Art & Culture
"Twehechtek" : Sara Moullablad signe un retour intimiste aux côtés d'Ayoub Gretaa
07/02/2026 - 14:48
SNRTnewsAvec Twehechtek, Sara Moullablad livre une chanson nocturne et introspective, habitée par le sentiment du manque amoureux. Écrite, composée et interprétée par l’artiste, cette ballade intime est accompagnée d’un clip réalisé par Reda Lahmouid, dans lequel la chanteuse tient le premier rôle aux côtés d’Ayoub Gretaa, actuellement en lice pour les Révélations des César.
Ce titre marque le premier extrait d’un EP à venir de trois morceaux, pensé comme un parcours musical et visuel cohérent, où mémoire, absence et errance urbaine se répondent, avec Casablanca comme toile de fond et personnage à part entière.
Née dans le silence de la nuit, Twehechtek s’inscrit dans une sobriété émotionnelle assumée. La chanson explore un état intérieur familier et récurrent : celui où l’absence s’impose sans prévenir. « C’est un moment suspendu où le bruit du monde s’éteint et où les pensées prennent plus de place que la raison », confie Sara Moullablad, citée dans un communiqué. Plus qu’un souvenir précis, le morceau traduit un état émotionnel universel, observé avec lucidité et douceur.
Signifiant littéralement « tu m’as manqué », le titre se distingue par sa frontalité. La phrase, simple et directe, ne cherche ni justification ni explication. Elle constate. Sans appel ni espoir de retour, la chanson reconnaît une présence persistante dans la mémoire, s’adressant à un “tu” intime — un amour passé, une relation révolue — mais aussi à soi-même, à cette part qui continue de se souvenir.
Sur le plan émotionnel, Twehechtek se situe dans un entre-deux délicat. Ni dramatique, ni totalement apaisé, le manque y est décrit comme lucide et suspendu, teinté d’une tendresse mélancolique sans colère ni regret. Cette sensibilité contenue irrigue l’ensemble du projet, premier jalon d’un EP qui explore l’introspection, la mémoire et le rapport à l’absence, dans une écriture intime et maîtrisée.
Le clip, réalisé par Reda Lahmouid, prolonge cette atmosphère en images. Pensé comme une réflexion sur l’imperfection des souvenirs, il joue sur les faux-raccords de décors, de stylisme et de montage pour traduire l’instabilité de la mémoire et la confusion émotionnelle du personnage. Casablanca — ou Darbeïda, comme aime l’appeler le réalisateur — occupe une place centrale. Ville natale de Reda Lahmouid, elle devient une mémoire vivante, traversée par les trajectoires, les absences et les réminiscences, presque un troisième personnage.
Face à Sara Moullablad, Ayoub Gretaa incarne une présence incertaine, à la frontière entre réalité et projection mentale. Lauréat de l’ISADAC, révélé au grand public par les séries El Maktoub et Dem El Machrouk, l’acteur a récemment marqué les esprits dans La Mer au loin de Saïd Hamich, une performance qui lui vaut d’apparaître cette année parmi les Révélations des César. Sa présence apporte au clip une fragilité et une intensité intérieure qui renforcent l’ambiguïté du souvenir amoureux.
Fruit d’une collaboration étroite entre la chanteuse et le réalisateur, Twehechtek s’impose comme une œuvre à la fois intime et universelle. Entre musique et image, la chanson aborde le manque non comme une blessure spectaculaire, mais comme une trace persistante et profondément humaine, inscrite dans la nuit, les rues et la mémoire de Casablanca.
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