Africa
Ngozi Okonjo-Iweala, première femme à la tête de l’OMC
15/02/2021 - 15:37
AFP
L’organisation mondiale du commerce a changé de visage ce lundi 15 février 2021. La Nigériane Ngozi Okonjo-Iweala a été désignée directrice générale de l’organisation, première femme et première personnalité africaine à occuper cette fonction.
L’Organisation mondiale du commerce (OMC) a sa première femme et première Africaine comme directrice générale. Les 164 membres ont désigné, ce lundi 15 février 2021, à Genève par consensus la Nigériane Ngozi Okonjo-Iweala comme patronne après des mois de blocage américain. Cette ex-ministre des finances et des Affaires étrangères doit devenir début mars la septième personne à la tête de l’organisation. Son mandat est prévu jusqu’à fin août 2025. Économiste chevronnée, Ngozi Okonjo-Iweala, 66 ans, est une des femmes les plus puissantes du Nigeria. En plus d'être la première femme à la tête de l'OMC, elle en est aussi la première dirigeante originaire d'Afrique. Deux fois ministre des Finances et cheffe de la diplomatie du Nigeria durant deux mois, Mme Okonjo-Iweala a commencé sa carrière à la Banque mondiale en 1982, où elle a travaillé pendant 25 ans. En 2012, elle échoue à devenir la présidente de cette institution financière, face à l'Américano-coréen Jim Yong Kim.
"Je crois qu'elle a fait du bon boulot, que ce soit au Nigeria ou dans les autres pays où elle a travaillé", déclare à l'AFP Idayat Hassan, directrice du Centre for Democracy and Development, basé à Abuja. "Elle n'est pas juste aimée au Nigeria, elle est adorée, c'est un symbole (...) pour les femmes", ajoute Mme Hassan. Souvent surnommée "Dr Ngozi", Mme Okonjo-Iweala est née en 1954 à Ogwashi Ukwu, dans l'Etat fédéral du Delta (ouest du Nigeria). Son père est un chef traditionnel. La candidate a cependant passé la majorité de sa vie aux Etats-Unis, où elle a étudié dans deux universités prestigieuses, le Massachusetts Institute of Technology (MIT) et Harvard. Si les statuts de l'OMC ne prévoient pas de rotation géographique pour le directeur général, des voix se sont élevées pour dire que c'est au tour d'un Africain ou d'une Africaine d'occuper le poste. Depuis sa création en 1995, l'OMC a été dirigée par six hommes: trois Européens, un Néo-zélandais, un Thaïlandais et un Brésilien.
Libérale
Mme Okonjo-Iweala a été nommée en juillet envoyée spéciale de l'Union Africaine dans la lutte contre la pandémie sur le continent. Sa mission: mobiliser des soutiens à l'international pour enrayer la crise économique mondiale qui touche de plein fouet les pays africains. A la présidence de l'OMC, elle aura fort à faire dans un contexte mondial de crise économique et de crise de confiance dans l'organisation, au moment où la libéralisation du commerce mondialisé est vivement contestée. Selon elle, la montée des protectionnismes et du nationalisme à travers le monde s'est accentuée avec la crise et les barrières devraient être abaissées pour relancer l'économie. "Une façon d'assurer une offre suffisante de vaccins et son équitable distribution est de supprimer certaines barrières érigées par les lois sur la propriété intellectuelle et les transferts de technologie", défend-elle dans les pages du magazine américain Foreign Affairs en avril.
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