Art & Culture
Tanger Célèbre le 7ème Art: Ouverture de la 25ème édition du Festival National du Film
18/10/2025 - 14:45
Khawla Znaizini | Mohammed ChafiLorsque la mémoire rencontre l'image, et que son objectif capture des instants de rêve, de travail et de générosité, Tanger se transforme à nouveau en un espace qui accueille tout l'éclat créé par des générations de pionniers, pour annoncer, le soir du vendredi 17 octobre 2025, l'ouverture de la vingt-cinquième édition du Festival National du Film au Palais des Arts et de la Culture, une scène qui célèbre le septième art et la mémoire de la créativité marocaine.
Organisée sous le Haut Patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI et se poursuivant jusqu'au 25 octobre courant, cette édition constitue une étape artistique pour célébrer le quart de siècle de cet événement cinématographique, et une nouvelle occasion de rassembler les créateurs de l'image et de l'imaginaire, réalisateurs, acteurs et critiques. Elle est également l'occasion de rendre hommage à des figures emblématiques qui ont établi un parcours cinématographique marocain diversifié et ouvert sur le monde.
À cette occasion, Abdelaziz Boujdayni, Secrétaire Général du Ministère de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication, a souligné, dans un discours prononcé lors de la cérémonie d'ouverture au nom du Ministre de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication, Mohamed Mehdi Bensaid, que le secteur du cinéma au Maroc connaît une dynamique évolutive d'année en année, reflétant la confiance du public marocain dans les productions nationales. Il a précisé que les indicateurs enregistrés l'année dernière confirment cette évolution : les recettes des salles de cinéma ont dépassé les 127 millions de dirhams, le nombre de spectateurs a atteint plus de deux millions deux cent mille, tandis que les investissements étrangers dans le domaine du tournage cinématographique au Maroc ont atteint un milliard et demi de dirhams.
De son côté, Mohamed Reda Benjelloun, Directeur du Centre Cinématographique Marocain (CCM), a déclaré que "cette édition du Festival est une fête pour le cinéma marocain, en continuant de le célébrer en présentant les productions nationales les plus marquantes, en réunissant la famille du cinéma de toutes ses générations, et en honorant ses figures emblématiques qui ont contribué à bâtir son édifice."
Benjelloun a ajouté, dans sa déclaration à SNRTnews, que cette édition est également une opportunité de découvrir la nouvelle génération de créateurs dans les domaines de la réalisation, de l'interprétation et de la production. Il a souligné qu'elle se distingue par un programme riche comprenant des ateliers et des tables rondes réunissant des professionnels marocains et étrangers pour discuter des moyens de développer l'industrie cinématographique, ainsi que par l'organisation d'un marché et d'une exposition de jeux électroniques, une démarche visant à renforcer la complémentarité entre l'industrie cinématographique et celle du jeu.
Benjelloun a précisé que l'affiche officielle de cette édition est chargée de significations profondes, rendant hommage au film marocain "Ibn Sabil" ("Le Grand voyage") et saluant feu Noureddine Saïl, producteur et scénariste du film, qui raconte l'histoire d'un jeune chauffeur traversant le Maroc du sud au nord lors de son premier voyage. C'est également un hommage au journaliste et artiste défunt Ali Hassan, acteur principal du film, décédé cette année, dont le nom est resté associé dans la mémoire des Marocains à l'émission "Ciné Jeudi", servant de pont entre les générations d'amateurs du septième art.
Comme à l'accoutumée, le Festival a poursuivi sa tradition annuelle de célébrer des noms qui ont marqué la scène cinématographique marocaine. La cérémonie d'ouverture a ainsi rendu hommage au réalisateur Ahmed El Maanouni, l'une des voix fondatrices du cinéma marocain moderne, en reconnaissance de sa longue carrière et de ses œuvres intemporelles qui ont enrichi la cinémathèque nationale et exprimé l'être humain marocain et ses aspirations.
El Maanouni, un des pionniers du cinéma marocain depuis les années soixante-dix, a marqué l'histoire du septième art avec des œuvres avant-gardistes telles que "Alyam Alyam" (1978), considéré comme le point de départ d'une nouvelle ère dans le cinéma marocain, et "Transes" (Al Hal, 1981) qui a immortalisé l'expérience du groupe Nass El Ghiwane, en plus de ses films "Les Cœurs brûlés" et "Fatima" qui ont remporté de grands prix nationaux et internationaux.
La cérémonie d'ouverture a été marquée par la projection de son film documentaire musical Transes, qui est une pièce poétique cinématographique de 88 minutes, documentant une série de performances live données par les membres du groupe Nass El Ghiwane en Tunisie, au Maroc et en France, ainsi que dans les rues de Casablanca.
Ce film a été restauré par le "World Cinema Project" de la Film Foundation de Martin Scorsese et présenté par le réalisateur de renommée mondiale Martin Scorsese au Festival International du Film de Cannes en 2007.
À cette occasion, El Maanouni a exprimé, dans sa déclaration à SNRTnews, sa fierté de l'hommage qui lui a été rendu par le Festival et de la projection de son film Transes lors de la journée d'ouverture, saluant l'importance de regarder le film malgré les années écoulées depuis sa réalisation, car il exprime le patrimoine et l'identité marocains.
Il a affirmé que cet hommage représente pour lui une responsabilité envers le public, envers ses professeurs, envers les équipes techniques et artistiques qui l'ont accompagné tout au long de sa carrière professionnelle, ainsi qu'envers sa famille qui l'a soutenu sans réserve.
El Maanouni a souligné que le domaine cinématographique marocain voit aujourd'hui émerger de jeunes talents porteurs d'énergies créatives qui ont besoin de confiance et de soutien pour s'exprimer, travailler et poursuivre leur chemin vers l'excellence et contribuer à consolider une image rayonnante du cinéma marocain.
De son côté, le réalisateur Hakim Belabbes, président du jury des longs métrages de fiction, a souligné que cette édition se caractérise par une grande diversité de sujets et de styles de réalisation, ce qui laisse présager une forte concurrence pour les prix du Festival.
Belabbes a expliqué, dans sa déclaration à SNRTnews, que la véritable œuvre d'art n'est pas liée à une époque spécifique, car elle peut divertir n'importe quelle génération, quelle que soit son époque, citant en exemple le film "Transes", et affirmant que de telles manifestations culturelles sont des moments de célébration du cinéma et de la mémoire collective.
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