Sport
Casablanca: ces activités commerciales portées par la participation du Maroc en Coupe du monde
29/06/2026 - 19:23
MAP
En trois matchs de phase de groupes et une qualification amplement méritée pour les 16èmes de finale, les Lions de l'Atlas ont planté le drapeau parmi les favoris du Mondial-2026. Le parcours de la sélection nationale continue de nourrir l'enthousiasme populaire.
À Casablanca, cet engouement se traduit par une dynamique commerciale renouvelée. Les marchés et les boutiques spécialisées enregistrent un afflux croissant de clients venus se procurer drapeaux, maillots et divers accessoires aux couleurs nationales, dans une ambiance qui témoigne de l'attachement des Marocains à leur sélection et de la ferveur qui accompagne son parcours en Coupe du monde.
Depuis les artères de Casablanca, le rouge et le vert coulent. Camions en double file. Clients en foule. Derb Omar.
À l'angle de l'entrée, le magasin d'Ahmed, grossiste du drapeau, donne le ton. La boutique date de plus de trente ans. À chaque épopée de la sélection nationale, elle est à son apogée. Particuliers et professionnels s'y croisent.
"La demande est très forte", confie Ahmed. Des centaines de drapeaux cascadent depuis le plafond jusqu'à la porte. Marocains, expatriés, touristes, tous venus porter les couleurs d'une nation au rebond historique. "Le drapeau marocain est devenu une marque universelle. Depuis 2022, le Maroc est entré dans une autre dimension", poursuit-il.
"Ce rayonnement porte une signature. Derrière ce succès, il y a une vision : celle de Sa Majesté le Roi Mohammed VI. Sous l’impulsion du Souverain, le football marocain a connu un essor sans précédent", s’est-il félicité.
La demi-finale du Mondial-2022 au Qatar, première pour une nation africaine et arabe, a planté les couleurs marocaines dans les mémoires du monde entier.
Après chaque match, l'engouement pour le drapeau national grandit. Pour les Marocains, naturellement, pour les visiteurs, par émerveillement.
Au-delà d'Ahmed, les couleurs nationales ont tout gagné. Spécialiste ou pas.
Son voisin est marchand de tissus. Ses rouleaux en fond de boutique, les accessoires fantaisie pour supporters au devant. "C'est notre manière de fêter. Loin du commerce, c'est une joie que nous partageons", dit Mohamed en ajustant une pile de chapeaux cowboy aux motifs marocains.
Bracelets, trompettes, perruques, ses clients repartent rarement sans un article supporters. La demande ne trie pas. Ses préférés: les enfants. Venus pour Achoura, ils laissent tomber la voiture et la poupée pour un tambour aux couleurs nationales.
À Derb Sultan, le brassage est visible. La foule est compacte, sonore, électrique. Des caisses de jouets s'empilent entre des étals de drapeaux. Un gamin tient dans chaque main un objet différent : une petite voiture à droite, une casquette aux couleurs nationales à gauche. Sa mère attend. Il pose la voiture. "Ça arrive dix fois par jour. Depuis le premier match, ils ne veulent plus que les articles Maroc", dit le vendeur. "Je veux soutenir les Lions", rebondit le petit.
La ferveur se poursuit. Du marché aux magasins des alentours, le rouge et le vert se déclinent partout. À Kissariat Aziza, les pyjamas, les T-shirts personnalisés et le maquillage aux couleurs du Maroc sont les vedettes du moment.
En sachets pour les Bidaouis, en cartons pour les livraisons nationales et internationales, le flux est incessant. Fatima-Zahra, trentenaire, sort avec deux sacs. "Un pour moi, un pour ma fille. Nous nous préparons pour regarder les matchs à la maison", dit-elle en montrant son nom imprimé dans le dos de sa veste rouge et vert.
Les jeunes Casablancais ont, d’ailleurs, saisi l'occasion autrement. Rouleaux de vinyle, T-shirts blancs, commandes en rafale, messages vocaux, DM Instagram. Prénoms, slogans personnalisés. De Casablanca aux pelouses américaines, un T-shirt blanc devient une fière déclaration d'amour.
Certains poussent l'expérience plus loin. Mugs, assiettes, serviettes de plage, articles d'artisanat, les grandes surfaces suivent les envies des clients plus exigeants. À l'entrée d'un hypermarché, un rayon dédié aux produits supporters accueille le client avant même qu'il attrape un chariot.
En face: le rayon télévision, où défilent les épopées des Lions. Les buts. Les accolades. Les parades de Bono.
Adam pousse son caddie avec ses deux filles, qui choisissent minutieusement pour une soirée à la hauteur de l'événement. Dans le chariot s'accumulent un service de table, cacahuètes grillées, amandes, fruits secs, bonbons colorés, le plateau d'Achoura dans toute sa générosité, mais cette année il se mange devant le match. Pour la télévision, l'affaire était réglée depuis la CAN.
"Le technicien du quartier a juste calibré le son et l'image", dit le père, notant qu’il a pris rendez-vous un mois à l'avance. "Son agenda était chargé", précise-t-il.
Pour d'autres, le grand écran n'est pas la priorité. Par contraintes professionnelles, ils regarderont les matchs seuls. Le petit écran suffit. Les écouteurs s'imposent alors. Gadget ordinaire. Nécessité absolue le jour J.
Dans les points de vente multimédia casablancais, les accessoires téléphoniques sont également pris d'assaut. Les stocks s'écoulent à un rythme inhabituel.
Cette dynamique s'étend également aux cafés et aux restaurants, qui ont enregistré une affluence croissante à l'occasion des matchs de la sélection nationale. De nombreux cafés ont ainsi aménagé des espaces dédiés aux supporters et installé des écrans supplémentaires.
Les restaurants et les services de livraison ont eux aussi connu une hausse de la demande, les familles et les groupes d'amis étant nombreux à choisir de suivre les rencontres à domicile ou dans des espaces collectifs. Certaines enseignes commerciales ont, par ailleurs, lancé des offres promotionnelles spéciales à cette occasion, illustrant ainsi l'impact positif des performances des Lions de l'Atlas sur la dynamique commerciale dans les différents quartiers de la capitale économique.
En famille ou solitaire, le marché de la capitale économique répond à tout. La dynamique est rodée. Elle coule de source. À chaque épopée, la même synergie se relance avec plus de créativité et plus d'élan.
Ce n'est plus une fête occasionnelle. C'est un marronnier que Casablanca cultive et irrigue. Les Lions brillent. Les magasins répondent à la demande interne alors que les camions prennent la route, jusqu'au dernier souk du Royaume.
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