Sport
Mondial-2026: Lionel Messi, le chef d'oeuvre hollywoodien
17/07/2026 - 16:18
AFP
Premier match? Triplé! Comme au théâtre, Lionel Messi a donné les trois coups annonciateurs du spectacle à venir en lever de rideau d'une Coupe du monde où l'artiste de 39 ans a régalé ses fans, repoussé des records et amené son Argentine chérie jusqu'en finale.
L'octuple Ballon d'or a offert un millésime 2026 de la plus haute qualité, un mélange de dribbles déroutants et de buts foudroyants, une version plus proche de son âge d'or barcelonais que de son fantôme du PSG.
Et il n'a pas perdu de temps pour le montrer: l'Algérie a pris la foudre (3-0), en deux frappes éclair et un but inscrit en renard des surfaces, comme s'il voulait vite donner tort à ceux qui voulaient l'enterrer.
Le capitaine avait un sourire de gamin au moment de célébrer, enveloppé dans l'amour inconditionnel de ses coéquipiers et de ses supporters, ivres de joie. Comme dit la chanson, "pour les Malouines, pour Diego, pour la dernière de Leo, Argentine, je veux te voir double championne du monde".
Par ces paroles, l'hymne officieux de l'Albiceleste au Mondial-2026, "La Cuarta Estrella" (la 4e étoile), résume sans équivoque l'état d'esprit qui anime la sélection: sur le terrain, il y a dix soldats et un Messi.
"Digne de Hollywood"
Le N.10 a encore marché sur l'eau au deuxième match. Malgré un penalty raté, il a infligé un doublé à l'Autriche (2-0) et s'est accaparé le record de buts marqués en Coupe du monde.
Pourtant, malgré les relances des journalistes, l'humble héros a refusé de tirer la couverture à lui après son coup d'éclat: "J'étais très en colère à cause du penalty."
Ses buts coulent en tout cas comme du Ketchup: un coup franc direct par-ci contre la Jordanie (3-1), l'ouverture du score contre le Cap-Vert (3-2 a.p.) par là et le but de l'égalisation contre l'Egypte (3-2) pour porter son total à huit en six matches.
Ce huitième de finale homérique l'a vu manquer un penalty, encore, puis renverser la table d'un centre millimétré pour Cristian Romero (2-1, 79e) et d'une demi-volée gagnante (83e, 2-2), avant la réalisation de la libération signée Enzo Fernandez (90e+2, 3-2).
Le héros de l'Argentine, porté en triomphe par ses amis, s'est vu si proche de la sortie qu'il s'est effondré en larmes, au coup de sifflet final.
"C'est digne de Hollywood", comme un scénario qui "n'arriverait jamais dans la vraie vie", résume Thierry Henry à l'antenne de Fox Sports. "Ce gars écrit l'histoire avec ses pieds, c'est irréel", insiste l'ancien attaquant français, qui a côtoyé la "pulga" (la puce) au Barça.
Liberté absolue
Certes, Messi ne court plus comme avant, mais il chasse en marchant, il guette la moindre fébrilité, scanne le terrain en quête d'une petite ouverture et il s'engouffre dedans en grand gourmand, vif comme l'éclair.
Son intelligence situationnelle le conduit à se déporter de l'axe vers le côté droit, particulièrement en fin de match, et ses coéquipiers dévoués se chargent de compenser cette liberté créatrice.
"Qu'il fasse ce qu'il veut sur le terrain", comme l'a sans détour rappelé son sélectionneur, Lionel Scaloni, interrogé sur la possibilité que Messi ne soit plus le tireur de penalty attitré après ses deux manqués.
Physiquement, le quasi-quadragénaire a semblé retrouver une seconde jeunesse durant cette sixième Coupe du monde personnelle. Il connaît parfaitement son corps, veille à ne pas faire de courses inutiles et il lui reste une énergie folle à chaque fin de match.
Dès lors, l'ancien international Joe Cole a été bien imprudent quand il a assuré que l'Angleterre, en demi-finale, allait "le mettre au tapis".
Car oui, Messi a surgi au bout d'un sommet suffocant pour réussir deux passes décisives pour Enzo Fernandez (85e) et Lautaro Martinez (90e+2, 2-1) et renverser des Three Lions aux griffes élimées.
Le dernier acte s'écrira dimanche dans le MetLife d'East Rutherford, gigantesque stade de la banlieue new-yorkaise où évolue notamment l'équipe NFL des Giants. Un décor parfait pour le petit génie.
Articles en relations
Sport
Sport
Sport
Sport