Société
Aid Al Adha: comment la rumeur contribue-t-elle à la hausse des prix?
23/06/2022 - 21:30
Mohammed Fizazi | Halima Aamir
À l'approche de Aïd al-Adha, les familles marocaines affluent en masse vers les marchés pour acheter les moutons, ainsi que les matériaux nécessaires à cette occasion. Toutefois, la hausse de la demande conduit à une flambée des prix, et ce à cause des intermédiaires.
"Les Marocains doivent éviter d'affluer vers les marchés pour se procurer les moutons et fournitures de Aïd Al Adha. Cela contribue à l'augmentation des prix", tonne Wadie Madih, président de la Fédération nationale des associations du consommateur (FNAC). Et de poursuivre : "Les fournitures doivent être acquises au moins un mois avant l'Aïd pour éviter les grands rassemblements lors de la période de pointe".
Dans une déclaration à SNRTnews, Madih a indiqué que "la motivation des consommateurs d'acheter leurs besoins pour l'Aïd au même moment incite les commerçants à profiter de cette situation et à augmenter les prix". Notre interlocuteur rappelle que l'offre est suffisante pour répondre à la demande, d'autant plus que 7 millions d'ovins et de caprins, annoncés par le ministère de l'Agriculture, suffisent, et qu'ainsi, "on devrait éviter le mouvement de foule vers les marchés, pour que les commerçants n'en profitent pas en augmentant les prix".
Cette hausse des prix s'explique, selon le président de la FNAC, par plusieurs facteurs, notamment la spéculation, la forte demande, ainsi que la circulation des rumeurs concernant une éventuelle rupture de stock avant le Jour J.
Pour sa part, le psychosociologue Mouhcine Benzakour a déclaré à SNRTnews que le principal motif de la forte affluence des consommateurs sur les marchés, pendant la même période, "est le fait de céder aux rumeurs et d'avoir peur de la rupture de stock". Il a aussi indiqué que l'humain "est enclin, par nature, à obéir à ses propres désirs, qui ne sont assouvis qu'au détriment de l'autre, ce qui ouvre la voie à la création d'une concurrence non déclarée".
Le psychosociologue explique que la forte demande sur un produit particulier à la suite de la circulation des rumeurs est "une réaction à la peur, loin de la raison". Il s'agit d'un résultat de "l'absence de l'esprit critique qui rendrait l'individu conscient que toute hausse de la demande est accompagnée d'une hausse des prix".
S'agissant de la spéculation, Mouhcine Benzakour a indiqué que cette question dépasse les individus. "C'est l'État qui doit intervenir pour surveiller et contrôler les prix", a-t-il conclut.
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