Sport
AS FAR: trois bonnes raisons derrière un excellent début de saison
11/01/2023 - 13:29
Nassim El Kerf
L'Association sportive des Forces armées royales (AS FAR) a achevé le premier tiers de la Botola, en tête du classement avec 22 points, ex-aequo avec le Fath Union Sport, l'autre club de la capitale. Un début de saison tonitruant de l'équipe de Da Cruz, qui n'a rien d'une coïncidence. Retour sur les principales raisons derrière le retour en force du club militaire.
L'AS FAR est de retour au sommet de la Botola. La bonne nouvelle ne concerne pas seulement les supporters de cette équipe, mais elle devrait ravir tous les passionnés du football marocain, puisque le club militaires a toujours fait partie, en compagnie du Raja et du Wydad, des locomotives historiques de ce sport que ce soit au niveau local ou continental.
Pour acter officiellement ce retour dans la cour des grands, l'AS FAR s'est donné les moyens d'y arriver et a beaucoup essayé. Aujourd'hui la formule qui semble fonctionner n'a rien d'une coïncidence, tout au contraire. Pour atteindre le pic de la performance en Botola, les Militaires se sont d'abord montrés patients, intelligents et responsables, après une longue période de doutes, marquée parfois par des saisons chaotiques. Derrière le succès qui se dessine cette saison et qui a commencé avec le titre de la Coupe du Trône (2020) remportée à Agadir, trois principales raisons.
Mercato ciblé
Dans la hiérarchie des grands clubs marocains qui font rêver les joueurs, l'AS FAR se taille une place de choix. C'est donc sans lésiner sur les moyens, que les dirigeants ont entamé le renforcement de l'équipe première... sur une saison et demie, soit trois mercatos pour être sûrs d'avoir une équipe compétitive en 2022-2023, la saison qui sonne le retour des Militaires en compétition continentale par la porte de phase de groupes de la Coupe de la confédération (CAFCC).
Ainsi, le club a renforcé le collectif qui comptait déjà plusieurs joueurs de qualité comme le capitaine, Rabii Hrimat ou encore l'ailier explosif Reda Slim, par des joueurs qui allaient apporter une plus value, sans pour autant couter trop d'argent. Sur une saison et demie, le club a ciblé des joueurs jeunes et expérimentés, trouvant l'équilibre idéal entre la qualité, le besoin et les caisses, sans se ruer sur les quelques noms disponibles sur le marché.
Responsable numéro un de cette politique de recrutement, Fernando Da Cruz était directeur technique (DT) avant d'être nommé entraîneur cette saison, le club a visé juste en optant pour la continuité.
Da Cruz, sans forcer
Nommé à la tête du staff technique de l'AS FAR en août dernier, Fernando Da Cruz a eu le temps de travailler tranquillement et tenir un très bon stage de préparation qui porte déjà ses fruits.
Pourtant, sa nomination ne faisait pas l'unanimité au sein des supporters, loin de là. Mais son travail, son abnégation et sa touche personnelle ont vite fait taire les critiques. Responsable du centre de formation en sa qualité de DT, il avait l'oeil sur plusieurs jeunes formés au club qui apportent aujourd'hui un véritable plus à l'effectif.
Son style de jeu équilibré, permet au collectif d'évoluer dans le temps, sans pour autant se mettre trop de pression en s'auto-proclamant favori pour le titre de champion. Doucement mais surement, il a construit une belle équipe au fil des journées en renversant notamment le Wydad, champion d'Afrique et tenant du titre sur le score de 3-0 lors d'un match référence des Militaires.
Da Cruz n'a pas construit une équipe pour gagner seulement dans l'immédiat. Son équipe a une grande marge de progression, puisqu'elle compte pas mal de jeunes joueurs, bien encadrés par des joueurs d'expérience qui partagent tous le même point commun... l'attachement au club. Hamza Igaman, Mohamed Moufid et Hatim Essaouabi sont tous des produits du club, qui aujourd'hui, sont titulaires dans les plans de leur entraîneurs.
Ils sont encadrés par des recrues stars comme Adam Ennafati, Larbi Naji et Ahmed Hamoudan qui ont tous préféré rejoindre l'AS FAR, leur club de coeur plutôt que de répondre aux sirènes des autres clubs qui offraient parfois, plus d'argent. Ces joueurs auxquels on peut ajouter Edilson Borges, la tour de contrôle de la défense militaires font aujourd'hui toute la différence.
But commun
Aujourd'hui, le club a compris qu'il est temps de retrouver les sommets. Quand on dit club, on ne parle pas que des dirigeants, des joueurs et des techniciens, mais tout son écosystème, y compris ses supporters.
Composés de deux groupes supporters, la Curva Che' s'est unie derrière un but commun, pousser l'équipe à retrouver l'Afrique et retrouver sa régularité au sommet du championnat marocain. Mettant quelques différends de côté pour l'amour du club, les deux groupes se sont unis pour donner une seule et unique voix derrière les performances des hommes de Da Cruz... et ça marche.
Le projet du retour de l'AS FAR serait tombé à l'eau si l'unité avait manqué à l'appel. Unité de toutes les composantes, qui fait aujourd'hui la force d'une équipe qui n'a pour l'instant connu qu'une seule défaite, face au Fath Union Sport lors du derby de la capitale (1-0).
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