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Le championnat argentin en plein renouveau économique espère, enfin, des résultats
24/08/2025 - 14:10
AFP
Le championnat de football argentin est en plein renouveau, galvanisé par une économie nationale revigorée et le retour au pays d'internationaux, et suscite désormais l'espoir de retrouver un lustre d'antan perdu face au rival brésilien.
L'écart à combler demeure important tant au niveau comptable que des résultats: les six dernières éditions de la Copa Libertadores, l'équivalent de la Ligue des champions, ont été remportées par quatre représentants différents du Brasileiro.
Et lors de la Coupe du monde des clubs en juillet Fluminense (1/2 finale), Palmeiras (1/4) Botafogo et Flamengo (1/8) ont montré l'étendue du talent des clubs brésiliens tandis que les Argentins River Plate et Boca Juniors ne sont pas parvenus à s'extirper de la phase de groupes.
Si le championnat brésilien attire à lui les top joueurs latino-américains, la nouvelle puissance économique du football argentin s'est elle concentrée sur le rapatriement d'internationaux.
Cinq champions du monde avec l'Albiceleste au Qatar-2022 ont signé leur retour ces derniers 18 mois. River Plate, le club qui mène à grands coups de dollars cette nouvelle ère, a recruté les défenseurs Gonzalo Montiel (ex-Séville et Nottingham Forest), German Pezzella (ex-Bétis et Fiorentina) et Marcos Acuna (ex-Séville et Sporting). Son éternel rival, Boca Juniors, en difficulté sur le plan sportif, a engagé le milieu de terrain Leandro Paredes (ex-Juve, PSG, Roma), et Rosario Central, l'ailier Angel Di Maria (ex-Real, Juve, PSG, United, Benfica).
Selon la FIFA, les dépenses en recrutement sont ainsi passées de 11,5 millions de dollars en 2020, en pleine crise économique et inflationniste en Argentine, à 120 millions en 2024.
"C'est plus avantageux aujourd'hui pour un joueur de revenir, car il peut égaler, à peu près, ce qu'il gagnait ailleurs", alors qu'avant "la différence était énorme", explique à l'AFP Gustavo Goni, agent de joueurs.
L'Argentine ne peut cependant retenir ses jeunes pépites, vendues à des clubs européens toujours plus riches. Le montant des transferts a lui aussi connu un coup d'accélérateur la saison dernière, atteignant 348 millions de dollars, inférieur cependant de 70% à celui récolté par les clubs brésiliens qui envoient aussi leurs jeunes talents se forger en Europe.
Hausse des salaires
En poste depuis décembre 2023, le président argentin Javier Milei applique une stricte politique d'austérité qui a permis d'obtenir le premier excédent budgétaire depuis 2010 et de réduire l'inflation, au prix d'une plus grande pauvreté pour une large frange de la société.
Conséquence pour le football, "les salaires en dollars sont meilleurs, ce qui a permis à River, à Boca et à de nombreux clubs de recruter des joueurs de ce calibre", a déclaré à l'AFP l'économiste Christian Buteler, président du cabinet de conseil BSF.
River Plate s'est classé quatrième parmi les clubs de la Conmebol ayant le plus investi dans des transferts en 2023 et 2024, et seul club argentin à figurer dans le top 10 l'année dernière, selon la FIFA.
Entre les saisons 2023 et 2025, il a dépensé l'équivalent de 100 millions de dollars, une augmentation considérable par rapport à 2021-2023 où 33 millions avaient été investis, selon le site spécialisé Transfermarkt.
En plus des champions du monde, les Millonarios de River ont recruté cette année l'international colombien Kevin Castano pour 14,6 millions, et l'attaquant argentin Sebastian Driussi pour 11,3 millions, des montants bien supérieurs aux normes habituelles en Argentine.
"Sentiment d'appartenance"
Mais tout ne tourne pas autour de l'argent, selon l'agent Gustavo Goni. Les clubs argentins tirent les bénéfices d'une culture propre, du "sentiment d'appartenance" des joueurs envers leurs clubs formateurs qui reviennent au bercail, tel Di Maria à Rosario.
La passion dégoulinante du football en Argentine attire également des figures internationales, comme l'Uruguayen Edinson Cavani ou l'Espagnol Ander Herrera qui ont voulu goûter à l'ambiance mythique du stade de La Bombonera de Boca.
Mais l'argent ne fait pas encore le bonheur à Boca, six fois champion de la Libertadores, qui vient tout juste de mettre fin à sa pire série historique de douze matches sans victoire et a été éliminé avant la phase de groupes de la prestigieuse coupe continentale.
Un niveau qu'a su dépasser Velez Sarsfield, le Racing, Estudiantes et River Plate, qualifiés cette semaine pour les quarts de finale.
Un tir groupé en Libertadores que les clubs argentins n'avaient plus réussi depuis 2018, et une finale légendaire Boca-River au stade Santiago-Bernabeu de Madrid.
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