Politique
Non participation au vote de l'AG de l’ONU: "une sagesse diplomatique qui n’insulte pas l’avenir"
08/03/2022 - 18:21
MAP
"Le Maroc a raison dans son choix" de ne pas participer au vote à l’Assemblée générale de l’ONU sur le conflit russo-ukrainien, a souligné le politologue marocain Abderrahim Hafidi, relevant que "la position du Maroc apparaît ainsi marquée d’une sagesse diplomatique qui n’insulte pas l’avenir".
"Oui. Mille fois oui. Le Maroc a raison dans son choix (…)" écrit Hafidi dans une tribune intitulée «Le Maroc et la guerre en Ukraine :le choix rationnel», publiée par le site d’information « Quid.ma », et dans laquelle il fait observer que "le Royaume s’est gardé de trancher en choisissant "son camps" par sa non-participation au vote onusien qui a très majoritairement condamné sans nuances la Russie", mais "tout en se plaçant du côté du droit et de la légalité internationale".
"Et il a eu raison ! Car, comme dit le dicton chacun voit midi à sa porte". Celle du Maroc est grand-ouverte sur le monde mais vigilante sur ses propres intérêts vitaux», a-t-il expliqué.
En effet, a rappelé le politologue, "depuis la récupération de ses provinces sahariennes, aucun pays de l’Europe continentale n’a daigné reconnaître la légitimité de cette récupération. Tout au plus, certaines chancelleries avaient signifié à mots couverts une discrète sympathie à l’égard du Maroc sans jamais franchir le Rubicon d’un soutien public ! Seuls les Américains ont brisé le tabou, mettant les Européens dans l’embarras !."
Et de poursuivre : "L’épisode de la crise qui a secoué les relations entre le Maroc et l’Espagne a levé l’équivoque sur les limites de la discrète sympathie européenne et sa vocation à une gestion pavlovienne de la géopolitique : soutenir quoiqu’il qu’il arrive la partie européenne en conflit".
Aux yeux de Hafidi, "le Maroc doit ainsi évaluer ses positions à l’aune de ses intérêts vitaux. Sa position géopolitique comme porte d’entrée de l’Europe, sa profondeur stratégique vers l’Afrique, et sa vocation à être un vecteur d’équilibre et de modération, son voisinage immédiat qui parasite sa tranquillité et qui s’agite comme un diable pour inciter la Russie à faire contrepoids à la reconnaissance américaine de la souveraineté pleine et entière sur ses provinces du sud, sans résultats pour l’instant, expliquent la prudence diplomatique du Royaume (...) tout en se plaçant du côté du droit et de la légalité internationale".
"La position du Maroc apparaît ainsi marquée d’une sagesse diplomatique qui n’insulte pas l’avenir", a-t-il résumé.
Hafidi a fait remarquer, par ailleurs, que "le monde qui sortira de cette secousse sismique et qui ébranle l’Europe aura des impacts sur la stabilité de l’Europe et du reste de la planète", estimant que "les alliances du passé semblent d’ores et déjà caduques, en perspective d’un futur aggiornamento continental dont seuls l’Europe et ses passifs non résolus en porteront la responsabilité historique".
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