Société
Lancement de l’Ozempic au Maroc : innovation pour les diabétiques, tentation pour les non-diabétiques
22/11/2025 - 09:13
Khaoula Benhaddou
Le laboratoire danois Novo Nordisk a officiellement lancé l’Ozempic au Maroc, un traitement innovant à base de Sémaglutide destiné aux personnes atteintes de diabète de type 2. Ce médicament fait déjà face à une polémique, en raison de son usage détourné pour la perte de poids, une dérive qui inquiète les autorités sanitaires dans plusieurs pays.
Le lancement officiel de l’Ozempic a eu lieu il y a quelques jours à Marrakech, en présence de médecins endocrinologues, diabétologues et spécialistes de la santé comme le confirme Dr Jamal Belkhadir, président de la Ligue Marocaine de Lutte contre le Diabète, qui a déclaré à SNRTnews: "un événement de marque a été organisé à Marrakech pour annoncer le lancement de l’Ozempic au Maroc. Cet événement a été marqué par la présence de plusieurs médecins spécialistes qui ont été informés des protocoles d’utilisation et des profils de patients éligibles".
Et d’ajouter: "l’Ozempic sera disponible dans les pharmacies dans les jours à venir. Le prix devrait se situer autour de 1.000 dirhams par mois. Ce médicament ne sera pas remboursé par la CNOPS, l’AMO ni la CNSS. Certaines assurances privées pourraient éventuellement le couvrir".
Qu’est ce que l’Ozempic?
L’Ozempic est un traitement à base de Sémaglutide, injecté une fois par semaine, et disponible en trois dosages. Commercialisé dans plusieurs pays, ce médicament permet une amélioration du contrôle glycémique, réduction des risques cardiovasculaires et amélioration de la qualité de vie des personnes diabétiques. Il constitue une avancée notable dans la prise en charge du diabète de type 2, maladie en croissance continue au Maroc.
Une utilisation exclusive pour les diabétiques
Ce traitement sera prescrit exclusivement pour le diabète, conformément à son autorisation de mise sur le marché (AMM) "Le médicament est prescrit pour le diabète, dans des cas particuliers de protection cardiovasculaire et rénale. Il nécessite une surveillance médicale stricte. C’est un médicament qui doit être pris avec un dosage et une posologie bien déterminée ce n'est pas une vitamine à prendre à la légère", insiste le Dr Belkhadir.
Pas d’autorisation pour traiter l’obésité au Maroc
Selon le spécialiste, ce médicament doit être prescrit par les médecins pour des cas bien précis de diabète et surtout pas pour la perte de poids "le Sémaglutide a été utilisée dans plusieurs pays pour la perte de poids. Or, je tiens à préciser que les médecins marocains ne sont pas autorisés à le prescrire pour traiter l'obésité, même si certains patients pourraient être tentés d’y recourir ," et d’ajouter: "le Sémaglutide approuvé pour traiter l’obésité arrivera au Maroc en 2026".
Une polémique mondiale : l’usage détourné pour maigrir
Si l’arrivée de l’Ozempic suscite un intérêt légitime chez les diabétiques marocains, elle intervient dans un contexte international marqué par une vive controverse.
Dans plusieurs pays, notamment en Europe et aux États-Unis, l’Ozempic est devenu un phénomène de mode, plébiscité pour ses effets rapides sur la perte de poids, et utilisé par des personnes non diabétiques parfois sans supervision médicale.
Cet usage non conforme du sémaglutide peut provoquer plusieurs problèmes de santé comme des pancréatites, des risques de déshydratation sévère, des troubles gastro-intestinaux persistants, des hypoglycémies, et des risques cardiovasculaires en cas d’inadaptation du dosage.
Pour faire face à cela, plusieurs pays ont dû mettre en place plusieurs dispositifs spécifiques : comme la surveillance renforcée des prescriptions, la restriction de délivrance en cas de suspicion d’usage non conforme,
D’autres pays européens font face aux mêmes dérives notamment des ruptures d’approvisionnement, augmentation des prix, et multiplication des consultations pour effets secondaires liés à un usage non encadré.
Si l’Ozempic porte l’espoir d’une meilleure qualité de vie pour les diabétiques marocains, il rappelle aussi combien la pression sociale autour du poids peut transformer un médicament en objet de consommation risqué.
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