Art & Culture
Le secteur de l’évènementiel: après la crise, la reprise
08/05/2022 - 13:49
Khaoula Benhaddou
Après plusieurs mois d’agonie, le secteur de l’évènementiel renaît de ses cendres. Les festivals, les soirées artistiques et les spectacles reprennent petit à petit au grand plaisir des professionnels. Comment qualifier cette reprise ? Qu’est ce qui a changé ? Et quelles sont les leçons apprises ? Réponses.
Les professionnels du secteur de l’évènementiel se frottent les mains. Après des mois de vache maigre, les événements culturels sont à nouveau programmés. "Nous avons vécu deux années cauchemardesques. Nous avons dû reporter à plusieurs reprises des événements d’envergure et nous avons même annulé certains. Heureusement, l’amélioration de la situation sanitaire au Maroc nous a permis de reprendre petit à petit nos activités et de booster le secteur", explique Meryem, chargée de presse dans une agence de communication.
Mehdi Belkhayat, producteur, agent d’événementiel et management artistique a, lui aussi, profité de l'allègement des restrictions sanitaires imposées par la Covid-19 pour donner un "coup de boost" à ses activités. "J'avais 5 dates à Casablanca durant le mois de Ramadan, les 5 spectacles étaient complets. J'avais également le spectacle des "inqualifiables" dans la région de Fès qui a connu un grand succès", note-t-il, non sans fierté.
Si les événements reprennent, les spécialistes du secteur ont remarqué un changement des habitudes du consommateur. "En tant que professionnel de l’évènementiel, j’ai remarqué que la reprise était étonnante. On a senti un public assoiffé de qualité", explique Mehdi Belkhayat.
"Si le digital s’est imposé, il a surtout permis d’éduquer le public dans le bon sens et l’a poussé à faire une sélection qualitative", fait remarquer le spécialiste de l'événementiel.
Concernant la vente des billets, le spécialiste a remarqué que les consommateurs se dirigent de plus en plus vers les billetteries électroniques et les plateformes digitales. "Il y a une grande différence entre Casablanca et les autres régions. À Casablanca, les billets se vendent très rapidement. Mais je dirais que la culture du billet électronique commence à s’installer petit à petit chez le consommateur lambda", explique Belkhayat.
Le spécialiste rappelle aussi que les réseaux sociaux ont permis de remplacer les affiches et les publicités. "On a perdu l’habitude de voir les 4/3, les affiches dans les rues et les publicités dans les journaux. Il suffit de poster une information ou une affiche de spectacle sur les réseaux sociaux pour avoir un excellent retour".
Si ces deux ans ont changé les habitudes des consommateurs, ils ont également poussé certains artistes à augmenter leurs tarifs. "On a remarqué que certains artistes ont profité de cette reprise pour lever les cachets. Je comprends qu’ils sont peut-être passés par une période difficile pendant la Covid-19, mais ce n’est pas une excuse. Nous avons essayé de convaincre quelques-uns à revoir leurs tarifs à la baisse, mais d’autres ont décliné et ont souhaité profiter de la situation", conclut le spécialiste.
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