Art & Culture
Benny Adam: un thé, un gâteau, et l’âme d’une culture marocaine
19/07/2025 - 13:24
Matar Bensalmia | Khawla Znaizini
Avec son nouveau clip "Berred, Qahwa, Gâteau", Benny Adam ne signe pas simplement un morceau de plus à son répertoire. Il livre une part de lui-même. C’est presque une déclaration d’amour à ses racines, un clin d’œil à l’enfance, et surtout, une manière sincère de dire : “je suis marocain, peu importe où je vis”.
Né à Casablanca, Benny a grandi entre deux mondes. Le sien, ancré dans les ruelles casaouies, et celui qu’il a découvert plus tard au Canada, fait d’autres codes et surtour d’autres repères. “J’ai dû apprendre à m’adapter, à composer avec une culture qui n’était pas la mienne, tout en gardant au fond de moi ce qui faisait de moi un Marocain”, confie-t-il à SNRTnews.
De cette traversée naît une musique qui lui ressemble. Une pop façonnée à sa manière, nourrie de raï, de chaâbi, de rap et d’un brin de nostalgie. Un style qu’il a baptisé dry, hybride et assumé. “C’est un parcours qui m’a ramené naturellement vers mes origines”.
"Berred, Qahwa, Gâteau", représente justement un souvenir commun. Une scène simple, presque banale, mais profondément marocaine. Celle du plateau que l’on dépose chez les voisins, pour les invités, avec ce qu’on a de mieux: un verre de thé, un café, quelques gâteaux. “C’est un geste qui parle à tous les Marocains, qu’ils vivent ici ou ailleurs”.
Mais pour Benny, il ne suffit pas d’évoquer le passé, lui, le sublime, il le stylise. Avec une esthétique fine, léchée, jamais clinquante. Chaque plan du clip est pensé, équilibré. “Je cherche à représenter le Maroc sans tomber dans le kitsch. Le ton sur ton, ça ne nourrit pas”. Son regard est moderne, sa vision pointue. L’artiste aime les détails, les contrastes, les symboles discrets.
On le compare volontiers à “Pharrell Williams”, pour cette capacité à innover, à casser les codes tout en restant fidèle à une certaine authenticité. “J’aime apporter un soupçon de créativité à tout ce que je fais. Je me prends la tête pour y arriver. Mais grâce à Dieu, les résultats sont là”.
Une création pensée dans les moindres détails
Sur le plan technique, le clip "Berred, Qahwa, Gâteau" est le fruit d’un travail collectif minutieux. La réalisation a été assurée en tandem par Ghizlane Terazz et Bouchra Ouikou, tandis que Raphaël Doug a signé la direction photo. La production artistique, elle, a réuni trois entités : Coyote Records, Barood et QG Prod. Tandis que Marouane Housni s’est chargé de l’ingénierie du son.
Des instruments acoustiques notamment le violon et le “tbel”, ont été intégrés pour enrichir la texture musicale.
Un clip tourné à Marrakech
Tourné à la ville ocre, le clip met en lumière des décors emblématiques du patrimoine architectural local, notamment les kasbahs et palais traditionnels en terre ocre, caractéristiques du sud marocain. La post-production a, elle, été réalisée en studio.
Aussi, la présence répétée du maillot des Lions de l’Atlas, porté par plusieurs figurants reste un détail qui n’échappe point aux yeux des spectateurs. Un clin d’œil assumé à l’équipe nationale, pensé comme un geste fort d’identification collective, en particulier pour les jeunes et les Marocains du monde. “Ce n’était pas un hasard”, précise Benny Adam. “Porter le maillot du Maroc, c’était une manière claire de mettre en avant notre équipe nationale dans un clip jeune et populaire, avec l’ambition de transmettre des symboles positifs”.
La suite? Elle s’annonce tout aussi prometteuse. Un album est déjà dans les tuyaux. Presque terminé. Il promet d’être riche, surprenant, et de faire voyager encore plus loin. “Il y aura des invités inattendus, des morceaux qui vont étonner. Je pense que les Marocains vont être fiers de ce projet. Moi, en tout cas, je le suis”.
Rester marocain, malgré l’exil, malgré les barrières, malgré les regards. C’est le fil rouge de l’œuvre de Benny Adam. Une force qu’il puise dans l’attachement à son pays, et qu’il traduit, avec sensibilité et exigence, dans chaque son, chaque image, chaque mot.
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