Economie
Casablanca Finance City et Oxford Economics appellent à intensifier la mobilisation des financements durables en Afrique
30/05/2025 - 18:29
Hamza BAMMOUCasablanca Finance City (CFC), en partenariat avec Oxford Economics Africa, a présenté ce jeudi la 10ᵉ édition de son rapport Africa Insights, intitulé "Catalyzing Africa’s sustainable transition: Insights to impact a climate-resilient future". Le document, dévoilé à l’occasion d’une conférence CFC Insights à Casablanca, formule des recommandations concrètes pour accélérer les investissements durables sur le continent africain
Face à l’urgence climatique et aux besoins croissants en financement, le rapport met en lumière les nombreux atouts du continent, notamment l’abondance de ses ressources naturelles et son potentiel en énergies renouvelables. Bien que l’Afrique ne soit responsable que de moins de 3% des émissions mondiales de gaz à effet de serre, elle reste particulièrement exposée aux effets du changement climatique.
L’étude identifie dix leviers d’action pour favoriser la transition verte et faire de la finance durable un moteur de croissance économique bas-carbone. Elle estime à 190 milliards de dollars par an les besoins en financement climatique d’ici à 2030, appelant à une action régionale concertée pour orienter les capitaux, harmoniser les cadres réglementaires et rassurer les investisseurs.
Parmi les recommandations clés figurent la promotion des partenariats public-privé, la mobilisation des centres financiers internationaux, le renforcement de la préparation des projets et la valorisation du rôle stratégique de la diaspora. Le rapport souligne également la nécessité de revoir la perception du risque associé aux projets verts, en particulier dans les secteurs jugés stratégiques comme les énergies renouvelables, l’agriculture intelligente, l’économie bleue, les minerais critiques et les infrastructures.
L’étude s’appuie sur des cas concrets pour illustrer la viabilité économique de ces opportunités et met en avant les instruments financiers innovants déjà à l’œuvre, tels que les obligations vertes, sociales et durables, la finance mixte ou encore les marchés carbone. Ces derniers, en développement dans des pays comme l’Afrique du Sud, le Kenya ou le Ghana, pourraient représenter jusqu’à 25% du marché mondial du crédit carbone à l’horizon 2030.
CFC a d’ailleurs lancé, en partenariat avec la Caisse de Dépôt et de Gestion, un projet visant à créer un marché régional volontaire du carbone.
Lors de l’événement, Mme Lamia Merzouki, Directrice générale adjointe de Casablanca Finance City Authority, a souligné la nécessité d’"une stratégie multidimensionnelle" pour poser les fondements d’une finance durable structurée et pérenne. M. Deon Fourie, économiste en chef chez Oxford Economics Africa, a quant à lui affirmé que "la finance durable n’est pas seulement un impératif climatique, mais une nécessité de développement".
Réunissant des experts issus des secteurs public et privé, la conférence a permis d’échanger sur les freins et les leviers de la finance verte en Afrique. À quelques mois de la COP30, le rapport appelle à une mobilisation accrue pour structurer un écosystème financier africain innovant, résilient et compétitif au service de la transition énergétique du continent.
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