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Abdel Abqar: du béton dans les jambes et le Maroc "dans le cœur"
04/03/2026 - 10:08
Matar Bensalmia
C’est à Settat le 10 mars 1999, qu’est né Abdelkabir Abqar. À 26 ans, le défenseur central a déjà traversé la frontière qui mène des terrains de quartier aux pelouses de la Liga. Mais chez lui, rien n’est tapageur, tout est affaire de discipline et de constance.
Pur produit de l’Académie Mohammed VI, il appartient à cette génération de Lions de l’Atlas façonnée entre le Maroc et l’Espagne. Une diaspora footballistique qui a appris à conjuguer rigueur ibérique et fierté nationale.
Après ses classes au Malaga CF, il s’affirme au Deportivo Alavés, où il dispute plusieurs matches entre Liga et Segunda, marque ses premiers buts chez les professionnels et impose un profil solide dans les duels, propre dans la relance, discipliné dans le placement.
L’été 2025, libre de tout contrat, il rejoint le Getafe CF pour trois saisons. Un club à l’identité rugueuse, presque “rugby” dans l’intensité, où chaque duel est une bataille. Là-bas, Abdel Abqar n’a pas tardé à comprendre qu’il ne suffirait pas d’être bon mais qu’il fallait être dur.
Dur, il l’est devenu et en ce début de saison 2025-2026, il s’est imposé comme un cadre de la défense du club, aligné lors des affiches majeures, y compris face au Real Madrid lundi soir. Le genre de soirée où le Santiago Bernabéu vous scrute et où la moindre erreur se paie comptant.
Mais l’actualité de ces dernières semaines donne une autre dimension à son parcours. Nous sommes en Ramadan et comme l’a raconté le quotidien catalan Mundo Deportivo, Abdel Abqar adapte son quotidien à la rigueur du jeûne tout en préparant des chocs de Liga. Réveil à 5h30 pour un premier repas avant l’aube. Il rompt alors son jeûne en privilégiant les protéines pour favoriser la récupération musculaire, avant un dernier repas tardif, vers 22h, et un coucher autour de minuit.
Son premier match du Ramadan s’est disputé à 14h, en plein jeûne, face au Séville FC. Titularisé par son entraîneur, il a tenu jusqu’à la 67e minute. Une légère gêne musculaire l’a poussé à céder sa place, sans pour autant l’écarter du groupe appelé à défier le Real Madrid. Sa participation reste minime compte tenu de son état, mais son engagement ne l’était pas.
Car Abqar joue toujours avec quelque chose de plus que ses jambes, mais avec une appartenance indiscutable. International marocain, il répète que le Maroc, il “l’a dans le sang”.
Certes, son parcours a été freiné par des blessures, notamment une grave déchirure aux ischio-jambiers en 2025 qui avait brutalement stoppé son élan. En février 2026, une nouvelle alerte musculaire a ravivé les inquiétudes. Le football moderne ne pardonne rien aux corps fragilisés, mais il récompense les esprits solides.
Abdel Abqar est encore en construction. Défenseur moderne, dominateur dans les airs, intense dans l’impact, il doit continuer à apprivoiser son corps pour durer au plus haut niveau. À Getafe, on compte sur lui pour la lutte du maintien, tandis qu'en sélection, il représente une option crédible pour les prochaines grandes échéances.
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