Politique
La Cour des Comptes pointe les lacunes structurelles et organisationnelles des partis politiques
27/05/2025 - 17:44
Mohammed Fizazi
La Cour des Comptes a publié son rapport d’audit des comptes des partis politiques au titre de l’année 2023, mettant en lumière des insuffisances persistantes en matière de gestion administrative, financière et organisationnelle
Dans le cadre de son accompagnement des partis, la Cour a adressé un questionnaire portant sur divers aspects de gestion. Vingt-deux partis sur les vingt-sept ayant produit leurs comptes ont répondu, permettant une analyse approfondie.
Ressources humaines : des effectifs limités et inégalement répartis
Le rapport souligne l’importance de renforcer les ressources humaines des partis. Entre 2021 et 2023, le nombre d’employés est resté stable, oscillant entre 244 et 254 pour les 22 partis répondants. Deux formations politiques (PI et PAM) concentrent 61 % de ces effectifs, tandis que six partis ne disposent d’aucun employé. En parallèle, huit partis ont recours à des bénévoles, quatre d’entre eux en dépendant entièrement. En 2023, ces bénévoles étaient au nombre de 127.
Concernant les qualifications, 35 % des employés détiennent une licence ou un diplôme supérieur, 25 % un diplôme de technicien, 19 % un baccalauréat, tandis que 21 % ne possèdent aucun diplôme ou des qualifications non spécifiées. La formation continue reste quasi inexistante, seuls deux partis déclarant avoir mis en place un programme en ce sens.
Organisation territoriale : une présence majoritaire mais incomplète
Sur le plan territorial, 20 partis déclarent disposer de 7 520 structures réparties en 148 régionales, 891 provinciales et 6 481 locales. Deux partis invoquent des contraintes financières pour justifier l’absence de structures régionales. En outre, 18 partis possèdent 95 organisations parallèles (jeunesse, femmes, professionnelles, etc.), tandis que quatre partis n’en ont pas.
Sociétés affiliées : une gestion hétérogène
Six partis ont déclaré détenir sept sociétés opérant dans les domaines de la presse, de l’édition et de l’impression. Toutefois, les mécanismes de contrôle de ces entités varient considérablement. Un seul parti affirme que ses sociétés font l’objet d’un suivi régulier par une commission interne.
Budgétisation : une formalisation encore insuffisante
Seize partis affirment adopter des budgets annuels, semestriels ou basés sur leurs activités, mais seuls deux d’entre eux étendent cette pratique à leurs structures territoriales. En outre, un seul parti soumet son budget à une approbation formelle par ses instances dirigeantes.
Procédures internes : des pratiques à renforcer
Dix partis disposent d’un système de suivi pour les cotisations, contributions et dons. Cinq possèdent un manuel de procédures administratives et financières. Seuls sept partis ont établi des fiches de poste pour leur personnel administratif, traduisant une organisation interne encore perfectible. Par ailleurs, seuls 12 partis suivent leur patrimoine via une procédure formalisée, et 11 procèdent à des inventaires périodiques.
Le rapport met ainsi en évidence des faiblesses structurelles récurrentes au sein des partis politiques, notamment en matière de ressources humaines, de gestion budgétaire et de procédures administratives, appelant à un renforcement des mécanismes de gouvernance interne.
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