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Jamal Sellami, le Marocain qui a concrétisé le rêve des Jordaniens
07/06/2025 - 07:56
Khawla Znaizini | Morad Karakhi
"Personne ne compromettra notre rêve de qualification pour la Coupe du monde. Il nous reste deux rencontres décisives face à Oman et à l’Irak. Elles seront cruciales et historiques, surtout si l’Irak perd face à la Corée du Sud", a déclaré Jamal Sellami, sélectionneur de l’équipe nationale jordanienne, avant le dernier stage d’entraînement à Dammam.
Depuis sa nomination à la tête de la sélection jordanienne en juin 2024, en succession de son compatriote Houcine Ammouta, Jamal Sellami a affirmé que la qualification de la Jordanie pour la Coupe du Monde 2026 est un objectif clair. Un rêve immense, qu’il qualifiait lui-même d’"étape inimaginable" pour le football jordanien.
En dominant le Sultanat d’Oman 3-0, et en profitant de la défaite de l’Irak face à la Corée du Sud 2-0, la Jordanie a décroché pour la première fois de son histoire son billet pour une phase finale de Coupe du Monde 2026.
Un an plus tôt, à 54 ans, Sellami a accepté ce nouveau défi. Choisi pour poursuivre la dynamique activé par Ammouta, qui avait mené la Jordanie à son meilleur parcours en Coupe d’Asie, il s’engageait avec ambition et lucidité: "Je connais le potentiel de ce groupe, mais le chemin sera semé d’obstacles", affirme Jamal Sellami.
Malgré les absences de plusieurs cadres blessés, Sellami a su amener son équipe vers les sommets. Comme l’a résumé l’ancien international jordanien Haytham Choubol à l’Agence France-Presse:" Il a surmonté toutes les difficultés avec intelligence."
Cette qualification récompense à la fois la progression du football jordanien et la carrière d’un homme guidée par la passion, la patience et la détermination.
Une passion née à Casablanca
Dans une déclaration à SNRTnews, un proche de Jamal Sellami a affirmé que la vocation de Jamal Sellami s’est révélée très tôt. Dès son enfance, alors qu’il jouait au sein de l’Association du Lait de Casablanca (Olympique Casablanca) au début des années 1980, il profitait de ses moments libres pour entraîner les enfants de son quartier. Discipline, engagement et sens du collectif étaient déjà les piliers de son approche.
Âgé de 12 ans, Jamal Sellami a tenté sa chance avec le Raja Casablanca, mais son parcours le ramène finalement à l’Association du Lait. Il y connaîtra une belle ascension, avec notamment une Coupe du Trône en 1991, un championnat national en 1994 et trois Coupes arabes consécutives (1991, 1992 et 1993).
Raja Casablanca, passion et tremplin vers l’élite
En 1995, Sellami rejoint enfin le club qu’il a toujours porté dans son cœur, le Raja Casablanca. Il y vit une période faste, marquée par trois titres de champion consécutifs (1996, 1997 et 1998), d’une Coupe du Trône et surtout de la Ligue des champions africaine en 1997.
L’aventure turque avec Beşiktaş
En 1998, un coup du sort le propulse vers une nouvelle aventure. Aligné exceptionnellement en défense lors d’un match du Raja, il est repéré par John Toshack, alors entraîneur de Beşiktaş. Impressionné, le Gallois recrute immédiatement Jamal Sellami. Entre 1998 et 2001, Sellami remporte deux titres de champion de Turquie (1999 et 2000) et une Supercoupe (1998), consolidant son expérience au plus haut niveau.
Équipe nationale
Appelé pour la première fois en 1994, Sellami ne dispute pas le Mondial américain, mais il est bien présent lors de la Coupe du Monde 1998 en France sous la houlette d’Henri Michel. Avec 39 sélections au compteur, il participe aussi à deux Coupes d’Afrique des Nations (1998 et 2000), contribuant à écrire une page solide de l’histoire des Lions de l’Atlas.
L’entraîneur, entre discipline et transmission
Après avoir mis un terme à sa carrière en 2004 au Maghreb de Fès, Sellami se tourne vers l’encadrement. Titulaire du diplôme UEFA Pro, il débute comme adjoint au Raja avant de prendre les rênes du Difaâ El Jadida. Il y réalise une remarquable saison 2008-2009, qui le propulse au sein du staff technique des Lions de l’Atlas.
Il enchaîne ensuite les expériences au Hassania d’Agadir, au FUS de Rabat, puis à nouveau à El Jadida. De 2016 à 2018, il dirige la sélection marocaine des joueurs locaux et remporte le CHAN 2018 au Maroc. Un sacre national qui assoit sa réputation.
En 2019, Sellami revient au Raja pour écrire une nouvelle page glorieuse. Il mène le club au titre de champion du Maroc lors de la saison 2019-2020. Bien que contraint de démissionner en avril 2021 sous la pression populaire, son passage reste marqué par le renouveau du club.
Il dirige ensuite brièvement la sélection marocaine U17, qu’il mène à la victoire au tournoi international d’Antalya.
Un leader au service du collectif
Proche de ses joueurs, Sellami allie rigueur tactique et intelligence relationnelle. S’il insiste sur la discipline, il valorise aussi l’écoute, la proximité et la motivation individuelle. Il participe aux rassemblements, dialogue avec ses cadres, et cultive la confiance, ce qui fait de lui un entraîneur respecté.
Aujourd’hui, son nom est entré dans l’histoire du football jordanien. En guidant la sélection vers la Coupe du Monde 2026, Jamal Sellami a non seulement concrétisé un rêve collectif, mais aussi confirmé son statut d’entraîneur accompli. Une trajectoire inspirante, entre fidélité à ses racines et ouverture sur le monde.
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