Politique
"Nokta ila satr": Omar Hejira dresse la stratégie du Parti de l’Istiqlal pour 2026
29/04/2026 - 11:17
Meriem KhaerLors de son passage dans l’émission Nokta ila satr, Omar Hejira, secrétaire d’État chargé du Commerce extérieur, a mis en avant le bilan de l’action gouvernementale tout en exposant la vision politique du Parti de l’Istiqlal.
Au début de l'émission, diffusée sur Al Aoula et présentée par Sabah Bendawoud, Omar Hejira a salué la récente décision du Canada de reconnaître le plan d'autonomie pour le Sahara marocain comme une base sérieuse de solution. Pour lui, cette avancée s'inscrit dans une "série de victoires" diplomatiques mondiales portées par la vision clairvoyante de Sa Majesté le Roi Mohammed VI.
Concernant les préoccupations liées à la cherté des conditions de vie, il a défendu les mesures de soutien direct destinées aux familles, tout en attribuant une part de la hausse des prix aux pratiques spéculatives de certains intermédiaires.
Le responsable a également réaffirmé l’attachement du Parti de L'Istiqlal à la cohésion de la majorité gouvernementale, tout en assumant l’ambition de remporter les prochaines échéances électorales. Selon lui, cette ambition repose sur une préparation structurée et une modernisation profonde de l’organisation partisane.
Stratégie 2026: Un Parti de l'Istiqlal en ordre de marche
Dans cette perspective, le Parti de l’Istiqlal déploie une stratégie multidimensionnelle en vue des élections de 2026. Le premier axe concerne l’élaboration du programme électoral 2026-2031 grâce à la mobilisation de groupes d’experts. Ce travail s’appuie à la fois sur les acquis de l’action gouvernementale actuelle et sur la recherche de solutions nouvelles pour les dossiers qui nécessitent des améliorations, notamment la protection du pouvoir d’achat, la lutte contre la spéculation et la régulation des circuits de distribution.
Le deuxième axe porte sur la sélection des candidats. Sous la supervision du secrétaire général Nizar Baraka, le parti affirme vouloir privilégier des profils compétents, crédibles, proches des citoyens et reconnus pour leur intégrité. Une commission d’éthique accompagne ce processus afin de garantir la transparence et la qualité des candidatures retenues.
Parallèlement, le parti s’appuie sur son ancrage territorial et sur ses structures locales pour renforcer sa mobilisation. Grâce à des mécanismes internes de suivi et d’évaluation, la direction peut mesurer l’efficacité des responsables locaux, des élus et des différentes organisations du parti, afin d’ajuster ses choix et de consolider sa présence sur le terrain.
La transformation numérique constitue également un pilier central de cette préparation. Conscient de la nécessité de rapprocher les jeunes de la politique, le parti investit les réseaux sociaux comme TikTok, Instagram, etc. Il envisage aussi de recourir à l’intelligence artificielle générative pour produire des contenus innovants et adapter sa communication aux nouveaux usages.
L’émission a aussi permis d’évoquer plusieurs chantiers stratégiques, notamment la gestion des ressources hydriques et le développement de l’industrie aéronautique, présentés comme des leviers essentiels pour un développement territorial équilibré. Enfin, à travers cette stratégie globale, le Parti de l’Istiqlal affiche clairement son ambition de terminer en tête des élections de 2026 et de diriger le prochain gouvernement, s’il obtient la confiance des électeurs.
Bilan du gouvernement
Interrogé sur le timing de la présentation du bilan gouvernemental à cinq mois des élections , Hejira a défendu une démarche de transparence visant à séparer le bilan de la gestion publique des promesses de campagne électorale. Il a souligné que, malgré un contexte international difficile (conflits mondiaux, sécheresse), le gouvernement a réussi à poser les piliers de l’"État social".
Hejira a évoqué la mise en place du soutien social direct au profit des familles, avec des aides financières plus ciblées et plus importantes. La généralisation de la couverture médicale figure aussi parmi les réformes majeures destinées à améliorer la protection sociale et à accompagner les catégories les plus vulnérables. Hejira souligne que pour la première fois dans l'histoire du Maroc, environ 4 millions de familles reçoivent une aide directe mensuelle. "Nous sommes passés d'un soutien indirect via la Caisse de compensation, qui ne rapportait que 40 à 50 DH par mois aux citoyens, à une aide sociale directe. Aujourd'hui, les familles nécessiteuses reçoivent entre 500 et 1 350 DH par mois" a-t-il souligné. Il a rappellé par ailleurs l'accord historique de l'augmentation des salaires (1 000 DH net pour le secteur public), soulignant que le gouvernement a tenu ses promesses malgré les tensions budgétaires.
En parallèle, le responsable gouvernemental a ajouté que l’exécutif insiste sur la poursuite des grands chantiers d’infrastructure et de développement. Face au stress hydrique, le dessalement de l’eau de mer est présenté comme une réponse stratégique pour sécuriser l’approvisionnement en eau potable et soutenir l’agriculture.
Sur le plan économique, Hejira a indiqué que le gouvernement reconnaît la persistance de plusieurs difficultés. La hausse des prix des produits alimentaires et de l’énergie demeure une préoccupation centrale, dans un contexte marqué par la guerre en Ukraine et au Moyen-Orient, l’inflation mondiale et les effets de la sécheresse. Les autorités mettent en avant les mesures de compensation et les efforts engagés pour limiter l’impact sur le pouvoir d’achat, tout en pointant les pratiques spéculatives de certains intermédiaires.
Enfin, la question de l’emploi reste un défi important. Le chômage, notamment chez les jeunes, demeure un chantier prioritaire qui nécessite davantage de résultats et de solutions durables. Dans l’ensemble, ce bilan est présenté par la majorité comme positif et structurant pour l’avenir du pays, tout en reconnaissant que les crises extérieures et les attentes sociales continuent de peser sur la perception des citoyens.
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