Sport
La Fédération mondiale de boxe introduit un test de genre obligatoire
03/06/2025 - 20:43
Meriem Khaer | AFP
Pour vérifier l’éligibilité des boxeurs et boxeuses, World Boxing mettra en place des tests obligatoires de dépistage du genre. Cette mesure s’inscrit dans le cadre d’une nouvelle politique Genre, Âge et Poids, à fin d’assurer la sécurité des athlètes et à garantir des conditions de compétitions équitables entre hommes et femmes.
Cette politique, actuellement en cours de finalisation, a été élaborée par un groupe de travail convoqué par le Comité médical et antidopage de World Boxing. Ce groupe a analysé un large échantillon de données et de preuves médicales, tout en menant de vastes consultations auprès d’autres disciplines sportives et d’experts internationaux.
Le journaliste sportif Alan Abrahamson a dévoilé sans son article publié sur le site 3 Wire Sports, qu’un test a été effectué en Inde en marge des Championnats du monde 2023, a révélé que la boxeuse algérienne Imane Khelif possède des chromosomes masculins.
D’après un article publié par Le Parisien, l’analyse a été réalisée dans un laboratoire à New Delhi, suite à la demande de l’IBA, la fédération chargée de superviser la boxe amateur. Sans fournir d’explications précises, cette dernière a exclut Khelif, et la boxeuse taïwanaise Lin Yu-ting, également couronnée aux Jeux olympiques de Paris.
Tous les athlètes de plus de 18 ans qui souhaitent participer à un tournoi organisé ou sanctionné par World Boxing devront désormais se soumettre à un test génétique PCR "afin de déterminer leur sexe à la naissance et leur éligibilité à concourir", déclare l'instance dans un communiqué.
World Boxing, la fédération reconnue par le CIO qui régira la boxe aux JO-2028, a expliqué mettre en place cette mesure à la suite de la controverse née de la participation aux JO-2024 de l'Algérienne Imane Khelif, médaillée d'or à Paris.
L'organisation explique avoir pris cette décision pour répondre aux "préoccupations concernant la sécurité et le bien-être de tous les boxeurs, y compris Imane Khelif".
Aux Jeux de Paris, Khelif s'était retrouvée malgré elle au centre d'une polémique sur le genre et avait été la cible d'attaques et d'une campagne de désinformation menée par les milieux conservateurs, la présentant comme un "homme combattant des femmes". La boxeuse de 26 ans s'était imposée en finale des -66 kg.
World Boxing a déclaré avoir informé la Fédération algérienne de boxe dans un courrier que Khelif devrait se soumettre à un test de genre si elle souhaitait participer à la Box Cup d'Eindhoven, aux Pays-Bas, du 5 au 10 juin prochain, ou à tout autre de ses événements.
La politique de World Boxing en est à son "stade final de développement" et a été élaborée par un groupe de travail "qui a examiné des données et des preuves médicales provenant d'un large éventail de sources et a largement consulté d'autres sports et des experts à travers le monde", est-il précisé.
"World Boxing respecte la dignité de tous les individus et sa priorité absolue est d'assurer la sécurité et l'équité des compétitions pour tous les athlètes", ajoute l'instance. "Pour ce faire, il est essentiel que des catégories strictes, déterminées par le genre, soient maintenues et appliquées, ce qui signifie que World Boxing n'organisera des compétitions que pour les athlètes classés comme hommes ou femmes."
Les fédérations nationales seront responsables des tests et devront confirmer le sexe de leurs athlètes lors de leur inscription aux compétitions en produisant une certification de leur sexe chromosomique, tel que déterminé par un test PCR.
Le test PCR est une technique de laboratoire utilisée pour détecter des spécificités génétiques, en l'occurrence le gène SRY, qui révèle la présence du chromosome Y, indicateur du sexe biologique. Le test peut être réalisé par un prélèvement nasal ou buccal, ou d'un échantillon de salive ou de sang.
Le sacre de Khelif sur le ring de Paris-2024, de même que celui de la Taïwanaise Lin Yu-ting chez les -57 kg, avait déclenché un débat dans lequel des personnalités comme Donald Trump, Elon Musk ou JK Rowling s'étaient engouffrées.
Les deux boxeuses, soutenues constamment par le Comité international olympique (CIO) et qui ont toujours concouru chez les femmes, avaient été interdites de participer aux Mondiaux-2023 par la Fédération internationale de boxe (IBA), elle-même écartée par le CIO pour des raisons liées aux finances, à l'éthique et à la gouvernance de cette organisation présidée par le Russe Umar Kremlev.
Après avoir géré les épreuves de boxe de Tokyo-2021 et de Paris-2024, le CIO a accordé en février dernier sa reconnaissance provisoire à la jeune fédération internationale World Boxing, créée en 2023, pour prendre le relais à Los Angeles.
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