Société
La HACA: La protection des données personnelles à l'ère numérique, une nécessité pressante et une responsabilité partagée
28/01/2025 - 18:53
SNRTnews
Face aux bouleversements majeurs que connaît le monde numérique, la question de la protection des données personnelles s'impose comme l'un des défis les plus cruciaux pour les sociétés contemporaines.
Dans une intervention prononcée au nom de la présidente de la Haute Autorité de la Communication Audiovisuelle (HACA), Latifa Akharbach, Khalid El Ouarai, directeur de cabinet, a souligné que la protection des données personnelles est devenue un besoin humain pressant dans cette ère d'existence numérique croissante. Il a également mis en avant le lien étroit entre la protection des données personnelles et des droits humains fondamentaux tels que la liberté d'expression et l'accès à l'information.
Cette intervention s'est tenue dans le cadre d'un colloque national organisé par la Commission Nationale de Contrôle de la Protection des Données à Caractère Personnel (CNDP), ce lundi 27 janvier 2025 à Rabat. Cette rencontre a exploré le thème de la protection des données personnelles et son lien avec les valeurs constitutionnelles.
Le colloque s'inscrit dans le cadre de la Semaine de la protection des données personnelles et du respect de la vie privée, qui se déroule jusqu'au 31 janvier, en célébration de la Journée mondiale de la protection des données, le 28 janvier, ainsi que du 15ᵉ anniversaire de l'entrée en vigueur de la loi n° 08-09 relative à la protection des personnes physiques à l'égard du traitement des données à caractère personnel.
Latifa Akharbach a souligné que la protection des données personnelles va au-delà d'une exigence juridique ou de droits, pour devenir un besoin humain touchant au cœur de la vie des individus. Avec l'expansion de l'espace numérique et l'émergence des plateformes de réseaux sociaux, les données personnelles sont devenues une matière première souvent surexploitée. Parmi les violations courantes figurent la fuite de données ou leur utilisation sans consentement préalable, ce qui représente une menace grave pour la vie privée des individus.
Dans ce sillage, l'intervention a insisté sur le fait que tout traitement de la question de la protection des données doit passer par une approche basée sur les droits. Cette perspective s'aligne sur les textes internationaux et la Constitution marocaine, qui accorde une importance capitale à la protection de la vie privée.
Les statistiques mondiales reflètent l'ampleur des défis liés aux données massives. Le volume des données numériques a été multiplié par 30 au cours de la dernière décennie, et cette croissance devrait s'accélérer avec des technologies émergentes telles que l'intelligence artificielle et la blockchain. Bien que porteuses de promesses, ces technologies complexifient davantage le paysage numérique, rendant la protection des données personnelles encore plus indispensable.
Akharbach a également indiqué que les données massives constituent un moteur essentiel de l'économie numérique, tout en ayant des effets négatifs, comme leur exploitation dans des campagnes de désinformation ou leur utilisation à des fins malveillantes, telles que le chantage numérique et la diffamation. Un exemple concret mentionné dans l'intervention est l'utilisation des données personnelles pour orienter des campagnes électorales ou diffuser de fausses informations, ce qui menace la crédibilité des institutions démocratiques.
L'une des problématiques essentielles évoquées est le droit à l'oubli numérique, devenu une revendication mondiale urgente. Les violations répétées de la vie privée dans l'espace virtuel aggravent l'autocensure et sapent la liberté d'expression, par crainte de surveillance ou pour éviter les conséquences de la stigmatisation, du mépris et du harcèlement.
Le discours a également souligné le rôle fondamental des médias dans la sensibilisation à l'importance de la protection des données personnelles. En favorisant la littératie numérique, les médias peuvent contribuer à créer une prise de conscience collective permettant aux individus d'utiliser la technologie de manière sécurisée.
En outre, il a été rappelé que la collecte des données doit être effectuée de manière éthique et utilisée pour produire des contenus médiatiques et culturels répondant aux aspirations du public local. Ce lien entre la protection des données et la production médiatique constitue une opportunité de renforcer la confiance du public dans les institutions médiatiques, avec des retombées positives sur l'industrie culturelle dans son ensemble.
Akharbach a appelé à l’établissement d’un cadre juridique strict pour réguler le fonctionnement des plateformes numériques, garantissant le respect des données personnelles et empêchant leur exploitation à des fins lucratives illégitimes. Elle a salué les initiatives européennes en la matière, tout en notant que ces efforts se heurtent encore à des défis majeurs en raison de la domination des grandes entreprises technologiques.
La protection des données personnelles nécessite également l’instauration d’une culture communautaire sensibilisant à leur importance en tant que droit fondamental lié à la qualité de vie à l’ère numérique. En renforçant la littératie numérique, les citoyens peuvent contribuer à la création d’un espace numérique plus sûr et respectueux de la vie privée.
Pour conclure, Akharbach a salué le rôle de la CNDP, affirmant que la protection des données n’est pas uniquement une question technique ou juridique, mais une pierre angulaire pour renforcer la démocratie et protéger les droits humains dans le monde numérique.
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