Société
Tanger: Mort sous les crocs de son pitbull, un drame qui relance le débat sur les chiens dangereux au Maroc
20/04/2026 - 13:28
Malak Zougagh
Décédé des suites d’une attaque de pitbull, la victime, retrouvée morte à Tanger, présente des signes de morsures graves et visibles. Les autorités se sont mobilisées à la suite de cet accident afin de sécuriser le périmètre.
Les informations disponibles sur l’incident ne tranchent ni sur les circonstances ni sur les détails de l’attaque, ni concrètement sur la manière dont elle a eu lieu.
D’après les déclarations de la famille du défunt sur les réseaux sociaux, la victime suivait un traitement contre l’épilepsie. Le 18 avril 2026, elle aurait manqué sa dose, ce qui aurait provoqué des vertiges, puis sa chute dans le jardin de son domicile. Selon les membres de la famille, c’est dans ces circonstances que son chien, un pitbull adopté, l’aurait attaquée.
Or, les premiers examens indiquent que la personne est décédée des suites d'une attaque de chien, son corps présentant des signes de morsures graves et visibles.
Ces circonstances amènent à rappeler l’adoption du décret n°2.18.456, pris en application de l’article 2 de la loi n°56.12 relative à la prévention et à la protection des personnes contre les dangers des chiens, par le Conseil de gouvernement le 28 juin 2018.
Ce projet, présenté par le ministre de l’Intérieur, renvoie à la décision conjointe de l'autorité gouvernementale chargée de l'Intérieur et de l'autorité gouvernementale chargée de l'Agriculture pour arrêter la liste des races de chiens dangereux.
Les dispositions de ce décret permettront la mise en œuvre des procédures et des sanctions prévues dans cette loi en ce qui concerne l'interdiction de la propriété, la détention, la garde, la vente, l'achat, l'exportation, l'importation, l'élevage ou le dressage de ces races de chiens dangereux.
Selon cette réglementation, six races de chiens sont officiellement classées comme dangereuses et interdites à l’acquisition, à l’élevage, à l’importation ou à la revente.
La liste comprend le Staffordshire Bull Terrier, l’American Staffordshire Terrier, le Pitbull, le Mastiff, le Boerboel et le Tosa Inu. Ces races sont visées par la mesure en raison de critères de morphologie et de dangerosité retenus par les autorités marocaines.
La possession de l’un de ces chiens expose son propriétaire à des sanctions pénales prévues par la loi. Le texte prévoit une peine allant de deux à six mois d’emprisonnement ainsi qu’une amende de 5.000 à 20.000 dirhams, ou l’une de ces deux peines seulement, selon l’appréciation du juge.
Les autorités ont également rappelé que l’interdiction ne concerne pas seulement la détention à domicile. Elle s’étend aussi à l’achat, la vente, le dressage, l’exportation, l’importation et l’élevage de ces animaux.
En cas d’accident causé par négligence du propriétaire, les peines deviennent plus lourdes. La loi prévoit des sanctions aggravées lorsque le chien provoque des blessures graves ou le décès d’une personne.
Enfin, l’Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA) a confirmé dans un avis officiel du 09 février 2021 que l’importation de ces races reste interdite au Maroc.
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