Société
Révision de la tarification des médicaments : ce qu’en pensent les pharmaciens
27/05/2025 - 13:13
Khaoula Benhaddou
Quelques heures après les déclarations du ministre de la Santé et de la Protection sociale à propos de la révision de la tarification des médicaments, la Confédération des Syndicats des Pharmaciens du Maroc a publié un communiqué dénonçant une décision unilatérale. Voici les détails.
Les déclarations du ministre de la Santé et de la Protection sociale, Amine Tahraoui, lors de la séance des questions orales à la Chambre des représentants ce lundi 26 mai 2025, concernant la révision de la tarification des médicaments, n’ont pas été du goût des pharmaciens.
Lors de son intervention, le ministre a souligné le lancement d’un processus de révision en profondeur du système de tarification des médicaments, qui sera bientôt soumis à la procédure d’adoption. Il a également annoncé l’intention de son département de réviser le Code du médicament et de la pharmacie, précisant que cette révision s’effectue en partenariat avec les secteurs gouvernementaux et les instances professionnelles concernées.
Une décision unilatérale !
Quelques heures seulement après ces déclarations, la Confédération des Syndicats des Pharmaciens du Maroc a publié un communiqué dénonçant les décisions du ministère de la Santé, prises sans consultation préalable des professionnels du secteur.
Contacté par SNRTnews, Mohamed Lahbabi, président de la Confédération, a exprimé son incompréhension face à cette décision,"Nous n’avons jamais été conviés à une quelconque concertation par le ministre, alors que nous sommes une partie professionnelle directement concernée par les projets évoqués. Nous n’avons aucune idée du contenu de ce projet de révision", a-t-il confié.
Et d’ajouter: "Nous rejetons de manière catégorique et absolue toute décision unilatérale portant atteinte au système du médicament et de la pharmacie, en particulier en l’absence d’une approche participative sérieuse et responsable".
Quid de l’intérêt du patient marocain ?
Lors de son intervention, le ministre de la Santé et de la Protection sociale a précisé que la révision de la tarification des médicaments a pour but "d’établir un équilibre entre le pouvoir d’achat des citoyens, encourager l’accès aux médicaments innovants et garantir la pérennité de la couverture sanitaire".
Et d’ajouter "Un nouveau modèle de tarification des médicaments est en cours d’élaboration dans un cadre consultatif avec toutes les parties concernées, en vue d’adopter une tarification juste et transparente, assurant l’équité, basée sur des références internationales tout en tenant compte des spécificités nationales".
Dans ce contexte, le président de la Confédération des Syndicats des Pharmaciens précise que "parler de la révision des prix des médicaments sous prétexte de préserver l’équilibre financier des caisses d’assurance traduit une politique comptable étroite, ignorant la dimension stratégique du secteur officinal dans le système de santé. Un tiers des pharmacies au niveau national sont menacées de faillite".
Et de poursuivre "Nous ne sommes absolument pas opposés à la révision de la tarification des médicaments. Au contraire, en tant que pharmaciens citoyens, nous souhaitons pouvoir réviser les prix des médicaments pour l’intérêt des citoyens. Nous comprenons les contraintes et voulons garantir des médicaments à des prix abordables et raisonnables. Cependant, nous ne voulons pas que cette décision soit prise au détriment des professionnels, sans dialogue ni concertation. Cette décision ne doit pas être prise au dépend des professionnels pour qu’aucune partie ne soit lésée".
Pour conclure, Mohamed Lahbabi appelle à la suspension de toute mesure unilatérale concernant la révision du décret n° 2.13.852 et de la loi 17.04 relative au Code du médicament et de la pharmacie, jusqu’à l’ouverture d’un véritable dialogue avec toutes les parties prenantes. "La Confédération des Syndicats des Pharmaciens du Maroc réaffirme son engagement sincère en faveur de toute réforme visant à développer le système de santé. Toutefois, nous refusons toute atteinte à la stabilité du secteur officinal ou toute marginalisation de ses rôles constitutionnels, et nous recourrons à tous les moyens de lutte pour défendre ces droits".
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