Politique
Chennaoui: "le retrait de la coalition n'est pas conforme aux statuts du PSU et de la FGD"
03/07/2021 - 19:22
Imane Benichou
Après le retrait par Nabila Mounib, secrétaire générale du Parti socialiste unifié (PSU), de son parti de la coalition tripartite de la Fédération de la gauche démocratique (FGD) pour les prochaines élections, des membres du parti ont dénoncé haut et fort une décision "illégale" et "non conforme aux règlements intérieurs".
Mustapha Chennaoui, député de la FDG et ex-membre du bureau exécutif du PSU a affirmé à SNRTnews que Nabila Mounib a pris l’initiative et a décidé à elle seule de cette démarche. "Elle prétend qu’elle a eu l’aval du bureau politique, mais ce n’est pas le cas", a-t-il souligné.
"Malheureusement nous sommes en train de parler de choses internes mais l’affaire est devenue publique, nous sommes obligés d’éclaircir certaines choses", s’est-il exprimé, l’air consterné.
Chennaoui a rapporté que la secrétaire générale du PSU n’avait pas exposé ce sujet aux membres du bureau politique lors d’une réunion normale tenue il y a une semaine. Les membres du parti, "surpris", n’ont su que Mounib pense retirer la signature du PSU de la coalition que lors d’une réunion du comité exécutif de la FGD au siège des trois partis. "Par la suite, il y a eu cette réunion qui a duré 4 heures où elle a voulu avoir l’accord de tout le monde", a-t-il poursuivi, sauf que "certains membres ont refusé et affirmé vouloir rester sous le sigle de l’enveloppe".
Une décision "illégale"
"Cette décision n’est ni légale, ni conforme aux règlements intérieurs et aux statuts du PSU et de la FGD", a fait savoir le député. "Seule la fédération, qui est plus qu’une coalition électorale et moins qu’une fusion, a les prérogatives de prendre des décisions concernant trois questions principales qui relèvent de ses instances, à savoir l’intégrité territoriale, la révision de la constitution et la question des élections. À part ces trois questions, chaque parti a toute l’attitude pour débattre, discuter et avoir des positions selon ses souhaits".
Le membre du Conseil national du PSU a alors précisé que Mounib devait revenir aux instances de la FGD. "Ce n’est pas à elle ni au bureau politique d’en décider (du retrait, ndlr.). C’est aux instances de décision qui sont le congrès national et le conseil national qui est l’instance de décision élue lors du dernier congrès".
"Nabila Mounib est dans l’illégalité, elle a bafoué tous les règlements et les statuts du PSU", a annoncé Chennaoui. Et de poursuivre : "Nous sommes en train de vivre une sorte de despotisme à l’intérieur du parti alors que nous demandons et réclamons la démocratie aux décideurs de ce pays".
Vers une concession?
Le député a ensuite précisé qu’il y a 15 jours, "un très grand nombre de militants qui ont une certaine notoriété", ont décidé de se constituer en courant politique au sein du PSU, ayant pour objectif d’accélérer la fusion avec les autres partis.
"Notre pays n’a pas besoin de groupuscules ou de petits partis. Il a besoin d’unir les forces et d’une gauche active et crédible qui unit ses forces et moyens pour s’imposer dans le champ politique et essayé de participer à l’amélioration de la vie des citoyens et du contexte politique et démocratique", a-t-il encore noté.
Ce courant a, selon le député, attendu plusieurs mois, voire plusieurs années pour décider de se réunir. "Le règlement intérieur et le statut du PSU permettent la concession d’un courant qui a une nouvelle vision dans le cadre de l’unité plurielle", a-t-il fait savoir, précisant qu’il s’agit d’un mécanisme, créé en vigueur dans d’autres partis à l’échelle internationale, pour gérer les différents entre les membres du même parti.
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