Art & Culture
Le Centre de culture judéo-marocaine de Bruxelles, un haut lieu de mémoire
16/06/2022 - 13:42
MAP
Le Centre de la culture judéo-marocaine (CCJM), basé à Bruxelles, est un haut lieu de mémoire culturelle, symbole d’une coexistence harmonieuse entre les communautés juive et musulmane au Maroc.
En effet, cet espace mémorial au tracé historique témoigne de la richesse millénaire de la culture marocaine, avec ses différentes composantes et affluents identitaires, qui font la singularité du Royaume et prouvent la force du mot "Tamghrabit" (marocanité).Le CCJM tire sa renommée du trésor culturel qu'il abrite, avec un musée qui ravive la mémoire du visiteur à travers une collection de 3.500 objets issus du patrimoine marocain, une bibliothèque contenant plus de 10.000 titres et plus de 100.000 manuscrits dédiés au Royaume ainsi qu’une photothèque disposant de plus de 12.000 clichés.
"La création de ce lieu a été motivée par la volonté de faire connaître l’histoire et l’héritage de la culture marocaine, avec toutes ses composantes, aux jeunes belges d’origine marocaine", a indiqué le président du CCJM, Paul Dahan, dans une déclaration à la MAP en marge de la 18ème édition du Festival international Cinéma et migrations qui se tient du 13 au 18 juin à Agadir.
Expliquant la genèse du musée, Dahan a confié que l’idée de création de ce lieu de préservation de la mémoire commune lui est venue après l’acquisition d’un bracelet de mariage acheté à Rissani, il y a quelques années.Et de raconter: "Après une enfance joyeuse passée dans les ruelles de Fès, j’ai quitté ma ville natale à l’âge de 17 ans”.Épris d’un désir de liberté et d’ouverture sur les autres cultures, "j’ai parcouru divers pays avant de m’installer en Belgique", a-t-il dit, notant que depuis sa tendre jeunesse, une fascination pour la mémoire judéo-marocaine l’a toujours habité."A partir de mes 35 ans, j’ai senti la nécessité de retrouver mes origines et mes racines", a-t-il affirmé, précisant que la collection d’objets liés à l’histoire de son pays, le Maroc, a été une manière de retrouver une mémoire "un peu effacée" par les années.
"Mon père est issu de Tafilalet, plus précisément Rissani", a-t-il dit, signalant que lors d’un de ses voyages, il a aperçu un bracelet de mariage en argent dans un magasin de brocante."Je suis entré dans le magasin et j’ai entamé une négociation qui a duré près d’une demi-heure, pour que le marchand me questionne en arabe sur mes origines, après avoir remarqué que ma manière de négocier était typique de la région", a rappelé Dahan avec un brin de nostalgie. Selon lui, il a, à ce jour, constitué l’une des plus grandes collections au monde sur le Maroc. Après sa première acquisition, le président du CCJM a commencé à collectionner énormément de manuscrits en hébreu, en arabe et en espagnol, entre autres langues, toujours dédiés à la culture marocaine.
"Ces manuscrits traitent de sujets aussi divers que la poésie, les traditions de mariage ou encore les rituels d'abattage des animaux selon la Kashrout (ensemble des prescriptions alimentaires relatives à la religion juive)", a-t-il expliqué.En plus des collections permanentes, une vingtaine d’expositions ont été organisées qui, dans leur majorité, sont liées à la mémoire et au patrimoine à l’instar des expositions "L’autre c’est moi : l’exemple des communautés juives et musulmanes du Maroc" ainsi que "Le Maroc et l'Europe : six siècles dans le regard de l'autre", a fait savoir M. Dahan.
Ce passionné de mémoire et de recherche a relevé que le Royaume se présente aujourd'hui comme un havre de paix et une terre d’hospitalité ouverte à toutes les communautés, ce qui fait sa singularité.Par ailleurs et depuis 2002, le Centre organise des expositions et autres manifestations, en Belgique et en Europe, centrées sur l'expérience historique et culturelle des juifs du Maroc, laquelle s'est forgée durant deux mille ans dans un contexte particulier de multiculturalisme.
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