Société
Femmes enceintes: le ministère de la Santé a mis à jour son protocole thérapeutique
02/09/2021 - 17:05
Aïcha Debouza
De plus en plus touchées par la Covid-19, la situation des femmes enceintes inquiète un grand nombre de scientifiques et chercheurs à travers le monde. Afin de les protéger davantage, le ministère de la Santé a mis à jour le protocole de leur prise en charge, ainsi que des femmes allaitantes et des nouveau-nés.
De nombreuses études attestent désormais clairement du grand danger qu’encoure la femme enceinte ainsi que son enfant. Les symptômes de la femme enceinte sont souvent plus graves qu’une simple fièvre et gêne respiratoire. Il s’agit dans la plus part du temps d’un risque élevé d’avortement, de pré-éclampsie, de naissance prématurée, de mort fœtale intra-utérine ou encore d’accouchement en urgence par césarienne. Leur faible couverture vaccinale qui n’est pas aidée par la propagation accentuée du variant Delta, accentuent les dangers auxquels sont exposés les futures mamans.
C’est dans ce contexte que le ministère de la Santé a décidé de mettre à jour le protocole de prise en charge des femmes enceintes, des femmes allaitantes et aussi des nouveau-nés. En consensus avec les experts nationaux de la santé maternelle et néonatale ainsi que les membres des sociétés savantes, la Direction de la population a dressé une liste de recommandations. Le but étant de mettre à jour les protocoles de prise en charge et le renforcement des mesures relatives à la prévention au risque de la Covid-19 chez les femmes et les nouveau-nés.
Cibles prioritaires de vaccination
Parmi ces recommandations, on retrouve l’obligation d’accélérer le rythme de la vaccination de toutes les femmes enceintes quel que soit le terme de la grossesse. Seule l'utilisation du vaccin inactivé sera prescrite pour les femmes enceintes au premier trimestre contre tous les autres types de vaccins disponibles actuellement au Maroc pour les femmes en 2e et 3e trimestres.
Devenues des cibles prioritaires de vaccination, la tutelle leur a accordé également une liste de mesures de sensibilisation telles que la réduction des "classes de mères" à huit personnes ou encore "l’interdiction d’accès aux salles d’attentes et aux salles de consultation à toute personne non indispensable". De plus, les structures désignées pour la prise en charge des personnes cas possibles et confirmés Covid-19 doivent disposer d’un espace réservé aux femmes enceintes, tandis que les maternités et maisons d’accouchement doivent mettre en place un espace réservé aux cas possibles et confirmés.
Par ailleurs, le ministère de la Santé insiste sur la prescription de l’Hydroxychloroquine (pendant 7 jours) et de l’Azithromycine (pendant 7 jours), s’agissant d’un traitement de fond qui agit rapidement sur le virus et réduit sa contagiosité. En plus de ces deux médicaments, la patiente doit prendre la vitamine C et le Zinc pendant 15 jours, la vitamine D en prise unique, ainsi qu’un anticoagulant à dose préventive du J1 au J21. Durant les 15J suivant la date de déclaration de la maladie, lesdits patients concernés bénéficieront d’un suivi médical rigoureux soit par le médecin traitant ou par suivi téléphonique via la cellule de veille Covid.
Le mode d’accouchement ne va pas changer
Dans le même contexte, le ministère rappelle qu’il n’est pas recommandé de séparer la mère contaminée et son nouveau-né. Cependant, et afin de respecter les mesures sécuritaires, il est possible d’assurer des contacts peau à peau de la mère contaminée avec son nouveau-né, ainsi que la mise au sein lorsque l'état de santé de la mère et du nouveau-né le tolèrent.
Enfin, concernant la prise en charge obstétricale, le ministère considère que le mode d’accouchement ne doit pas changer, sauf dans les formes graves de contamination pour le sauvetage maternel et/ou fœtal selon le terme de la grossesse. Par précaution, ce dernier insiste sur un dépistage PCR qui doit être réalisé à 24h de vie pour tous les nouveau-nés de mères atteintes de la Covid-19.
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