Economie
Casablanca: le matériel roulant, pierre angulaire des projets ferroviaires lancés par SM le Roi Mohammed VI
25/09/2025 - 17:02
Khaoula Benhaddou
Lancés ce mercredi 24 septembre par SM le Roi Mohammed VI, les projets ferroviaires structurants à Casablanca représentent une locomotive pour le développement de l’écosystème industriel national. Luciano Fernandes Borges, directeur du Pôle Matériel à l’Office National des Chemins de Fer (ONCF), donne plus de détails sur le volet du matériel roulant.
Sa Majesté le Roi Mohammed VI a procédé, ce mercredi 24 septembre, dans la préfecture d’arrondissement Hay Hassani à Casablanca, au lancement de projets ferroviaires structurants d’une valeur de 20 milliards de dirhams. Ces investissements visent à transformer la mobilité dans la métropole et à renforcer l’écosystème industriel national.
Ces projets s’inscrivent dans un programme global de modernisation ferroviaire, doté d’une enveloppe budgétaire de 96 milliards de dirhams. Ils sont financés à hauteur de 70% par l’Office National des Chemins de Fer (ONCF) et de 30% par la Région Casablanca-Settat.
Le matériel roulant: un pilier du projet
Contacté par SNRTnews, Luciano Fernandes Borges, directeur du Pôle Matériel à l’ONCF, explique que "le projet comporte trois volets: l’acquisition des trains, la mise en place des technicentres de maintenance, et le développement industriel lié à cette opération d’envergure".
Au total, 110 trains seront acquis, dont 48 pour la région de Casablanca. 30 rames desserviront l’axe Benslimane–Mohammedia–Aéroport Mohammed V, tandis que 18 autres amélioreront la desserte vers Settat et El Jadida.
Ces trains, d’une capacité supérieure à 1.000 places et pouvant circuler à 160 km/h, représentent un investissement de 7 milliards de dirhams HT comme l’explique le responsable; "sur la région de Casablanca, nous sommes sur la gamme de trains qui assurent le transport régional et le transport métropolitain de proximité. Pour cela, nous avons lancé un programme d'acquisition de 110 trains, dont 48 qui seront dédiés à la région".
Et de préciser "Sur ces 48 trains, 30 apporteront une fluidité à cette haute fréquence de Benslimane-Mohammadia jusqu'à l'aéroport de Nouaceur. 18 trains seront dédiés à l'amélioration de la fréquence et de la qualité de service entre Casablanca-Settat et Casablanca-El Jadida. Ces trains-là circuleront à des vitesses pouvant arriver à 160 km/ heure sur les lignes conventionnelles. Ils auront une capacité importante avec des configurations différentes entre le régional et la partie proximité métropolitaine".
Des technicentres stratégiques
Deux techni-centres verront le jour dans la région. Celui de Nouaceur sera dédié à la maintenance courante, avec des arrêts allant de quelques heures à une semaine pour garantir confort et sécurité. Le techni-centre de Zenata, à vocation industrielle, prendra en charge les révisions lourdes et la rénovation des trains après 15 à 20 ans de service comme l’explique Luciano Fernandez Borges; "La région de Casablanca aura son techni-centre de maintenance courante, notamment pour les maintenances d'usage où les trains vont s'arrêter entre une heure jusqu'à une semaine pour faire les travaux qui permettent de les maintenir en bon état pour assurer des conditions de confort et de sécurité. Celui-là, il sera à Nouaceur. C'est un grand techni-centre ".
Et de poursuivre "nous allons également avoir un techni-centre industriel qui se situe dans la région de Casablanca. Ce techni-centre permettra la maintenance quasiment de tous les types de flottes qui circulent sur le réseau national, mais pour faire des maintenances industrielles".
Ces installations permettront d’assurer la durabilité des trains, en procédant à des modernisations technologiques et à la remise en état complète des rames. "En général, ce sont les grandes révisions de sous-ensembles de trains. Et ça peut aller jusqu'à la rénovation complète de trains. Par exemple, après 15 et 20 ans de service, le train peut faire objet d’un relifting complet, changer des composants qui sont obsolètes ou faire des modifications en technologie. On les remet en état pour vivre leur deuxième partie de vie", explique le spécialiste qui précise que ce techni-centre sera basé à Zenata.
