Société
Journée mondiale de la météorologie: Quelles mesures le Maroc a-t-il mises en place pour garantir des prévisions fiables?
18/03/2026 - 17:04
Halima Aamir
À l’instar des autres pays du monde, le Maroc célèbre, le 26 mars, la Journée mondiale de la météorologie, organisée chaque année sous le thème "Observer aujourd’hui pour protéger demain". Cette célébration met en avant le rôle fondamental de l’observation météorologique et climatique dans la compréhension du système terrestre et dans le renforcement de la protection des vies humaines et des biens. Elle repose notamment sur les observations météorologiques, qui constituent le socle des prévisions fiables et des systèmes d’alerte précoce.
La météorologie joue en effet un rôle central dans la sauvegarde des vies humaines. Elle ne se limite pas à prévoir le temps, mais englobe également l’analyse de l’évolution du climat et l’anticipation des phénomènes météorologiques dangereux, contribuant ainsi à la protection des populations et des infrastructures.
Des millions de données collectées chaque jour
À l’échelle mondiale, des millions de données sont collectées quotidiennement grâce aux stations d’observation météorologique, aux radars, aux ballons-sondes, aux satellites, ainsi qu’aux réseaux d’observation maritime et aérienne.
Selon les estimations, près de 90 % des données utilisées dans les modèles de prévision numérique du temps proviennent de systèmes d’observation coordonnés à l’échelle internationale.
Dans un communiqué publié à l’occasion de cette journée, la Direction générale de la météorologie (DGM) précise que ces données alimentent les modèles numériques de prévision, permettant de suivre l’évolution de l’atmosphère et d’anticiper les phénomènes météorologiques dangereux. Elles soutiennent également la prise de décision dans plusieurs secteurs stratégiques, notamment l’aviation, l’agriculture, l’énergie et la gestion des ressources hydriques, tout en contribuant à la protection des infrastructures et à la sécurité des populations.
La DGM souligne par ailleurs que les avancées technologiques récentes, en particulier dans les domaines du calcul à haute performance, de l’intelligence artificielle et des technologies d’observation par satellites de nouvelle génération, ouvrent des perspectives prometteuses pour améliorer la précision des prévisions, renforcer les systèmes d’alerte précoce et appuyer les politiques d’adaptation aux changements climatiques et de réduction des risques de catastrophes.
Le communiqué met également en avant le Système mondial intégré des systèmes d’observation (WIGOS), relevant de l’Organisation météorologique mondiale, qui permet d’unifier et de coordonner les observations issues de milliers de stations terrestres, maritimes et aériennes, ainsi que des satellites à travers le monde.
Ce système constitue, ajoute la même source, un pilier de l’initiative mondiale « Alerte précoce pour tous », portée par les Nations unies, visant à garantir un système d’alerte efficace face aux risques et phénomènes météorologiques et climatiques d’ici 2027.
Qu’en est-il du Maroc ?
La Direction générale de la météorologie indique que cette journée est aussi l’occasion de mettre en lumière les progrès importants réalisés par le Maroc en matière d’observation météorologique et climatique, dans le but d’améliorer la qualité des prévisions et de mieux comprendre la variabilité du climat.
Dans ce cadre, Houcine Youaabed, chef du service communication et partenariats au sein de la DGM, explique que le Maroc a, ces dernières années, renforcé ses systèmes d’alerte météorologique. Il souligne leur importance dans la gestion de la situation exceptionnelle qu’a connue le Royaume durant les dernières semaines de l’hiver 2025-2026.
Dans une déclaration à SNRTnews, il précise que la DGM, en coordination avec plusieurs partenaires, a déployé des efforts importants pour gérer cette situation, notamment à travers la publication de nombreux bulletins météorologiques destinés à informer les citoyens de l’évolution des conditions climatiques et des quantités de précipitations attendues.
Des bulletins d’alerte de niveau rouge ont même été émis à plusieurs reprises lors de situations exceptionnelles, permettant aux différents intervenants de prendre les mesures nécessaires, que ce soit pour la gestion des ressources en eau dans les barrages ou au niveau des autorités locales, régulièrement informées.
Selon lui, ces efforts ont renforcé la coordination entre les différents acteurs, faisant de l’expérience marocaine en matière de gestion des inondations un modèle à suivre.
Renforcement des dispositifs d’observation
Concernant la gestion des catastrophes, Houcine Youaabed souligne que la densité des équipements d’observation contribue à améliorer la précision des prévisions, notamment en matière d’alerte précoce, insistant sur l’importance de déterminer avec précision les volumes de précipitations attendus.
Il met également en avant le rôle des stations automatiques, dont le nombre a été renforcé, ainsi que celui des radars de suivi des conditions météorologiques, en particulier dans les zones fortement exposées aux précipitations.
Il évoque aussi l’importance des radars maritimes installés par le Maroc, au nombre de six, qui jouent un rôle déterminant, grâce à la modélisation numérique, dans la prévision de l’état de la mer et la limitation de ses impacts.
La DGM indique que le réseau national d’observation météorologique a connu, ces dernières années, une expansion notable. Il compte aujourd’hui plus de 433 stations automatiques d’observation de surface réparties à travers le Royaume et exploitées par 44 centres météorologiques régionaux, assurant ainsi une couverture territoriale plus fine.
Ce réseau comprend également huit radars météorologiques, cinq stations de sondage des couches supérieures de l’atmosphère, huit systèmes de détection de la foudre et six radars dédiés à la surveillance du domaine maritime, renforçant ainsi le suivi des conditions météorologiques le long des côtes marocaines.
Satellites et infrastructure numérique de pointe
Enfin, la Direction générale de la météorologie souligne qu’elle bénéficie des capacités avancées offertes par les satellites de troisième génération (MTG), permettant une surveillance quasi continue de l’atmosphère au-dessus de l’Afrique et de l’Europe, ce qui améliore considérablement la détection précoce des phénomènes météorologiques extrêmes.
Par ailleurs, le renforcement continu des équipements d’observation dans les aéroports contribue à améliorer les services de navigation aérienne et à renforcer la sécurité des opérations.
L’ensemble de ce dispositif repose sur une infrastructure numérique avancée. La DGM dispose en effet d’un centre de données moderne conforme aux normes internationales (TIER III), garantissant un haut niveau de disponibilité, de sécurité et de fiabilité des services numériques.
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