Politique
Anniversaire de la Marche Verte : Cinq questions à la présidente du Conseil de la région Guelmim-Oued Noun, Mbarka Bouaida
06/11/2025 - 22:03
MAP
À l’occasion du cinquantenaire de la Marche Verte, la présidente du Conseil de la région de Guelmim-Oued Noun, Mbarka Bouaida, évoque, dans un entretien à la MAP, la portée symbolique et historique de cette épopée initiée par Feu SM le Roi Hassan II, les leçons tirées, ainsi que les grandes transformations qu’ont connues les provinces du Sud, en particulier la région de Guelmim-Oued Noun.
1. Comment évaluez-vous la portée symbolique et historique de la Marche Verte initiée par Feu SM le Roi Hassan II ?
Le cinquantième anniversaire de la Marche Verte n’est pas une commémoration ordinaire, car il marque un tournant dans l’histoire du Maroc moderne.
Feu SM le Roi Hassan II, que Dieu l’ait en Sa sainte miséricorde, a fait preuve d’une grande clairvoyance en lançant cette marche pacifique, véritable expression de la volonté d’un peuple fort, attaché à son histoire, décidé à récupérer ses provinces sahariennes.
Nous sommes fiers d’être Marocains, et tout aussi fiers d’appartenir aux provinces du Sud, notamment à la région de Guelmim-Oued Noun, qui constitue la porte du Sahara et qui fut, à l’époque, un bastion de la résistance face au colonialisme espagnol.
2.Quelles sont, selon vous, les principales leçons que les jeunes générations devraient tirer de cette épopée glorieuse ?
La Marche Verte constitue une source riche d’enseignements. Elle illustre la force de la volonté commune entre le Roi et le peuple, et la solidité du lien qui unit le Souverain à son peuple, du Nord au Sud.
Elle montre que l’intégrité territoriale constitue une ligne rouge pour tous les Marocains. Le Royaume dispose d’une légitimité historique et juridique incontestable, qui doit être respectée et demeurer un principe fondamental pour tous.
Nous sommes fiers des progrès réalisés par le Royaume, notamment dans les provinces du Sud au cours de ces cinquante dernières années. Ces réalisations traduisent une vision claire, un sens stratégique et une volonté de bâtir la Nation par ses propres enfants.
3. Les provinces du Sud, dont la région Guelmim-Oued Noun, connaissent une profonde transformation depuis le lancement du nouveau modèle de développement. Quels sont les aspects les plus marquants de cet essor ?
Les trois régions du Sud, et en particulier celle de Guelmim-Oued Noun, ont connu un véritable élan de développement grâce à une vision Royale éclairée et au Nouveau modèle de développement des provinces du Sud. Plus de 77 milliards de dirhams y ont été investis en moins de dix ans, dont une part importante au profit de notre région.
Ce développement se manifeste notamment à travers la désenclavement du Sud grâce à la voie express Tiznit-Dakhla, reliant le Nord au Sud, ainsi que par des projets de protection contre les inondations, à l’instar du grand barrage de Fask à Guelmim, qui joue un rôle majeur à l’échelle régionale.
La région a également bénéficié de la création de facultés de médecine et de pharmacie à Guelmim, Laâyoune et Dakhla. Le centre hospitalier régional de Guelmim est en cours de transformation en centre hospitalier universitaire (CHU). De plus, un aéroport moderne relie désormais quotidiennement Guelmim à Casablanca et, chaque semaine, aux îles Canaries.
S’ajoutent à cela des projets de modernisation des ports de Tan-Tan et Sidi Ifni, ainsi que la généralisation d’établissements scolaires et de centres culturels dans l’ensemble de la région. L’objectif de ces efforts est de faire des trois régions du Sud un pôle de développement intégré, reliant le Maroc à sa profondeur africaine.
4. La région de Guelmim-Oued Noun affiche d’importantes ambitions pour les prochaines années. Quels sont les projets structurants et les priorités du Conseil régional pour consolider le développement socio-économique et territorial de la région ?
SM le Roi Mohammed VI a, dans Ses récents discours, appelé à passer à la vitesse supérieure en matière de développement et d’exécution des projets, afin de combler les déficits et d’instaurer un équilibre territorial.
C’est un grand défi pour nous, car il nous permettra d’accélérer la mise en œuvre de tous les projets en cours, notamment le CHU de Guelmim et la création d’un pôle universitaire, que nous souhaitons voir devenir une université à part entière.
Nous poursuivons également les travaux pour réaliser un nouveau port à Tan-Tan dédié aux énergies renouvelables, car le Maroc de demain se construira autour d’une nouvelle génération de projets intégrés, comme l’hydrogène vert, porteurs d’emplois pour la population locale.
Il s’agit donc d’accélérer la mise en œuvre de tous ces chantiers (eau, électricité, routes, port de Tan-Tan) et d’investir dans la formation des compétences locales pour accompagner ces projets et créer davantage d’opportunités économiques.
5. En votre qualité de présidente de l’Association des Régions du Maroc, comment percevez-vous l’évolution des relations de coopération décentralisée entre les régions marocaines et leurs partenaires internationaux, notamment africains ?
La coopération décentralisée est une compétence propre aux régions dans le cadre de la régionalisation avancée. Toutes les régions du Royaume, en particulier celles du Sud, ont activé cette compétence en signant de nombreuses conventions de partenariat avec des régions du monde entier, notamment en Afrique, compte tenu des besoins existants et du succès du modèle marocain dans les provinces du Sud.
Ainsi, plusieurs accords de coopération ont été conclus avec des régions du Nigeria, du Kenya, du Sénégal, de Mauritanie, du Burkina Faso et de Côte d’Ivoire. Des projets concrets ont été réalisés, témoignant de la réussite du modèle marocain et, de ce fait, consacrant la légitimité de la cause nationale.
Cette dynamique est soutenue par le Fonds africain d’appui à la coopération décentralisée internationale des collectivités territoriales (FACDI), un outil exemplaire de gouvernance et de transparence.
Les régions marocaines, notamment celles du Sud, reçoivent un nombre croissant de demandes de partenariat. En effet, la région Guelmim-Oued Noun a signé plusieurs conventions avec des collectivités africaines, dont le comté de Siaya (Kenya), la région de Matam (Sénégal) et la wilaya de Tagant (Mauritanie), et œuvre actuellement à la conclusion d’un accord de partenariat avec une région française.
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