Société
Après le baccalauréat : quand l'avenir devient une source d'interrogations
04/07/2026 - 19:07
Nada Essabaissi | Khalil RouasPour de nombreux bacheliers, l’obtention du diplôme marque le début d'un véritable marathon psychologique, souvent caractérisé par un profond épuisement.
À Casablanca, Malak Nait Ouali vient tout juste de décrocher son baccalauréat en sciences économiques et gestion avec la mention Très Bien.
Pourtant, malgré cette brillante réussite , elle confie au micro de SNRTnews la lourde pression qui pèse sur sa génération: "L'enchaînement des examens et des concours épuise les élèves, souvent désemparés face à des perspectives d'orientation restreintes et un flot continu de conseils contradictoires."
Soukaina Zinneddine, psychologue clinicienne à Casablanca, souligne au micro de SNRTnews que cet épuisement post-bac est une réalité clinique majeure. Après une année sous haute tension, rythmée par le stress et les insomnies, les diplômés arrivent sur le marché de l'orientation totalement "lessivés", tant sur le plan cognitif qu'émotionnel.
Sous la contrainte du temps, pressés par l’enchaînement immédiat des concours, les jeunes se trouvent obligés de faire des choix de vie cruciaux, parfois au détriment de leurs propres aspirations.
Ce blocage est souvent aggravé par l'attitude de l'entourage. L'experte insiste sur le fait que les parents doivent impérativement arrêter de projeter leurs propres rêves ou leurs ambitions manquées sur leurs enfants, sous peine de provoquer des ruptures ou des blocages sévères après quelques années d'études.
Pour préserver leur santé mentale, elle préconise une priorité absolue au repos, une introspection personnelle et, de la part des parents, une véritable écoute active. Cette réalité psychologique se reflète fidèlement dans le quotidien des bacheliers.
Pour surmonter ce cap et éviter le brouillard mental décrit par les spécialistes, Malak Nait Oualia a eu la chance d'évoluer dans un environnement familial serein, illustrant parfaitement l'accompagnement sain recommandé par les professionnels. "Ma mère me laisse la liberté de choisir ma voie", confie-t-elle.
"Je sollicite son avis pour son expérience, mais au final, la décision me revient". En définitive, le mot d'ordre pour cette transition demeure l'écoute active: accompagner sans imposer, guider sans étouffer.
C'est en laissant aux jeunes adultes l’espace pour s'exprimer et choisir librement, à l'image du parcours de Malak Nait Oualia, qu'ils pourront dissiper l'anxiété de l'avenir et construire un parcours qui leur ressemble.
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