Politique
Fête du travail: un 1er mai pas comme les autres
01/05/2022 - 16:46
Lina Ibriz
Ce dimanche 1er mai 2022, les travailleurs célèbrent leur journée internationale, une journée de symbolique profonde qui consacre la lutte de la classe ouvrière pour améliorer ses conditions et consolider ses droits. Cette année, cette journée est célébrée au Maroc dans des conditions exceptionnelles, marquées par de grands enjeux et d’importants acquis. Dans les rues, néanmoins, et contrairement à la coutume, une ambiance calme règne.
Après deux ans de pandémie, ce 1er mai intervient dans un contexte marqué par l’allègement des mesures sanitaires et une forte baisse des contaminations. Il intervient aussi au lendemain de la signature de l’Accord social tripartite par le gouvernement, les syndicats les plus représentatifs et la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM).
Les syndicats profitaient chaque année de cette journée internationale pour descendre dans les rues et crier de toute voix leurs revendications attentivement inscrites sous forme de slogans sur des pancartes bien faites et vibrantes en couleurs. Cette année, ils semblent avoir laissé tomber cette coutume.
A la Place Annasr, à Casablanca, où l’équipe SNRTnews s’est rendue, la scène n’est pas du tout celle d’il y a quelques années. La place qui était autre fois envahie, chaque 1er mai, par des milliers des affiliés de la Confédération du travail (CDT) n’a accueilli ce dimanche que quelques centaines de ces militants et leurs sympathisants.
La (CDT) avait en effet annoncé l'organisation d'une série de manifestations en célébration du 1er mai "pour protester contre la flambée des prix qui mine le pouvoir d'achat des travailleurs et de l'ensemble des citoyens".
Un peu plus loin, à Avenue Berrechid dans la métropole, l’Union générale des travailleurs du Maroc (UGTM) a tenu sa manifestation. Là-bas encore un afflux faible est constaté. L’ambiance est calme, voire "fade", selon un citoyen observant la scène.
Pas de manifestations pour l’UMT
C’est l’un des syndicats historiques les plus représentatifs au Maroc qui a manqué participer cette année aux manifestations du 1er mai: l’Union marocaine du travail (UMT). A la veille de de la journée internationale des travailleurs, l’UMT a annoncé sa décision de ne pas organiser de "manifestations de masse" ou de "grands défilés aux niveaux central, local ou régional".
Ainsi, le syndicat a décidé de maintenir "toutes les formes et manifestations de célébration, de protestation et de solidarité ouvrière au sein de tous les sièges de la centrale".
Cette décision serait justifiée par le fait que la journée du 1er mai coïncide avec les célébrations de l'Aïd Al-Fitr dans un climat où persiste le "danger épidémiologique" malgré une situation relativement stable ces derniers temps.
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