Société
La baisse des dons en été engendre une pénurie de sang
24/08/2024 - 17:18
Ouiam Faraj
Les centres de transfusion sanguine à travers le Maroc font face à une grave pénurie de sang, due à une baisse des dons pendant la période estivale, qui coïncide avec les vacances d'été, entraînant une diminution du nombre de donneurs.
Docteure Hind Zejli, responsable de la communication et des campagnes au centre régional de transfusion sanguine de Casablanca, a souligné que cette pénurie atteint son pic durant l'été, particulièrement en août. Elle a précisé que le stock actuel de sang ne couvre que deux à trois jours, ce qui est insuffisant pour répondre aux besoins croissants des patients.
Don compensatoire
Mme Zejli a expliqué, dans une déclaration à SNRTnews, que cette pénurie touche l'ensemble des centres de transfusion sanguine à l'échelle nationale, mais elle est plus sévère dans la région de Casablanca-Settat, qui est la plus grande du Maroc et consomme le plus grand nombre de poches de sang.
Elle a également évoqué plusieurs facteurs aggravant cette situation, malgré les efforts déployés pour y remédier. Parmi ceux-ci, le fait que le don de sang n'est pas obligatoire, les vacances d'été coïncidant avec l’Aïd Al-Adha, et l’absence de remplacement du personnel des centres de transfusion sanguine partis à la retraite.
Malgré les politiques proactives mises en place par les centres de transfusion sanguine, des imprévus surviennent souvent, comme l’annulation de campagnes de don prévues avec certaines institutions. Ce contexte ne laisse alors place qu’au "don compensatoire", réalisé par les proches des patients hospitalisés. Cependant, ce type de don ne permet pas de constituer un stock de sécurité, qui dépend principalement des donneurs volontaires.
Ikram Achahboun, responsable de la sensibilisation et de la communication au centre national de transfusion sanguine à Rabat, a indiqué à SNRTnews que les besoins en sang s’élèvent à environ 1000 poches par jour au niveau national. La région de Casablanca-Settat représente à elle seule 50% de cette demande, tandis que la région de Rabat-Salé-Kénitra nécessite environ 250 poches par jour. Dans les autres régions, les besoins varient entre 30 et 100 poches par jour.
600 poches de sang par jour à Casablanca
Concernant la pénurie croissante dans la région de Casablanca-Settat, la docteure Hind Zejli a précisé que la ville de Casablanca à elle seule a besoin de 600 poches de sang par jour, tandis que 300 poches peuvent suffire pour un mois entier dans d'autres régions du Maroc. Elle a également souligné le déséquilibre entre les régions, Casablanca recevant des patients de tout le pays.
Mme Zejli a rappelé que l'Organisation mondiale de la santé (OMS) recommande que les centres de transfusion sanguine disposent d’un stock de sang couvrant au moins 10 jours pour assurer une sécurité transfusionnelle suffisante. Pourtant, à Casablanca, en août, le stock ne dépasse souvent pas deux jours et demi.
En outre, elle a alerté sur la gravité de cette situation et ses conséquences pour les patients qui ont besoin quotidiennement de sang, précisant que le nombre de patients augmente constamment, notamment ceux souffrant de maladies chroniques nécessitant des transfusions régulières, les femmes enceintes durant l’accouchement, et les victimes d’accidents de la route, plus nombreuses en été. S'ajoutent à cela les patients qui ont besoin de transfusions tous les 20 jours.
Mme Zejli a lancé un appel à tous les Marocains pour qu'ils se mobilisent et consacrent entre 8 et 15 minutes de leur temps pour donner leur sang dans les différents centres du pays, précisant que ce petit geste peut sauver trois vies.
Elle a rappelé que les Marocains ont démontré leur générosité au plus fort de la pandémie de Covid-19, lorsque les stocks de sang les plus élevés ont été enregistrés au niveau national et régional. Elle a exhorté la population à se rendre dans les centres de don de sang à travers le pays, et à redoubler d’efforts à Casablanca, en raison du grand nombre d’hôpitaux et de cliniques dans cette ville, ainsi que du CHU, qui à lui seul nécessite plus d’un tiers de la production nationale de sang.
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