Une usine de fabrication au Maroc
Une autre composante essentielle du projet est l’implantation d’une usine par le constructeur sud-coréen, partenaire de l’ONCF, comme l’explique Luciano Fernandez Borges; "Les trains qui seront mis en service dans la région de Casablanca et pour tous les services de proximité sur le territoire national ont été acquis auprès du constructeur sud-coréen, qui a, parmi ses obligations, l'implantation d'une usine, d'un site industriel qui va concourir au développement de notre écosystème industriel marocain".
Sur les 110 trains commandés, 40 seront fabriqués au Maroc. Les premiers relèveront de l’assemblage, tandis que les derniers seront intégralement produits localement, explique fièrement le responsable. Et de souligner "il faut noter que sur les 110 trains de proximité et régionaux que nous avons commandés, 40 d'entre eux seront fabriqués au Maroc. Pour les tout premiers, c'est plutôt des phases d'assemblage, et pour les derniers, ce sera vraiment de la fabrication en bonne et due forme".
L’usine démarrera avec un taux d’intégration de 30%, appelé à atteindre 60% à moyen terme grâce au développement d’un réseau de fournisseurs nationaux. Cette dynamique favorisera aussi l’exportation de trains et de sous-ensembles fabriqués au Maroc, comme explique le responsable; "le taux d'intégration locale débutera avec un taux autour de 30 %, et l'objectif est d'atteindre, à travers ce site, mais aussi à travers l'écosystème de fournisseurs qu'il développera autour de lui, des taux, en moyen terme, qui atteindront les 60%, et qui permettront de répondre aux besoins de ce contrat actuel, mais également des besoins futurs nationaux. Le but c'est développer la dimension export des trains, mais également de leurs sous-ensembles qui seront développés dans le cadre de cet écosystème".
Emploi et transfert de technologie
Au-delà de la mobilité, ce programme s’inscrit dans une logique de développement économique et technologique. "Il y a une forte dimension de transfert de savoir-faire, aussi bien dans la production industrielle que dans la maintenance", précise le directeur du Pôle Matériel. Et d’ajouter "ce projet aura bien évidemment un impact favorable sur le développement économique, mais également sur le transfert des technologies, puisqu'on va construire des trains. Il y a toute une dimension de transfert technologique qui se fait sur les deux composantes, à savoir celle du développement industriel et la maintenance".
A côté du transfert du savoir-faire, ces projets permettront la création de 10.000 emplois directs et indirects d’ici 2032-2033, grâce aux engagements de compensation industrielle pris par les constructeurs partenaires, tels que Hyundai, CAF et Alstom, comme l’explique le responsable; "à l’échelle nationale, nous avons comme objectif de création de 10.000 emplois à l'horizon 2032-2033. Parce que dans chacun des grands contrats qu'on a signés, que ce soit avec Hyundai Rotem pour ce type de train, avec la société espagnole CAF pour les trains intervilles, ou avec Alstom pour les trains à grande vitesse, chaque industriel a un engagement de compensation industrielle, soit par la création d'usines, soit par le développement de partenaires ou par le développement d'industriels locaux pour fournir des sous-ensembles de trains".
Et d’expliquer "à travers ces activités-là, il y a une usine dont je vous ai parlé, portée par Hyundai Rotem. Il y a une usine importante qui sera portée par Alstom pour des sous-ensembles de trains. Et il y a le développement de fournisseurs sur des sous-ensembles importants qui sont à la charge du constructeur espagnol CAF. Donc, avec cet ensemble-là, à l'horizon 2032, nous sommes sur une création d'emplois directs et indirects de 10.000 emplois sur notre secteur".
Au-delà d’un simple projet de mobilité, ces investissements ferroviaires placent Casablanca et, plus largement, le Maroc sur les rails de la modernité. Entre industrialisation, transfert technologique et création d’emplois, le Royaume confirme son ambition de devenir un hub ferroviaire régional et un acteur incontournable dans l’industrie des transports du futur.
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