Société
Taxis: Vers le remplacement des permis de conduire par des cartes intelligentes
18/04/2026 - 11:08
Khawla Znaizini
Les professionnels du secteur des taxis s’apprêtent à adopter de nouvelles mesures réglementaires portant sur le remplacement des actuels permis de confiance par des cartes biométriques électroniques intelligentes unifiées, valables cinq ans, à partir de juin 2026. Cette opération nationale est supervisée par le ministère de l’Intérieur dans le cadre d’un chantier visant à moderniser le secteur et à améliorer sa gouvernance.
Cette réforme a pour objectif de numériser les procédures administratives liées à l’octroi et à la gestion des autorisations de conduite professionnelle, à travers l’adoption d’une carte intelligente hautement sécurisée. Celle-ci permettra de mettre à jour régulièrement les données des chauffeurs, de renforcer les mécanismes de contrôle administratif et de terrain, et de réserver l’exploitation des taxis aux seuls professionnels, contribuant ainsi à une meilleure organisation du secteur et à l’amélioration de la qualité des services rendus aux usagers.
Ces nouveaux documents permettront également d’empêcher le renouvellement des contrats pour les exploitants non professionnels, tout en limitant l’accès à une seule autorisation par personne. Ils prévoient aussi la création de registres locaux pour recenser les chauffeurs et faciliter les relations contractuelles avec les titulaires d’agréments, parallèlement à un renforcement des contrôles sécuritaires afin de garantir le respect des tarifs légaux et des normes de qualité.
Numérisation du secteur
Le coordinateur régional du Syndicat national du secteur des taxis dans la région Casablanca-Settat, Mohamed Ayat, estime que cette mesure intervient après une série de circulaires émises par le ministère de l’Intérieur pour réformer le secteur et renforcer la professionnalisation. Elle vise principalement à recenser le nombre réel de chauffeurs professionnels à l’échelle nationale et à numériser la gestion du métier.
Dans une déclaration à SNRTnews, il a expliqué que la nouvelle carte permettra aux chauffeurs d’enregistrer leur présence électroniquement auprès des services de sécurité, remplaçant ainsi le système papier actuellement en vigueur. Cela devrait contribuer à mieux encadrer l’exercice de la profession.
Il a ajouté que cette mesure permettra également d’identifier le nombre réel de chauffeurs actifs, face aux écarts constatés dans les statistiques disponibles. À Casablanca, par exemple, près de 120.000 cartes de confiance avaient été délivrées, alors qu’une étude ultérieure a révélé que seules 22.000 étaient réellement utilisées, ce qui met en évidence des dysfonctionnements dans les données relatives aux chauffeurs exerçant effectivement.
Il a toutefois souligné que cette réforme ne constitue qu’une première étape face à d’autres défis majeurs du secteur, notamment la réforme des agréments, la création de bureaux provinciaux et l’instauration d’une carte professionnelle.
Une réforme globale du transport
De son côté, Ahmed Saber, secrétaire général du Syndicat national des professionnels des taxis, considère que l’adoption de la carte biométrique contribuera à unifier et organiser le secteur, dans le cadre d’une stratégie plus large de modernisation du transport au Maroc, incluant un durcissement des conditions d’accès à la profession et la lutte contre le transport illégal.
Selon lui, la réussite de cette réforme dépendra de l’adhésion des professionnels à la transition numérique et de leur capacité à accompagner les transformations que connaît le secteur.
Il a précisé que les demandes de remplacement des cartes de confiance seront acceptées à condition que le chauffeur dispose de l’ancienne carte, qu’il ait exercé régulièrement l’activité de chauffeur de taxi durant l’année 2025, et qu’il remplisse les conditions d’aptitude physique et mentale, de bonne conduite et les autres critères légaux en vigueur.
Les documents requis
Les candidats à la nouvelle carte devront déposer un dossier comprenant :
- une demande de remplacement selon un formulaire officiel
- une copie de la carte nationale d’identité
- une copie du permis de conduire
- une photo d’identité sur fond blanc
- un certificat médical délivré par les services de santé
- un extrait de casier judiciaire de moins de trois mois portant la mention "néant"
- une copie de l’actuelle carte de confiance
- une déclaration sur l’honneur attestant l’absence d’autres revenus
Fin des anciennes cartes en juillet 2026
Les cartes de confiance actuellement en vigueur deviendront nulles et non reconnues à compter du 1er juillet 2026. Les autorités ont ainsi appelé l’ensemble des chauffeurs de taxi de première et de deuxième catégorie à s’inscrire dans cette opération et à déposer leurs dossiers dans les délais impartis.
Les acteurs du secteur espèrent que cette réforme contribuera à améliorer les services rendus aux citoyens, à garantir les droits des chauffeurs professionnels et à renforcer la préparation du système de transport national en vue d’accueillir de grands événements internationaux dans les prochaines années.
Les précisions du ministre de l’Intérieur
Le ministre de l’Intérieur, Abdelouafi Laftit, avait expliqué dans une réponse écrite à une question parlementaire posée par Hassan Nazhi que cette réforme s’inscrit dans un effort plus large de structuration du transport par taxi et d’accompagnement de la transformation numérique du secteur.
Il a souligné que l’objectif principal consiste à moderniser la base de données des chauffeurs autorisés et à exclure les non-professionnels, afin de réserver l’exploitation des moyens de transport, notamment les taxis, aux seuls chauffeurs qualifiés, dans le but de garantir la qualité des services et de protéger les droits des travailleurs du secteur.
Parmi les mesures prévues figurent également le principe d’"une autorisation par personne", la création de registres locaux pour encadrer les chauffeurs et leurs relations avec les titulaires d’agréments, ainsi qu’un renforcement des contrôles sécuritaires pour assurer le respect des tarifs réglementaires et des standards de qualité.
Le ministre a enfin insisté sur le fait que les autorités ne toléreront pas le transport illégal de passagers, annonçant des instructions adressées aux autorités locales et aux services de sécurité pour intensifier les contrôles routiers et sanctionner les contrevenants.
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