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Grève de contrôleurs en France : plus de mille vols annulés, des vacanciers et des professionnels mécontents
04/07/2025 - 20:31
AFP
A quelques heures de la fin de l'année scolaire et de premiers grands départs en vacances d'été, certains ont dû revoir leurs plans : plus de mille de vols ont été annulés vendredi en France, notamment dans les aéroports parisiens et à Nice, au deuxième jour d'une grève de contrôleurs aériens
Des centaines de milliers de personnes ont déjà été affectées jeudi en France et dans le reste de l'Europe par ce mouvement social, déclenché par deux syndicats minoritaires qui réclament une amélioration des conditions de travail et des effectifs plus importants. 1.125 vols ont été annulés vendredi, au départ de la France ou à l'arrivée, selon la Direction générale de l'aviation civile (DGAC), contre 933 jeudi.
Les préavis de grève couraient jusqu'à vendredi soir et aucune perturbation n'est donc prévue pour samedi. A Nice, le deuxième aéroport pour les avions d'affaires en Europe, la moitié des vols commerciaux ont été annulés (près de 220 vendredi) ainsi que la quasi-totalité des vols de jets privés.
"Il faut se rendre compte qu'hier et aujourd'hui, 272 personnes dans notre pays vont impacter le bien-être de plus de 500.000 personnes. C'est inacceptable", a déclaré à la télévision le ministre français des Transports Philippe Tabarot. A l'aéroport d'Orly, au sud de Paris, des voyageurs étaient désemparés vendredi matin.
Sabrina Taristas, 42 ans, cherchait à partir à Toulouse, dans le sud-ouest de la France. "Si je reste jusqu'à dimanche pour un départ, est-ce qu'il y aura un hôtel de prévu ? Ou est-ce que tout sera à ma charge ?", s'est-elle interrogée auprès de l'AFP. Lara, 30 ans, devait prendre un avion pour aller de Paris à Berlin avec son conjoint.
"Le vol était prévu pour jeudi soir mais nous avons été informés mercredi qu'il avait été annulé. Nous avions pu prendre un autre billet, gratuitement, pour vendredi soir, mais il a été supprimé à son tour", a-t-elle expliqué.
"Il a fallu prendre en urgence des billets de train. Résultat, un surcoût de 100 euros et plusieurs heures de trajet en plus", a-t-elle témoigné. De nombreux voyageurs ont annulé des nuitées dans des hôtels, "particulièrement dans les villes avec de gros aéroports comme Nice et Paris", selon l'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie (Umih).
"C'est un peu la panique entre ceux qui arrivent et ceux qui partent, les compagnies aériennes cherchent à reloger leurs clients, c'est compliqué à gérer et ça va leur coûter cher", a expliqué à l'AFP Véronique Siegel, responsable de la branche hôtellerie de l'Umih.
"C'est un très mauvais signal vis-à-vis de l'étranger et ça donne une image catastrophique de la France". Les effets du mouvement se font sentir au-delà des frontières nationales, la principale association européenne de compagnies aériennes, Airlines for Europe (A4E), ayant estimé qu'en Europe, 1.500 vols seraient annulés jeudi et vendredi, "affectant presque 300.000 passagers". *
L'Union des aéroports français a dénoncé dans un communiqué une "stratégie de blocage systématique, qui sacrifie l'intérêt général sur l'autel de revendications difficilement justifiables". Selon la DGAC, le taux de grévistes s'est établi à 26,2% jeudi, 272 contrôleurs ayant pris part au mouvement sur le millier qui étaient alors de service.
Le deuxième syndicat d'aiguilleurs du ciel, l'Unsa-Icna (17% des voix aux dernières élections professionnelles) a lancé ce mouvement pour réclamer de meilleures conditions de travail et des effectifs plus importants.
Il a été rejoint par la troisième force syndicale de la profession, l'Usac-CGT (16%). La compagnie Air France a confirmé avoir été "contrainte d'adapter son programme de vols", sans préciser le nombre des annulations, mais souligné que tous les long-courriers étaient "maintenus".
Une réforme contestée est en cours pour établir un pointage des contrôleurs à la prise de poste, à la suite d'un "incident grave" à l'aéroport de Bordeaux fin 2022, quand deux avions avaient failli entrer en collision. Une enquête en avait fait peser la responsabilité sur une organisation défaillante du travail des aiguilleurs, en dehors du cadre légal et sans respect du tableau de service.
Parmi les griefs de l'Unsa-Icna : "un sous-effectif entretenu et responsable des retards une bonne partie de l'été", des outils obsolètes et "un management toxique, incompatible avec les impératifs de sérénité et de sécurité exigés". Le premier syndicat d'aiguilleurs du ciel, le SNCTA (60% des voix), n'a pas appelé à la grève.
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