Africa
OMS: augmentation de l'espérance de vie en bonne santé de dix ans en Afrique
05/08/2022 - 13:17
Mohamed Berrada
L’Organisation mondiale de la Santé a fait savoir dans un rapport d’évaluation que l’espérance de vie en bonne santé en Afrique a augmenté de dix ans par personne entre 2000 et 2019.
L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a rendu public un rapport d’évaluation intitulé «Suivi de la Couverture sanitaire universelle dans la Région africaine de l’OMS, 2022», où elle estime que l’espérance de vie en bonne santé a augmenté dans la Région africaine d’une moyenne de dix ans par personne entre 2000 et 2019. "Sur la période considérée, cette hausse est supérieure à toutes celles qui ont pu être observées dans d’autres régions du monde" note le rapport. Cependant, l’impact déstabilisant de la pandémie de COVID-19 pourrait menacer ces gains considérables.
Dans les détails, l’espérance de vie en bonne santé est passée à 56 ans en 2019, contre 46 ans en 2000. Si ce chiffre est de loin inférieur à la moyenne mondiale de 64 ans, "il convient de noter que l’espérance de vie en bonne santé sur le plan mondial n’a augmenté que de cinq ans au cours de la même période" peut-on lire dans le texte. Ce progrès est dû notamment à " l'amélioration de la prestation des services de santé essentiels, aux progrès en matière de santé reproductive, maternelle, néonatale et infantile, ainsi qu’aux avancées dans la lutte contre les maladies infectieuses".
Dans l’ensemble, la couverture des services de santé essentiels s’est améliorée pour atteindre 46 % en 2019, contre 24 % en 2000. Les progrès les plus importants ont été accomplis dans le domaine de la prévention et du traitement des maladies infectieuses, mais ont été freinés par la hausse spectaculaire de l’hypertension, du diabète et d’autres maladies non transmissibles, de même que par l’absence de services de santé ciblant ces maladies.
Des craintes relatives à l’impact de Covid
Le rapport émet cependant des inquiétudes relatives à l’impact de la pandémie de COVID-19 sur ces progrès, " à moins de mettre en place un plan de relance robuste". "L’on pourrait dire que de façon générale, les pays africains ont signalé des perturbations plus importantes des services essentiels que les autres régions", précise le rapport : sur les 36 pays ayant répondu à une enquête de l’OMS en 2021, plus de 90 % ont signalé une ou plusieurs perturbations des services de santé essentiels. Les perturbations les plus graves ont été recensées dans les secteurs de la vaccination, des maladies tropicales négligées et des services de nutrition.
Des efforts ont été déployés pour rétablir les services essentiels affectés par la pandémie. "Toutefois, si l’on souhaite améliorer les services de santé et veiller à ce qu’ils soient adéquats, de bonne qualité et accessibles à tous, il est impératif que les gouvernements intensifient le financement de la santé publique" estime le rapport. La plupart des gouvernements africains financent moins de 50 % de leurs budgets de santé, ce qui se traduit par d’importants déficits de financement. "Seuls l’Afrique du Sud, l’Algérie, le Botswana, le Cap vert, l’Eswatini, le Gabon et les Seychelles financent plus de 50 % de leurs dépenses totales liées à la santé".
L’une des mesures essentielles qui permettrait d’améliorer l’accès aux services de santé est que les gouvernements réduisent les dépenses exorbitantes à la charge des ménages. Les dépenses liées à la santé ne sont pas considérées comme exorbitantes lorsque les familles consacrent moins de 10 % de leurs revenus aux dépenses de santé, quel que soit leur niveau de pauvreté. Ces 20 dernières années, les dépenses directes pour les soins et les médicaments ont stagné ou augmenté dans 15 pays.
Enfin, le rapport recommande aux pays d’accélérer les efforts visant à améliorer la protection contre les risques financiers, de repenser et de réorienter la prestation des services de santé en mettant l’accent sur des éléments tels que l’intégration des services de santé destinés à lutter contre les maladies non transmissibles dans les services de santé essentiels, l’implication des communautés et la participation du secteur privé. Les recommandations émises portent également sur la mise en place de systèmes de surveillance régionaux, l’objectif étant que les pays soient en mesure de déceler rapidement les signes d’alerte annonçant de prochaines menaces sanitaires et des défaillances du système.
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