Société
Offres d’investissement fictives sur les réseaux sociaux, un piège pour les victimes
24/08/2025 - 11:08
Morad Karakhi
La scène numérique au Maroc connaît récemment une montée de nouvelles formes d’escroqueries, notamment l’utilisation des réseaux sociaux pour piéger de nombreuses victimes au moyen de fausses annonces d’investissements promettant des gains faramineux.
Le dimanche 17 août 2025, les forces de sécurité nationale ont arrêté une femme et sa fille suspectées d’exploiter une chaîne sur les réseaux sociaux pour escroquer un groupe de victimes à travers des propositions fictives d’investissement dans une société imaginaire. Cette activité leur a permis de saisir des sommes dépassant 1,8 million de dirhams.
Méthodes frauduleuses
Ces réseaux utilisent un discours persuasif et attrayant, faisant croire aux abonnés qu’ils traitent avec une société d’investissement internationale offrant la possibilité de profits rapides et garantis via des montants financiers variables déposés par les clients. Pourtant, cette société n’a aucune existence légale ou réelle, ce qui piège des dizaines de personnes.
Dans une déclaration à SNRTnews, le sociologue Nabil Safi, explique que les avancées technologiques sont un couteau à double tranchant: elles facilitent la communication et les échanges économiques, mais offrent aussi aux escrocs de nouvelles opportunités pour tromper les personnes naïves ou avides de gains rapides. Ces individus malhonnêtes fournissent de faux certificats et garanties, s’appuyant sur des réseaux organisés pour rendre leur offre crédible, particulièrement en exploitant la culture de la confiance basée sur le nombre de followers, likes et commentaires positifs sur les plateformes digitales. En réalité, tout cela n’est qu’une mise en scène soigneusement orchestrée pour tromper.
Il souligne que la plupart des victimes ont une part de responsabilité, car elles s’engagent dans ces aventures en étant conscientes de l’absence de garanties légales, préférant les raccourcis malhonnêtes aux procédures légitimes protégeant leur argent.
Sanctions pénales
Dans le même contexte, l’avocat Yassine Assila précise que les réseaux sociaux ont offert un terrain fertile à l’exploitation de la confiance des personnes cherchant à s’enrichir rapidement, par le biais de comptes ou chaînes fictives difficiles à vérifier, qui incitent les victimes à croire à des gains financiers importants.
Selon lui, le code pénal marocain sanctionne la fraude et l’escroquerie selon les articles 540 et suivants, avec des peines pouvant aller de un à cinq ans de prison, et des amendes de 500 à 5.000 dirhams, pouvant être doublées en cas d’utilisation de moyens technologiques pour commettre les délits. Les auteurs peuvent également être poursuivis pour blanchiment ou transfert illicite de fonds si l’argent provient d’activités illégales.
Il ajoute que des peines plus sévères sont possibles en cas de multiplication des auteurs, création de réseaux organisés, et usage des outils électroniques pour tromper un grand nombre de personnes.
Recommandations
Le sociologue Nabil Safi recommande de vérifier minutieusement toute opération financière ou commerciale avec des entités sans siège fixe ou moyens de contact fiables, et de privilégier les contrats légaux enregistrés.
Il insiste sur la nécessité de consulter des experts avant toute initiative d’investissement, de traiter directement avec des institutions reconnues, et de ne pas se fier uniquement aux réseaux sociaux pour établir la confiance.
Il appelle les autorités à renforcer la surveillance des plateformes numériques et à adopter une législation plus stricte et claire pour ce domaine.
De son côté, l’avocat Yassine Assila plaide pour l’intensification des campagnes de sensibilisation dans les médias, les écoles et les associations afin d’alerter le public sur les dangers des escroqueries fictives, et invite les citoyens à vérifier la légitimité des entreprises via leur enregistrement légal, numéro d’identification fiscale, numéro de registre de commerce, et siège avant tout engagement.
Enfin, il recommande l’intégration de programmes d’éducation numérique et d’intelligence artificielle pour aider les citoyens à distinguer entre investissements légaux et activités frauduleuses en ligne.
Articles en relations
Société
Société
Monde
Monde