Sport
75 % de chances que le Maroc reste champion, selon un avocat français
21/03/2026 - 16:03
Amine Oubaha
Interrogé par le média Onze Mondial, l’avocat Romain Bizzini décrypte les enjeux juridiques du litige opposant le Sénégal au Maroc devant le Tribunal arbitral du sport, et livre son analyse sur une issue qu’il estime largement favorable au maintien de la décision de la CAF.
Depuis l’annonce de la décision de la CAF, qui a relancé le débat autour du sacre de la CAN, le feuilleton ne fait que commencer. Le Sénégal et le Maroc se dirigent désormais vers le Tribunal arbitral du sport, où leur différend sera examiné dans les prochains mois.
Pour mieux comprendre les enjeux juridiques de cette affaire, le média Onze Mondial a interrogé Romain Bizzini, avocat au barreau de Paris, spécialisé en droit du sport et habitué des audiences devant le TAS. Son éclairage permet de mieux saisir les points sur lesquels les arbitres devront trancher.
Selon lui, le cœur du débat repose sur une question essentielle : la définition même de la notion d’“équipe”. "Est-ce que c’est l’intégralité de l’équipe qui a quitté le terrain ?" s’interroge-t-il, en soulignant que le règlement impose la présence d’au moins sept joueurs pour qu’un match puisse se poursuivre. Dans ce cas précis, alors qu’il restait trois joueurs sur la pelouse, l’interprétation des textes sera déterminante.
Interrogé sur le rôle du TAS face à ce type de situation, l’avocat est clair : la juridiction sportive ne juge pas l’émotion ni le simple résultat du terrain. "Le TAS est là pour appliquer les règlements", explique-t-il. Dans cette logique, les arbitres devront vérifier s’il y a eu une violation des articles 82 et 84 du règlement de la CAN. Il souligne également que certaines idées reçues circulent, notamment sur le rôle de l’arbitre: celui-ci n’était pas nécessairement obligé d’arrêter immédiatement la rencontre, disposant d’un délai de 48 heures pour établir son rapport et prendre en compte les réserves formulées".
Malgré ces zones d’ombre, Romain Bizzini livre son sentiment sur l’issue probable du dossier. Pour lui, la décision pourrait être confirmée :"Je dirais qu’il y a 75 % de chances que la décision de la CAF soit confirmée et que le Maroc reste champion". Une estimation qui reflète, selon lui, la rigueur des textes et la manière dont ils sont généralement interprétés par les arbitres.
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