Société
De la mer jusqu’au robinet: découvrez le fonctionnement du dessalement
13/06/2024 - 18:02
Halima Aamir | Hamza BAMMOULa station de dessalement de l'eau de mer de Chtouka Aït Baha, située dans la région de Souss-Massa, a contribué à maintenir un approvisionnement régulier en eau d'irrigation pour les zones agricoles ainsi qu'en eau potable, malgré les conséquences de la sécheresse qui a touché le Maroc ces dernières années.
Pour la deuxième année consécutive, ce projet poursuit son rythme normal en irriguant 10.000 hectares de cultures de primeurs au bénéfice de 1.500 agriculteurs de la plaine de Chtouka, l'une des principales zones agricoles productrices de légumes et de fruits au niveau national, et en fournissant de l'eau potable au Grand Agadir.
Fonctionnement du dessalement
SNRTnews a visité la station de dessalement de l'eau de mer située au cœur de la zone de Douira dans la commune territoriale d’Inchaden, relevant de la province de Chtouka Aït Baha, pour découvrir les techniques de dessalement utilisées.
À cet égard, Mehdi Larabi, chef du service de l'équipement à l'Office régional de mise en valeur agricole du Souss-Massa (ORMVA/SM), a indiqué que ce projet est le fruit des efforts conjoints du ministère de l'Agriculture, de la Pêche Maritime du Développement Rural et des Eaux et Forêts, et de l’Office National de l'Électricité et de l'Eau potable (ONEE). Sa capacité de production actuelle atteint 275.000 mètres cubes par jour, soit l'équivalent de 100 millions de mètres cubes par an.
La production quotidienne est répartie entre 145.000 mètres cubes d'eau potable et 125.000 mètres cubes pour l'irrigation des zones agricoles de la province de Chtouka. La capacité de production de la station devrait atteindre 400.000 mètres cubes par jour, avec 200.000 mètres cubes destinés à l'irrigation. Il est à noter que la station utilise la technologie de l'osmose inverse et dispose d'une puissance électrique de 68 mégawatts.
Lire aussi : Dessalement de l'eau de mer: un choix stratégique face au déficit hydrique
Dans une déclaration à SNRTnews, le même interlocuteur a précisé que les exportations de cette région représentent 85% des primeurs et 97% des tomates. Il a également indiqué que ce projet s'inscrit dans le cadre du Programme National d'Approvisionnement en Eau Potable et d’Irrigation, qui vise à diversifier les sources d'eau, à répondre à la demande croissante pour cette ressource vitale, à garantir la sécurité hydrique et à faire face aux effets des changements climatiques.
Coût du projet
Le coût de ce projet s'élève à 4,48 MMDH. Il vise principalement à préserver la nappe phréatique de Chtouka, menacée par l'intrusion marine, à sécuriser l'irrigation de cette zone en dessalant l'eau de mer plutôt qu'en utilisant les eaux souterraines, et à assurer l'approvisionnement en eau potable du Grand Agadir. Le projet vise également à préserver l'activité agricole de la région.
Selon les données fournies par le ministère de l'Agriculture, de la Pêche Maritime du Développement Rural et des Eaux et Forêts, ce projet comprend deux prises d'eau en mer et deux canaux de transport de l'eau salée de 1.100 mètres chacun, un canal de rejet des eaux concentrées de 700 mètres, une station de dessalement de l'eau de mer, ainsi que des infrastructures d'irrigation agricole, incluant des réservoirs de stockage pour l'eau d'irrigation et l'eau potable, cinq stations de pompage, un canal principal de 18,4 kilomètres et un réseau de distribution de 480 kilomètres.
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