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Santé: des chercheurs français identifient des bactéries renforçant le microbiote contre les pathogènes
28/05/2025 - 15:08
MAP
Des scientifiques de l'Institut français de recherche pour l'agriculture, l'alimentation et l'environnement (INRAE) ont identifié sept bactéries impliquées dans l’effet barrière du microbiote et empêchant les bactéries pathogènes de proliférer.
Ces résultats "mettent en lumière l’importance de la composition du microbiote de l’hôte dans la réussite d’un traitement à base de bactéries bénéfiques", indique un communiqué de l'INRAE.
"La résistance aux antibiotiques est un sujet de préoccupation majeur, notamment pour les patients immunodéprimés, qui sont exposés à des risques accrus d’infections graves", explique la même source, ajoutant que la composition du microbiote peut permettre d’éviter la prolifération de bactéries pathogènes (effet barrière).
Et de préciser que des stratégies de thérapies ciblées se développent et visent à restaurer le microbiote par l’introduction de bactéries bénéfiques.
Dans cette étude, les chercheurs de l'INRAE se sont intéressés à un type de bactéries: les entérocoques résistants à la vancomycine ou ERV. "La vancomycine est indiquée pour le traitement de certaines infections sévères à staphylocoques, à streptocoques, ou chez les sujets allergiques aux bêta-lactamines (pénicillines ou céphalosporines)", explique l'institut de recherche.
Ces bactéries font partie d’une liste, établie par l'Organisation mondiale de la santé (OMS), de six pathogènes multirésistants avec un statut prioritaire, relève-t-on.
Le but de ces travaux, d'après l'INRAE, est d'identifier des bactéries impliquées dans l’effet barrière et prouver leur efficacité pour empêcher la prolifération des bactéries pathogènes, en vue d’une stratégie thérapeutique.
En prélevant des échantillons de microbiote chez des modèles souris qui avaient reçu par voie orale une injection d’entérocoques et en utilisant des modélisations mathématiques, les scientifiques ont identifié, parmi plus de 500 bactéries différentes, sept bactéries avec un potentiel effet barrière: plus ces bactéries étaient présentes, moins les bactéries pathogènes étaient nombreuses.
Pour prouver l’efficacité de ces sept bactéries, les experts ont comparé des souris traitées par un antibiotique et infectées avec un ERV avec ou sans administration du cocktail de bactéries. Résultats : le niveau de prolifération des bactéries pathogènes était plus faible avec l’ajout du cocktail de bactéries.
Par ailleurs, l’efficacité de l’administration du cocktail bactérien était différente entre les souris, ce qui met en évidence l’importance du microbiote initial, comme chez les humains. En effet, explique-t-on, des expériences en laboratoire ont montré que les sept bactéries ne pouvaient pas à elles-seules inhiber la prolifération des pathogènes in vitro, et les premiers résultats tendent à montrer que c’est l’association du cocktail bactérien avec des bactéries qui composent le microbiote de l’hôte qui rend le traitement efficace.
En plus d’améliorer la compréhension des effets anti-prolifératifs des bactéries et des mécanismes associés, les scientifiques ont pour prochain objectif de rassembler un grand répertoire de microorganismes provenant du microbiote humain, avant de réfléchir à des applications chez l’humain, d'après la même source.
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