Economie
MHE: "La pandémie a montré que le Maroc dispose de grandes capacités d'innovation"
18/05/2021 - 21:14
Malak Boukhari
Le Ministre de l’Industrie, du commerce, de l’économie verte et numérique, Moulay Hafid Elalamy, a présidé, mardi 18 mai, à Rabat, une conférence de presse sur les réalisations de l’Agence Maroc PME relatives à la nouvelle génération des programmes d’appui des TPME industrielles.
Maroc PME est "une agence au service des différents ministères pour accompagner leurs petites et moyennes entreprises. Nous avons commencé avec le ministère de l’industrie, mais nous souhaitons que l’ensemble des ministères profitent de la véritable expertise de Maroc PME accumulée au fil des années et qui est à la disposition du pays pour servir les citoyens", a de prime abord annoncé Moulay Hafid Elalamy, ministre de l’Industrie, du commerce, de l’économie verte et numérique.
Cette agence représente aujourd’hui "un élément clé de mise en œuvre du plan de relance industriel qui se positionne en tant que référence nationale en matière d’accompagnement des très petites et moyennes entreprises comme en témoigne son bilan très positif", affirme le ministre.
Cette nouvelle génération de programmes qui ont été mis en place "vient en exécution des Hautes Orientations Royales contenues dans le discours du Trône du 29 juillet 2018", précise Moulay Hafid Elalamy. Et d’ajouter que SM le Roi insistait sur "la mise à jour des programmes d’accompagnement destinés aux entreprises, en particulier ceux visant la facilitation de leur accès au financement, l’accroissement de leur productivité et la formation et mise à niveau de leurs ressources humaines. Le but recherché est bien de rehausser la compétitivité de l’entreprise marocaine, de renforcer ses capacités exportatrices, et d’accroître son potentiel de création d’emplois".
Un investissement global de 2,8 MMDH
L’année 2020 a été marquée par une hausse importante des réalisations au titre des programmes classiques MOWAKABA et ISTITMAR qui ont été améliorés, enrichis et simplifiés. "Le nombre de projets ayant bénéficié de l’appui à l’investissement en 2020 dans le cadre du programme ISTITMAR a atteint 229, soit une augmentation de 50% par rapport à 2019 (152 projets) et de 138% en comparaison avec 2018 (96 projets)", révèle encore Moulay Hafid Elalamy.
Ces projets ont permis de générer selon lui "un investissement global de 2,8 MMDH et créer 25.357 emplois directs et indirects, dont 15.960 emplois directs engagés. Quant au programme d’appui en expertise technique et conseil MOWAKABA, le nombre de TPME bénéficiaires a augmenté en 2020 de 58% par rapport à 2019 et de 78% si on compare avec 2018".
En ce qui concerne les actions déployées à travers l’Agence en 2020 pour faire face à la pandémie covid-19, elles ont concerné "77 projets d’investissements en équipements portés par des TMPE nationales. Ces dernières ont bénéficié d’un soutien financier de l’Agence ayant généré un investissement global de 544 MDH et la création de 4.352 emplois directs et indirects, en pleine crise. 624 actions d’accompagnement en conseil et expertise technique ont été également déployées au profit des TPME pour les accompagner dans la reprise de leurs activités post-confinement" détaille le ministre.
Quant à l’écosystème entrepreneurial, Moulay Hafid Elalamy fait savoir que le nombre d’Auto-entrepreneurs inscrits a "augmenté en 2020 de 120% pour atteindre 286 020. Cette tendance baissière s’est poursuivie au cours de 2021 pour atteindre 307 937 Auto-entrepreneurs à fin mars 2021".
Trois nouveaux programmes
En outre, une nouvelle génération de programmes d’accompagnement des TPME a été déployée à travers l’agence dans le cadre du Plan de relance industrielle. Il s’agit notamment du Programme Nawat qui accompagne les TPE, auto-entrepreneurs et porteurs de projets pour réussir le montage de leurs projets, avoir accès au financement et assurer la pérennité et le développement de leurs activités.
Aussi, le Programme Tatwir-Croissance Verte lancée en 2020 pour accompagner la décarbonation des TPME industrielles. "L’Europe va mettre une taxe carbone à partir de 2023, celle-ci va taxer tous les produits qui sont importés en Europe et qui sont fabriqués avec de l’énergie carbone", explique MHE, notant qu’il "est nécessaire d’accompagner les petites entreprises qui n’ont pas les moyens d’atteindre cette décarbonation, c’est-à-dire de faire leur production avec de l’énergie verte".
Autrement dit, à partir de 2023 "la majorité de leurs produits ne rentreraient plus ou rentreraient avec une taxe forte en Europe. Il faut savoir que 65% de nos exportations marocaines sont vers l’Europe, donc si elles ne sont pas décarbonées, on risque d’avoir un certain nombre de soucis à régler", insiste-t-il. D’où l’intérêt du programme Tatwir-Croissance Verte qui offre un accompagnement multiforme alliant l’appui à l’investissement, le conseil et l’expertise technique ainsi que l’appui à l’innovation.
Le troisième Programme s’intitule Tatwir-Startup, ce dernier consiste à accompagner de bout en bout les porteurs de projets de Startup de l’idée jusqu’à l’industrialisation en passant par les différentes phases d’incubation.
La banque de projets
L’ensemble de ces réalisations en forte hausse constatée au titre des différents programmes sont amenées à être renforcées davantage grâce à la dynamique enclenchée par la banque de projets en ligne lancée par le Ministère de l’Industrie et à laquelle ont contribué Maroc PME, les Centres régionaux d’investissement (CRI), les banques, la CGEM et les chambres de commerce.
"Ce projet a donné de très bons résultats et aujourd’hui nous voyons la capacité du Maroc de substituer ces 34 milliards de dirhams par an avec des produits nationaux de qualité et compétitifs, ce qui nous amène à ne pas nous arrêter à ce niveau-là", affirme Moulay Hafid Elalamy.
Il invite l’ensemble des TPME à "profiter pleinement de ces programmes d’accompagnement enrichis et simplifiés pour réussir leur développement et accroître leur potentiel d’exportation et de création d’emploi et de substitution, parce que ce qui nous intéresse c’est qu’on arrête d’importer ce que nous pouvons produire au Maroc".
Le Maroc dispose de grandes capacités de création
La période de la pandémie a montré "à tous les Marocains les capacités que nous avons dans notre pays à la fois d’innovation, de création et de réalisation. Nous avons tout fait, les masques, lorsque le monde en manquait, le Maroc en a exporté, le gel hydroalcoolique, les respirateurs, les lits de réanimation, les thermomètres médicaux, les caméras thermiques et électroniques", souligne le ministre.
Et de poursuivre : "Pendant la pandémie, les PME, mais aussi les grandes entreprises, ont fabriqué les kits de prélèvement, qui étaient tous importés de Chine, il y a eu rupture en Chine, on les importait à 3 dollars. Nous les avons fabriqués au Maroc avec des laboratoires pharmaceutiques dans des conditions exceptionnelles d’hygiène et à 1 dollar, de meilleure qualité que ce qu’on importait et au tiers du prix. Tout ce qui a été fait par la banque de projets est de meilleure qualité et moins cher".
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