduit dans ce rôle ?
Sa noblesse silencieuse. Il n’a pas besoin de grands discours. Il existe dans l’action, dans la loyauté, dans la constance. J’aime jouer des hommes qui semblent simples en surface mais qui portent une vraie profondeur morale. Dans un univers aussi vaste que celui de A Knight of the Seven Kingdoms, cette retenue devient presque un contraste puissant.
Avez-vous ressenti une pression particulière en rejoignant cet univers ?
Énorme. On parle d’un univers issu de "Game of Thrones", qui a duré dix saisons à travers deux franchises. Et, soyons honnêtes, nous les acteurs de "Knight of Seven Kingdoms" n’avions pas eu l’occasion d’y figurer. Je voulais faire honneur aux fans, qui ont été incroyablement loyaux et exigeants.
Je me souviens, un jour à Belfast, je me suis surpris à fredonner le générique en marchant sur le plateau… et je me suis arrêté net. Je me suis excusé auprès des autres et un de mes collègues m'a pris par le bras et m'a chuchote dans l'oreille "Tous les jours mon ami".
Que représente cette opportunité pour vous ?
C’est un honneur immense de représenter le Maroc dans une série aussi regardée et aussi bien accueillie. Les premiers retours sont extrêmement positifs, et inch'Allah la série remportera de nombreux prix. Porter cette visibilité internationale en étant marocain, c’est quelque chose que je prends très au sérieux.
Comment s’est passée votre immersion dans cet univers ?
L’immersion est totale. La taille de la production est énorme. Les décors, les costumes, l’organisation… tout est pensé dans les moindres détails. Filmer à Belfast apporte aussi son lot de défis : le vent, la pluie, le froid. On travaille avec les éléments naturels, parfois contre eux. Mais cela donne une authenticité incroyable à l’image.
Le tournage d’une production d’envergure internationale diffère-t-il beaucoup de vos expériences précédentes ?
L’échelle est impressionnante. Le niveau de coordination est chirurgical. Mais au cœur, le métier reste le même: être présent, écouter, réagir. Peu importe la taille du plateau, la vérité d’une scène se joue toujours entre les acteurs.
J’ai aussi beaucoup apprécié la vision d’Ira Parker. Il a une compréhension très claire du monde qu’il construit, et cela rassure énormément les comédiens.
Quelle a été la scène la plus marquante ou la plus difficile à tourner ?
Il y a une scène où je cours pour tenter de sauver Dunk avant qu’il ne tombe. L’intensité était réelle. Il portait une cotte de mailles, et en le saisissant, le métal m’a littéralement entaillé le bras. Je me suis retrouvé avec des coupures sur toute la longueur.
Mais parfois, ce sont ces détails physiques qui rendent une scène plus vraie.
Comment décrivez- vous l’ambiance sur le plateau ?
Très concentrée, très professionnelle, mais avec une vraie camaraderie. On sent que chacun est conscient de l’importance du projet. Il y a une forme de respect mutuel — pour le travail, pour l’univers, et pour les fans.
Qu’est-ce qui vous a le plus impressionné dans la production ?
L’ampleur. La capacité de recréer un monde entier avec une telle précision. Et surtout, la manière dont la production gère les éléments naturels en Irlande. Tourner dans ces conditions demande une organisation exceptionnelle.
Quels sont vos projets d’avenir ?
J’ai une grande série qui sortira prochainement sur Apple, The Wanted Man, et un film intitulé The Gallerist.
C’est un projet très amusant, avec une distribution impressionnante : Jenna Ortega — qui était récemment membre du jury au Festival de Marrakech — Catherine Zeta-Jones, avec qui j’ai beaucoup parlé du Maroc, Natalie Portman, Daniel Brühl et Da’Vine Joy Randolph. L’énergie sur ce film était incroyable.
Qu'en est-il de l'Alchimiste?
Concernant L’Alchimiste, malheureusement le projet ne se fera pas. La production a été arrêtée. Ce sont des choses qui arrivent dans notre industrie. Mais chaque fin ouvre une autre possibilité.
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